Usain Bolt victorieux du 100m en 2008
Usain Bolt, insolent de facilité lors de son premier sacre olympique sur 100m, à Pékin en 2008 | AFP - DPA - KARL-JOSEF HILDENBRAND

Usain Bolt à Pékin, retour sur l’avènement d’une star aux JO-2008

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En 2008, les des Jeux Olympiques de Pékin, Usain Bolt éclatait à la face du monde. Son mètre quatre-vingt-quinze, sa décontraction, son sourire et surtout ses performances avaient illuminé la nuit pékinoise et le nid d’oiseau. Retour sur trois victoires, trois médailles d’or et trois records du monde, pour un homme qui va participer aux demi-finales du 100m des Mondiaux (aujourd'hui à partir de 13h10 en France).

Il avait 21 ans. C’était ses premiers Jeux Olympiques. Un an avant, Usain Bolt était devenu vice-champion du monde du 200m et du 4x100m à Osaka. Mais en ce 16 août, à cinq jours de son anniversaire, il domine la finale du 100m en battant son propre record du monde en 9.69. Il devient alors le premier Jamaïquain champion olympique, avant d’enchaîner après avec le 200m et le 4x100m.

"Tout est trop grand chez lui"​

"J’étais au village olympique, car j’avais ma finale aussi le lendemain", se souvient Leslie Djhone, champion du monde du relais 4x400m en 2003 et 5e de la finale du 400m à Pékin. "Quand je le vois battre le record du monde du 100m en levant les bras très tôt, j’étais scotché. C’est un phénomène." Stéphane Diagana était mieux placé, puisqu’il se trouvait au poste de commentateur. "Son chrono, il part de son début de course. Malgré sa grande taille, il est au contact avec les meilleurs aux 20m. Ensuite, c’est logique, la course est presque finie étant donnée ses grands segments qui lui donnent l’avantage ensuite. Il n’y a presque pas de surprise. Le voir sortir aussi fort des starts est bluffant." A des milliers de kilomètres de là, Pierre-Ambroise Bosse est âgé de 16 ans, et est encore loin de son record de France du 800m établi l’an dernier. "J’étais avec mon meilleur ami à Bordeaux. Bolt venait de faire 9.72 à New York. On s’attendait à quelque chose comme ça. Mais 9.69, c’est arrivé de nulle part. J’étais sans voix. Je m’en souviens très bien."

Quatre jours après, le 20 août, il remporte encore le 200m avec un temps de 19.30, soit deux centièmes de moins que Michael Johnson, détenteur de ce record du monde depuis les JO d’Atlanta en 1996. "Quand j’ai vu Michael Johnson battre le record du monde du 200m aux JO d’Atlanta en 19.32, je n’imaginais pas qu’il puisse être battu un jour", se souvient Stéphane Diagana, qui allait être champion du monde du 400m haies un an après. "Le record du 200 était prévisible vu ce qu’il avait fait sur 100m", souligne Pierre-Ambroise Bosse. "Même si le record de Michael Johnson paraissait inatteignable, quand on voit l’Américain et qu’on voit Usain Bolt à côté, ce sont deux sensations très différentes. Peu importe le palmarès, j’en ai vu des athlètes très musclés, très puissants, mais avec Bolt, tout est trop grand chez lui. Ses biceps, tout est trop grand. C’est un extra-terrestre. Il est très impressionnant." 

"Le meilleur athlète de tous les temps"

Pour Leslie Djhone, "c’est le meilleur athlète de tous les temps. Ce qui m’impressionne le plus, c’est le personnage. Cela va au-delà des records. Les gens ne voient pas ce qu’il fait tous les jours. On lui en demande beaucoup. Il a énormément de presse à faire, de sollicitations de ses sponsors, et il arrive tout de même à être extrêmement performant. Faire la moitié de ce qu’il fait avant une course, je n’aurais jamais eu l’énergie pour courir. Lorsque la caméra passe, il fait ce qu’il veut mais après, il se reconcentre très vite. Sa capacité de concentration est phénomènale."

Très discret cette saison, Usain Bolt aura encore tous les regards braqués sur lui à Pékin. Et Stéphane Diagana lui prédit un successeur : "Pour moi, s’il y a un Usain Bolt, il y a forcément quelqu’un qui lui ressemble. Il y a une telle diversité dans le monde, et si peu de gens qui courent le 100m. Si on appliquait une détection totale, peut-être que le record du monde serait à 9.30. » Pour le moment, c’est bien "la Foudre" qui représente la référence planétaire du sprint. Et le Jamaïquain est bien décidé à le demeurer :  "Pékin, c'était là où tout a commencé pour moi. J'ai un grand souvenir du  stade et de la ville. C'est super d'y revenir", a-t-il lancé en conférence de presse deux jours avant les séries du 100m.

Vidéo: La série du 100 m d'Usain Bolt