Ne pas rater le relais

Publié le , modifié le

Lundi matin, les Français s'alignent en séries du relais 4x100 m nage libre avant la grande finale dans la soirée. Vice-champion olympique, troisième aux derniers championnats du monde et fort d'une densité de nageurs de haut niveau, le relais tricolore ne vise que l'or. Le directeur de l'équipe de France Lionel Horter a déployé une stratégie dans le plus grand secret pour réussir.

Face aux rivaux attendus que sont l'Allemagne et la Russie, difficile de savoir qui va lancer les hostilités. Et pour cause. La composition du premier relais français n'a été révélé qu'au dernier moment. Avec sept nageurs compétitifs - Alain Bernard, Frédérick Bousquet, Fabien Gilot, Yannick Agnel, Amaury Leveaux, Boris Steimetz, William Meynard-, il faut dire que les combinaisons sont multiples et donc difficilement lisibles. "On n'a pas décidé de tenir ça (la composition) secret, on a juste envie de garder ça entre nous. C'est complexe, il y a 7 nageurs pour 4 places. Et on n'a pas envie de dire à nos adversaires qui va nager la finale", tente de justifier Horter, qui souligne: "On se sent très forts !" Et voilà une semaine que la composition a été décidée et que rien n'a filtré. "C'est presque un défi collectif. Je suis agréablement surpris que ça tienne. Derrière, c'est le raisonnement pour constituer une équipe. Ça n'a pas été dévoilé et ça veut dire que ça plaît aux nageurs", dit-il.

Les observateurs en sont donc réduits à un jeu des devinettes. Gilot au départ ? Agnel et Bernard préservés pour la finale ? Et dans quel ordre ? "Tout le monde sera médaillé et comme on va gagner, ils seront champions d'Europe", assure Horter. Ce sera finalement Leveaux puis Steimetz, Meynard et Gilot qui lanceront les hostilités à 11h51. Bernard, Agnel et Bousquet auront la possibilité  d'intégrer le relais en finale (18h33). Les Français ont certes une marge par rapport à la concurrence mais ont du mal à confirmer le jour J. Champions du relais, un discours tenu lors des JO 2008 et des Mondiaux 2009. Résultat ? Battus par les Américains aux JO d'une touche et une claque avec le bronze à Rome alors que la France comptait dans ses rangs les deux meilleurs sprinteurs du monde en termes de chronos. "Avec les erreurs faites l'an passé, on a appris. On va être moins fanfarons à Budapest. A Rome, si on ne gagne pas le relais, c'est en partie à cause de nous, à cause de moi parce que je fais une très mauvaise course", avoue pour la première fois Bousquet.

"On n'a pas abordé les séries en équipe à Rome. On était quatre "individuels" qui essayaient de rentrer en finale. Avec le recul, les nageurs l'ont tous dit", argumente-t-il. Ces derniers jours, les Bleus se sont retrouvés plusieurs fois, entre nageurs, entre entraîneurs et enfin en commun pour mettre une stratégie en place. "C'était assez direct et honnête. Le seul objectif c'est de performer le soir. Le fait de se parler sincèrement, ça a un poids très important. On a droit à notre jardin secret, c'est notre secret de réussite. Ne pas tout dévoiler, ça fait partie de notre stratégie pour être le plus performant possible", souligne Bernard. "On a discuté dans la seule optique d'être champion d'Europe, champion du monde et champion olympique. Le but final c'est d'être champion olympique, souligne l'entraîneur de Bernard, Denis Auguin. Là c'est le début, le premier étage de la fusée."

Mathieu Baratas

Championnats d'Europe de Natation