Mondiaux 2017 : Victor Coroller, le bonheur est en demie

Mondiaux 2017 : Victor Coroller, le bonheur est en demie

Publié le , modifié le

A seulement vingt ans, Victor Coroller représente l’avenir du 400m haies. Le jeune athlète participe à ses premiers championnats du monde élites, et est parvenu à se qualifier pour les demi-finales, remplissant ainsi son objectif. Rencontre avec un Breton qui a la tête sur les épaules.

Londres, hôtel de l’équipe de France. C’est ici, non loin du fameux Tower Bridge, que Victor Coroller attend son heure. Celle d’entrer sur la piste, pour ses premiers mondiaux élites. Il faut dire que le Breton a seulement vingt ans, mais déjà un beau bagage derrière lui. Le spécialiste du tour de piste avec haies est bien connu dans sa région, où il n’a fait qu’enchaîner les victoires et les records.

Mais c’est en 2013 qu’il s’est fait connaître du public, en remportant le 400m haies du Festival Olympique de la Jeunesse Européenne (FOJE), l’équivalent des Jeux Olympiques pour les 14-18 ans. Deux ans plus tard, après un Bac S en poche, il devient champion d’Europe juniors. La même année, il parvient à effacer le record de France de la catégorie, dans le temps canon de 50’’13. Il y a trois semaines, le Rennais a terminé au pied du podium du championnat d’Europe espoirs, record personnel et minimas (en demies, 49’’30) à la clef.

Quand on évoque avec lui cette progression, contrôlée par son entraîneur Marc Reuze, le jeune homme esquisse un léger sourire. Il a déjà la tête au lendemain, à cette fameuse heure de 11h32, où il pourra jaillir des starting-blocks. Ses parents doivent arriver sur place le soir-même, billets pour le stade olympique en poche. La date de retour ? Non définie. Il faut dire que Victor Coroller a le potentiel pour franchir au moins un tour, et se qualifier pour les demi-finales. C’était en tout cas son objectif. « Je ne suis pas là pour faire de la figuration, je veux faire une performance. Passer un tour c’est l’objectif, pour prendre de l’expérience en vue de futurs championnats. C’est une chance d’être là, il faut la saisir ».

Non loin de lui, le va-et-vient des athlètes continue de rythmer le hall de l’hôtel. Un brouhaha bien organisé, que redoutait un peu ce nouveau venu dans l’équipe A. « C’était un peu ce que je redoutais avant d’arriver ici. Mais on a été bien intégrés », acquiesce-t-il.

Stéphane Diagana pour modèle

Pour s’imprégner de l’ambiance toujours particulière de ces Mondiaux, Victor Coroller s’est rendu au stade, le premier soir. Au programme, le 100m avec Bolt, et le 10 000m de Mo Farah. Une ambiance dingue, loin de lui rappeler ses débuts sur les pistes bretonnes, lui qui est resté fidèle au club de Haute-Bretagne Athlétisme. « On a eu des frissons ! Ce sont des émotions qu’on a envie de vivre en tant que sportif. C’est un autre monde », sourit-il.

En athlétisme, son modèle, c’est Stéphane Diagana. Il avait à peine six mois quand celui-ci est devenu champion du monde. « C’est un exemple à suivre. Et puis, c’est quand même le record d’Europe. S’il faisait ces temps-là aujourd’hui, il gagnerait tout le temps », justifie le jeune Breton, qui reconnaît avoir demandé des conseils à son modèle. Quand on évoque avec lui le temps qu’il aimerait avoir, à la fin de sa carrière, il glisse d’un ton malicieux que le record d’Europe serait un bel avènement.

En séries dimanche matin, l'ex-recordman de France juniors s’est classé sixième. Mais son chrono de 50’’00 lui a assuré une qualification pour les demi-finales. Avec ses coéquipiers Mamadou Kassé Hann et Ludvy Vaillant, les Bleus ont fait 3/3 en séries. L’objectif est rempli, maintenant, tout peut arriver. Le soir des séries, il a reçu de précieux conseils de Stéphane Diagana, qui a pris le temps de débriefer la course avec le jeune athlète. Pour espérer être dans les huit premiers, "Totor" comme il se nomme sur Twitter, sait qu'il devra courir sur les bases de son record personnel. Histoire de prendre de l’expérience, petit à petit, et du galon qu’il lui faudra pour marcher sur les traces de son modèle.

Mathilde L'Azou @MathildeLAzou