joie sébastien Rouault Budapest 08 2010
La joie de Sébastien Rouault | AFP - ATTILA KISBENEDEK

Rouault: "Des hauts et des bas"

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Sébastien Rouault a apporté à la France la première médaille d'or de son histoire sur 1500 m libre, lors de l'Euro-2010, mercredi à Budapest. Une belle récompense pour le nageur de 24 ans qui a connu "pas mal de hauts et de bas" depuis quatre ans, songeant même à tout arrêter, notamment après son échec aux jeux Olympiques de Pékin en 2008.

Comment s'est passée cette course ?
"J'ai pas mal subi dans la course. Les 500 derniers mètres, j'ai énormément mal au ventre. Les derniers 50 m, je n'en parle même pas. J'ai les bras tétanisés, les jambes complètement clouées. A un moment je suis vissé pendant la course, je me suis dit: calme toi. Un podium c'était déjà pas mal. L'objectif était de ne pas aller le chercher à tout prix. J'ai essayé de rester patient. Sur le 1500, il y a l'aspect tactique. On peut tout rater sur le premier 100 m et rien n'est fait jusqu'à la fin comme on l'a vu aujourd'hui. Surtout, il faut se donner. C'est une bataille contre les autres mais aussi contre soi-même. Dans les jours où ça va, on arrive à démultiplier ce qu'on a en soi et les jours où ça va moins bien, c'est long."

Vous étiez très ému sur le podium. Que s'est-il passé dans votre tête ?
"Depuis quatre ans, il y a eu pas mal de hauts et de bas. Ca fait vraiment plaisir. J'avais mes parents qui étaient là, je savais que mon frère regardait, j'avais la famille derrière. Ce sont plein de choses qui se passent dans la tête, tous les gens avec qui j'ai nagé, mes entraîneurs, mon club (formateur) de Saint-Germain et celui de Mulhouse. J'ai vraiment deux clubs. Tout ça a joué un rôle très important pour moi. C'est beaucoup de travail et en plus lundi ça a été dur (5e du 400 m libre). Ca ne s'est pas passé comme je le souhaitais. J'avais un peu la tête... Ce n'était pas évident et j'ai réussi à me reprendre et à faire un belle course ce soir."

Comment expliquez-vous que ce titre arrive enfin ?
"Les bas ont servi à ce qu'aujourd'hui ça se passe bien. L'échec de Pékin (JO-2008), notamment. Et le travail accompli avec Lionel (Horter, son entraîneur) dans l'eau, et ailleurs pour reprendre confiance. Après les Jeux, je me suis posé la question de savoir si ça valait le coup de continuer parce qu'il y avait les +combis+. Je savais très bien que ce n'était pas à mon avantage par rapport à mon gabarit. Si une autre décision avait été prise (combinaisons interdites depuis le 1er janvier 2010), j'aurais peut-être arrêté. Je n'avais pas envie de partir sur un échec avec le sentiment de ne pas avoir accompli le maximum."

AFP

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