Renaud Lavillenie Londres 2017
Renaud Lavillenie. | RAINER JENSEN / DPA

Mondiaux 2017 : Renaud Lavillenie, à la conquête de l'or

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Renaud Lavillenie a tout gagné… ou presque. Champion olympique, champion d’Europe, recordman du monde… Il ne lui manque que l’or sur des championnats du monde. Un an après sa terrible déconvenue à Rio (deuxième derrière Thiago Braz), le Français est plus déterminé que jamais à reprendre sa place sur le trône, dans un stade où il a déjà connu le Graal.

Il y a cinq ans, presque jour pour jour, Renaud Lavillenie réalisait le rêve de tout sportif, en devenant champion olympique. Le Graal, obtenu grâce à un saut à 5m97 au deuxième essai, record olympique à la clef. Le Clermontois succédait ainsi à Pierre Quinon (Los Angeles 84) et Jean Galfione (1996) dans la catégorie des Français champions olympiques de saut à la perche.

C’est dans ce même stade olympique, qu’il se présente aujourd’hui, avec la ferme intention de réitérer sa performance. Mais bien des choses ont changé en cinq années. D’abord dans le bon sens du terme, avec ces nouveaux titres (européens et mondial indoor). Et puis surtout ce record du monde, battu le 15 février 2014, avec un saut réussi à 6m16 au premier essai, sous les yeux de Sergueï Bubka. Ce saut parfait, qui l’a définitivement fait rentrer dans l’histoire du sport.

Les larmes de Rio

Mais il y a aussi eu ces moments de doute, ces déconvenues. Aux championnats du monde 2013 puis 2015, il ne parvient toujours pas à décrocher cette médaille d’or qu’il convoite tant. Renaud Lavillenie remporte l’argent à Moscou, et le bronze à Pékin, portant ainsi à quatre son nombre de médailles en championnat du monde en plein air. Et puis il y a eu Rio, cette finale au dénouement incroyable. En franchissant cette barre à 5m98, le Clermontois pensait avoir fait le plus dur. C’était sans compter sur Thiago Braz, le Brésilien qui dans un jour de grâce, a amélioré son record de plus de dix centimètres, le portant à 6m03, à son deuxième essai. Pour le battre, le recordman du monde est obligé de franchir 6m08. Il échoue, sous les sifflets du public. La polémique enfle, quand le champion français compare maladroitement sa situation à celle de Jesse Owens, en 1936. C’est en larmes qu’il récupérera sa médaille d’argent, le lendemain.


Cette saison post-olympique a été compliquée pour Renaud Lavillenie. Le recordman du monde n’a pas réussi à aller plus haut que 5m87, alors que son adversaire direct pour le titre, Sam Kendricks, a franchi la barre des six mètres. Il a fallu digérer Rio, mais aussi soigner cette blessure à la cuisse, qui l’a éloigné quatre mois des sautoirs cet hiver.

Qu’importent les pépins physiques, la déception (voire le traumatisme?) de Rio. Un champion, même blessé et heurté dans sa fierté, reste un champion. Jeune papa depuis le mois de juillet, Renaud Lavillenie a suffisamment de repères pour s’en sortir sur un concours. En qualifications, il s’est aisément qualifié, en deux sauts à 5m60 et 5m70, sur ce sautoir qui l’a vu monter si haut. Et si le moment était venu, d’y remonter ?

Mathilde L'Azou @MathildeLAzou