Camille Muffat
Camille Muffat, l'une des leaders de l'équipe de France | AFP - DPPI MEDIA - STEPHANE KEMPINAIRE

Les raisons de la coulée Bleue à l'Euro

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L'équipe de France est repartie des championnats d'Europe en petit bassin de Herning avec six médailles, dont deux d'or (Stravius). A une autre époque, ce bilan aurait été bon. Mais un an après les 29 médailles à Chartres dans la même compétition, et après avoir été la meilleure nation européenne et la 3e mondiale aux JO-2012 (7 médailles dont 4 d'or) et aux Mondiaux-2013 en grand bassin (9 médailles dont 4 d'or), cette chute mérite des explications.

Le petit bassin, une échéance inférieure

Les épreuves en petit bassin ne représentent que rarement un événement important dans la saison des nageurs. Moins prestigieuses, elles sont beaucoup moins prisées. En clair, un titre en petit bassin a moins de valeur qu'en grand bassin. La preuve, Michael Phelps, nageur le plus titré de l'Histoire (18 sacres olympiques, 26 titres mondiaux), n'a participé qu'à une seule édition des Mondiaux en petit bassin, chez lui, à Indianapolis, en 2004.

Chartres-2012, un trompe-l'oeil

Voici un an, l'équipe de France avait amassé un total de 29 médailles, dont 12 en or, lors des championnats d'Europe en petit bassin à Chartres. Outre l'appui du public, cette exceptionnelle moisson s'explique aussi par l'investissement de la Fédération, qui avait tout fait pour aligner les meilleurs nageurs. Pénalisée par l'absence de grand bassin permettant l'organisation d'épreuves internationales en grand bassin, la FFN savait que c'était une opportunité médiatique et populaire unique de surfer sur les bons résultats des JO-2012, et de maintenir le cap vers les Mondiaux-2013. La France comptait donc ses champions olympiques Agnel, Muffat, Laure Manaudou, et tous les médaillés de Londres, hormis Fabien Gilot, blessé. Lien de cause à effets, elle a franchi le cap des 300 000 licenciés en septembre, preuve de l'impact des résultats au plus haut niveau sur la masse.

Herning-2013, des absents e​t des retraits

Après deux années de présence au plus haut niveau depuis les JO de Londres, en passant par Chartres-2012 et Barcelone-2013, certains nageurs français ont pris du recul. Pour éviter la saturation, Camille Muffat a allégé son programme quotidien (un entraînement par jour au lieu de trois), et n'a donc pas brillé au Danemark. Elle n'est pas la seule à avoir relâché son effort. Lancé dans une première saison complète avec Bob Bowman aux Etats-Unis, Yannick Agnel a fait l'impasse. Attendu comme le leader de l'équipe avec Jérémy Stravius, Florent Manaudou, auteur des meilleures performances de la saison sur 100m nage libre, sur 100m 4 nages et de la 2e sur 50m nage libre, a été contraint de déclarer forfait à la veille des Championnats. Avec lui, le bilan aurait été tout autre. Avec Muffat, Agnel et Manaudou en forme, la France n'aurait pas pointé au 6e rang des médailles à Herning.

Vidéo: Muffat et Balmy après la finale du 400m nage libre

Des jeunes décevants

Comme souvent, le staff de l'équipe de France avait envoyé quelques jeunes découvrir le haut niveau international. Avec moins de cadres performants, leur difficile initiation a été plus visible. "Certains jeunes pourraient être plus agressifs dans la compétition,  certains expérimentés pourraient donner de meilleures choses", a admis Romain Barnier, le chef de l'équipe de France. "On a appris énormément de choses en partant avec  des jeunes et ce sera très utile pour Berlin". Seul novice à franchir les séries: Clément Mignon, sur 100NL. L'été prochain, l'Euro en grand bassin sera la véritable échéance de la saison pour les Bleus. Et les plus jeunes auront déjà évolué, à l'image de Charlotte Bonnet, médaillée d'argent du 200m nage libre derrière Pellegrini, après avoir découvert le niveau international à Londres (bronze en relais 4x200), Chartres (argent sur 200m NL), puis à Barcelone (bronze en relais 4x200NL et 8e de la finale du 200m NL).

Vidéo: La seule médaille féminin, avec Charlotte Bonnet

Les Russes et les autres en chasse

Au sommet de l'Europe depuis plus d'un an, la natation française est la cible des autres nations. Et elles progressent. Première au classement des médailles, la Russie peut compter sur un Vladimir Morozov (titré sur 50 et 100NL, 100m 4 nages et sur les quatre relais), présenté comme le successeur d'Alexander Popov, ainsi que sur d'autres talents (Efimova, Izotov, Lobintsev). La Hongrie, avec notamment Katinka Hosszu ou l'Espagne avec la brillante Mireia Belmonte, ont également de belles pépites, qui leur ont permis d'être sur le podium de ce classement. A Berlin, cet été, la France fera partie des favorites. Mais elle ne sera pas la seule.

Championnats d'Europe de Natation