Augusto de Oliveira
Le perchiste brésilien Augusto de Oliveira, 9e de la finale à Pékin | AFP - FRANCK FIFE

Le Brésil sans relief à Pékin un an avant les Jeux Olympiques de Rio

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A un an des Jeux Olympiques de Rio de Janeiro, ces championnats du monde pouvaient être un bon test pour l'athlétisme brésilien. Si l'objectif était de ramener une médaille, ce qui est fait avec Fabiana Murer en argent à la perche quatre ans après son sacre mondial, le constat des journalistes brésiliens est plus sombre.

"C'est très mauvais par rapport à que le Brésil mérite d'avoir comme résultats." Guilherme Tesini Roseguini, journaliste à TV Globo, est sans pitié face aux résultats de ses compatriotes à Pékin. Une seule médaille au compteur à trois jours de la fin des championnats, c'est peu. Mais ça n'est pas bien différent des précédentes éditions. Au total, le Brésil a récolté, depuis 1983, 11 médailles en 15 éditions dans ces championnats du monde (avec celle de Fabiana Murer à Pékin). En 2013, c'était un zéro pointé, comme en 2009, 2005 et 1993. L'année phare, c'était en 1999, avec trois médailles (deux en argent sur 200 et 400m et une en bronze avec le 4x100m). Aux JO, ce n'est guère mieux.

C'est d'ailleurs en s'appuyant sur les résultats de tous les Mondiaux et des Jeux Olympiques depuis 1984 que la Fédération d'athlétisme brésilienne avait établi l'objectif: une médaille. "Tout le monde savait que la chance de médaille, c'était Murer", assure Miguel Caballero, journaliste sur le quotidien O Globo. "Mais c'est un objectif très bas. Et le problème, c'est que les athlètes n'ont pas amélioré leurs résultats lors de ces championnats. C'est pour ça que c'est décevant." Et l'autre problème, c'est que les Jeux Olympiques de Rio de Janeiro arrivent à grands pas. Bien évidemment, les résultats de l'athlétisme seront noyés parmi tous les autres sports. Mais ce manque d'ambitions et de résultats inquiète.

Les JO, et après ?

"A la Fédération, ils savent que les résultats ne vont pas s'améliorer", note Guilherme Tesini Roseguini. "Ce serait un travail de longue haleine pour y parvenir, mais on paye vingt années de manque d'investissements. Au Brésil, il y a très peu de pistes d'athlétisme, il n'y a pas de programme d'éducation physique à l'école. Pour en faire, il faut donc s'inscrire dans un club." Dans ce pays grand comme un continent et fort de plus de 200 millions d'habitants, le nombre de pratiquants licenciés tourne aux environs des 20 000. "C'est très peu", souligne le journaliste de TV Globo. "La base est toute petite, et ne repose que sur un talent individuel qui arriverait comme ça."

Un an après le désastre du Mondial de football à domicile, avec cette humiliation (7-1) contre l'Allemagne en demi-finale, le Brésil s'apprête-t-il à vivre un nouveau traumatisme à domicile ? "Il va y avoir une réunion de toutes les disciplines pour discuter du facteur psychologique à évoluer à domicile, afin de partager les expériences", glisse le journaliste de O Globo. "Mais il y avait une pression beaucoup plus forte l'an dernier sur les footballeurs." Un avis partagé par son confrère Guilherme Tesini Roseguini: "Au foot, on espérait gagner. Ce n'est pas le cas en athlétisme." Mais ces Jeux Olympiques sont, selon lui, "une opportunité de créer une vraie culture sportive dans ce pays", trop centrée sur le foot, et à un degré moindre sur le volley. "Si on ne profite pas de cet événement pour transformer cette opportunité, on aura jeté de l'argent par la fenêtre." Or, le Brésil, en crise, a énormément investi, lors du Mondial de foot et pour ces JO. Une chose est sûre: "La fête sera belle, car le Brésil sait recevoir. Mais après ? Va-t-on développer d'autres sports ? Comment profiter de ces installations ?"