L'attente au guichet du métro pékinois
Une longue file d'attente au guichet du métro, à la station du Nid d'oiseau | DR

Pékin-2015: Dans les tourments d'une mise en route

Publié le , modifié le

Les championnats du monde de Pékin ont débuté ce matin. C'est donc depuis aujourd'hui que les organisateurs doivent faire face au gros du travail. Comme toujours, tout n'est pas parfait. Et pour chacun, il faut s'adapter à la culture et à la logique du pays. Plongée dans une journée galère en forme de parcours du combattant.

La question est sur toutes les lèvres: "Combien d'heures de sommeil ?" Pour tout nouvel (ou récent) arrivant, c'est le premier problème à affronter en arrivant en Chine. Six heures de plus qu'à Paris, cela ne se rattrape pas d'un coup de baguette magique. Les athlètes français sont arrivés entre 6 et 8 jours avant leur entrée dans la compétition, et ce n'est pas un hasard: "C'est le délai qu'il faut pour se synchroniser", explique Jean-Michel Serra, le médecin de l'équipe de France d'athlétisme, qui a été aussi accompagnée par un spécialiste du sommeil pour faire face aux "mauvais dormeurs". C'est dire la tâche qui attend le "pékin lambda".

L'autre défi à relever, c'est la chaleur. A 7h30 ce matin, pour le départ du marathon, le soleil était déjà brûlant. Et dans cette ville aux voies de circulations extrêmement larges, chaque rayon semble profiter pleinement du moindre centimètre de bitume pour réchauffer encore plus l'atmosphère. Ce matin, ce soleil a été maudit encore plus que d'habitude.

La journée de la "lose"

En raison du parcours du marathon, la station de métro (mais les distances entre chaque station ressemble plutôt à celles du RER parisien) la plus proche du Nid d'oiseau était fermée. Et tous les accès, empruntés ces derniers jours, étaient clos. Et au lieu d'attendre religieusement une navette à l'hôtel, l'option taxi pouvait être la bonne pour gagner du temps. Elle s'est révélée infructueuse. Barrières en nombre, accès interdits, routes impossibles à franchir, et malgré un nombre impressionnant de militaires, de policiers, de bénévoles, la bonne direction à prendre ne coulait pas de source. Résultat, il a bien fallu une heure pour rejoindre un stade qui était à portée de mains. Pour arriver après ceux qui avaient patiemment attendu la navette...

A l'heure du déjeuner, dans une enceinte sportive dénuée de lieux de restauration (seulement un stand avec des chips et des boissons), le cap était mis sur l'extérieur. Mais en voulant profiter de l'ombre du Nid d'oiseau, on ne s'imaginait pas se heurter à un mur. Chacune des entrées/sorties du stade était gardée en nombre par des policiers, des volontaires, des personnes chargées d'inspecter chaque entrant avec un détecteur de métaux. Mais personne n'a la clé pour sortir. Et visiblement, personne n'est pressé de la trouver. Ici, contrairement aux pays latins, pas de négociation possible: la règle est la règle. Même un Autrichien en a perdu son flègme et s'est énervé face à un membre de l'organisation, l'un des rares à comprendre et parler l'anglais. Pour son plus grand malheur en la circonstance.

Beaucoup de monde pour garder des grilles fermées autour du Nid d'oiseau
Beaucoup de monde pour garder des grilles fermées autour du Nid d'oiseau

Des mesures de sécurité paradoxales

Ce peu glorieux épisode de cette journée n'est que l'illustration d'une organisation qui laisse parfois pantois. Prenez le métro par exemple. Il est gratuit pour les accrédités. Mais au pays de la technologie, chez le "géant qui sommeille", pas de sésame automatique. Ici, pour entrer dans les rames, il faut montrer son précieux sésame au guichet. Et là, le membre des forces de l'ordre note sur un papier l'heure à laquelle il vous remet son ticket avant de vous le céder. Etonnante organisation... Et aux heures de pointe, la file d'attente se révèle parfois impressionnante. 

Autre incongruité: les mesures de sécurité. L'entrée dans la zone menant au stade nécessite le passage par les rayons X. Chaque sac y passe, et chaque individu franchit un portique de sécurité. Mais il n'est pas demandé de retirer les objets métalliques avant le traverser. Du coup, la sonnerie retentit immanquablement (pièces de monnaie, téléphones portables ne ratent jamais leur effet). Et là, le détecteur manuel entre en piste. Tout le monde l'a vécu au moins une fois dans les aéroports. Mais ici, les éléments métalliques restent dans les poches, provoquant la sonnerie du détecteur, sans pour autant qu'on vous demande de les montrer. Seule exigence: retirer les chaussures qui sont palpées.

Il est vrai qu'au coeur de l'Empire du milieu, l'omniprésence des forces de sécurité, et leur nombre incroyable, est dissuasive. Et malgré son statut de deuxième puissance économique mondiale, la Chine n'échappe pas à la "tradition" des grands événements. Les premiers jours sont toujours ceux des approximations. Pour tout le monde...