Renaud Lavillenie, aux Mondiaux de Pékin 2015.
Renaud Lavillenie, aux Mondiaux de Pékin 2015. | AFP

La France, un bilan décevant à Pékin

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Avec seulement deux médailles de bronze à son compteur, l'équipe de France repart des championnats de Pékin déçue. Loin de son record de 8 médailles, elle se savait affaiblie en raison des forfaits de cinq médaillables (voire de champions du monde en herbe): Mekhissi, Diniz, Tamgho, Lesueur, Mayer. Cinq chances en moins pour un maximum de huit médailles, mathématiquement, ce résultat de deux n'est pas infamant. Reste que les échecs de Lavillenie (en bronze à la perche) ou du 4x100m masculin (5e) n'ont pas amélioré le bilan. En revanche, il y a quelques belles promesses.

"C'est une année de transition." Bernard Amsalem, président de la Fédération française d'athlétisme, a ainsi éclairé le bilan tricolore à l'issue de ces Mondiaux. "On a pris certaines précautions avec des athlètes blessés. On a fait l'impasse sur 2015 pour mieux préparer les Jeux Olympiques de Rio l'an prochain. Je préfère briller aux Jeux qu'aux Mondiaux." Même son de cloche du côté de Ghani Yalouz: "Les JO, c'est un objectif que l'athlétisme français se doit de réussir. Il manquait douze athlètes, médaillables. L'équipe de France a montré qu'elle était pleine de ressources, pleine de promesses. On a pratiquement le même ratio de finalistes en étant 45 qu'avec 60 engagés", souligne-t-il. "80% des athlètes ont passé les qualifications", renchérit son président. Et tous deux l'annoncent: c'est l'heure de la remobilisation.

Une claque salvatrice pour les JO ?​

Entraîneur de l'équipe de France, Renaud Longuèvre est plus sur cette longueur d'onde. Il parle de "sentiments mitigés", où la colère prend sa place: "Car quand on est un compétiteur, on n'aime pas prendre de claques. Et là, c'est une claque qu'on s'est prise. Il faut repartir. On s'est vu trop beaux après l'Europe, et je me mets dans le lot." Mais comme Amsalem et Yalouz, il estime que ce rappel à l'ordre peut être salutaire à un an de Rio de Janeiro."Je veux être positif pour les athlètes", scande Ghani Yalouz. "J'ai aimé l'engouement des jeunes. Je suis plutôt fier, mais il reste beaucoup de travail." Pour Bernard Amsalem, "c'était difficile de faire mieux. Mais pour les jeunes, c'est un acquis pour la suite.Seulement 13 nations ont deux médailles ou plus. Et avec 13 finalistes, on est à la 11e place."

Les déceptions

La plus grande est bien évidemment pour Renaud Lavillenie. Le recordman du monde en salle, champion olympique en titre, n'a toujours pas décroché l'or aux Mondiaux. Il récupère sa troisième médaille de bronze. Le bronze était également l'objectif du relais masculin 4x100m. Avec leur temps des séries, Biron, Lemaitre, Anouman et Vicaut avaient leur place, surtout que les USA ont été disqualifiés pour passage hors zone. Mais ils ont couru moins vite en finale, et ont fini à la 5e place.

Vidéo: La finale du 110m haies

Parmi les têtes d'affiche, Christophe Lemaitre était espéré sur 200m. Il n'a pas tenu le choc, éliminé en demi-finales (5e en 20"34) comme sur 100m. Sa blessure au fessier en pleine préparation était de trop. Sur 110m haies, avec trois engagés et trois finalistes, les espoirs étaient grands. Mais Pascal Martinot-Lagarde, Dimitri Bascou et Garfield Darien (diminué pour la finale) sont restés au pied du podium (respectivement 4e, 5e, 8e). Vice-championne du monde en titre et vice-championne d'Europe du disque, Mélina Robert-Michon n'a pas été à la hauteur. Gênée par son dos, elle a fini 10e de la finale.

Vidéo: La déception de Robert-Michon

Les promesses

Vidéo: La deuxième tentative de Ménaldo à 5.90m

Une nouvelle génération a fait, pour la plupart, ses premières armes à ce niveau. En s'ouvrant les portes de leur finale respective et surtout en s'y montrant à leur avantage même sans gain de médaille à la clé, Rénelle Lamote (21 ans, 800m), Pierre-Ambroisse Bosse (23 ans, 800m), Jimmy Vicaut (23 ans, 100m), Kevin Menaldo (23 ans, perche) ont pris date. Demi-finaliste du 400m haies, Aurélie Chaboudez (22 ans) peut également être classé dans cette catégorie.

Vidéo: L'interview de Bosse après sa finale

Avec l'exemple d'Alexandra Tavernier, en bronze à 21 ans alors qu'elle avait été championne du monde juniors en 2012 et espoirs en 2015 au marteau, ils ont tous vu qu'un podium était à leur portée. 

Vidéo: L'interview d'Alexandra Tavernier