Kévin Mayer
Kévin Mayer | JOEL SAGET / AFP

Mondiaux 2017 : le surdoué Kévin Mayer

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Ashton Eaton à la retraite, Kévin Mayer est le favori logique pour le titre mondial du décathlon. A seulement 25 ans, le jeune athlète a toujours été en avance sur son temps. Portrait d’un surdoué, qui a ravi le cœur des Français l’été dernier.

Deuxième sur le podium, premier à l’applaudimètre. Aux Jeux de Rio, l’été dernier, c’est peu de dire que Kévin Mayer a crevé l’écran. Déjà par sa performance : vice-champion olympique, avec 8834 points. Record de France pulvérisé (il datait de 1990), et surtout le sixième meilleur performeur mondial de tous les temps... à 24 ans, quand le décathlon est une épreuve de maturité. Question popularité, le Français a là-aussi marqué les esprits des gens, avec son franc-parler, son enthousiasme et son physique d’Apollon.


Kévin Mayer a toujours été en avance sur son temps. Le jeune homme a été sacré champion du monde cadets de l’octathlon, puis chez les juniors en décathlon… A seulement 20 ans, il a terminé 15e des JO de Londres. Une performance satisfaisante pour sa première expérience au plus haut-niveau dans la catégorie élites. Il faut attendre 2014 et ses 22 ans, pour qu’il glane sa première médaille chez les seniors : l’argent, aux championnats d’Europe. Le jeune homme a toujours été en avance sur son temps, mais a dû faire des sacrifices pour arriver au sommet.

Il voulait être ingénieur, il sera vice-champion olympique

Il a bien tenté de concilier études et sport de haut-niveau, sans succès. Ce n’est pas faute d’avoir essayé, avec une année en DUT génie bio, et une autre année en DUT mesures physiques. Mais difficile d’étudier, tout en évoluant dans une discipline aussi prenante que le décathlon. Le Montpelliérain a alors décidé de se concentrer sur son sport, comme il l’a avoué à l’AFP : « depuis que je me suis qualifié pour les Jeux de Londres, ma vie a un peu changé. Il faut faire des choix, on n’a plus la concentration nécessaire pour faire des études ». Il voulait être ingénieur physique, il sera finalement vice-champion olympique.

Pour se changer les idées, et penser à autre chose que l’athlétisme au quotidien, Kévin Mayer joue du piano. Celui que l’on surnomme « l’Apollon des pistes » peut compter sur le soutien sans faille de sa famille, très sportive (sa maman, Carole, a joué en double à Roland-Garros, quand l’un de ses frères faisait du free-ride). Bien entouré, celui qui a été sacré athlète français de l’année en 2016 vit bien cette saison post-olympique.  

Une année 2017 sans Ashton Eaton, le recordman du monde, double champion du monde et double champion olympique de la discipline, qui a pris sa retraite fin 2016. Les clefs du royaume sont donc vacantes, et Kévin Mayer pourrait avoir les épaules suffisamment larges pour les obtenir. A 25 ans, il peut le faire. En mars dernier, il est devenu champion d'Europe de l'heptathlon, record continental et deuxième performance de tous les temps (6 479 points) en poche. Le Mayer est à venir...