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Frédérick Bousquet | AFP - Olivier Morin

Bousquet : "Je ressens du bonheur"

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"Mieux vaut tard que jamais !": A 29 ans, Frédérick Bousquet s'est enfin offert la première médaille d'or de sa carrière, sur sa distance de coeur, le 50 m libre. Le Marseillais, qui avait déjà glané l'argent sur 50 m papillon, a conclu la compétition sur une autre médaille d'or, avec le relais 4x100 m 4 nages, et a pris "une petite revanche" sur les "sceptiques" qui doutaient de ses performances dans l'ère post-combinaisons.

Vous terminez par une médaille d'or... Heureux ?
"Il fallait terminer là-dessus. On aurait pu faire la semaine qu'on a fait et terminer par une médaille d'argent dans le relais 4x100 4 nages, ça aurait été une déception. On savait qu'on n'avait pas le droit à l'erreur sur ce relais. On nous avait annoncé favori. On s'était annoncé également favori et on assuré jusqu'au bout."

On a l'impression que c'est une victoire de copains ?
"C'est effectivement une victoire de copains, une victoire d'équipe et une victoire sur l'orgueil également. Cet orgueil que l'on construit avec le relais 4x100 nage libre (médaillé d'argent) et qu'on n'arrive pas à exprimer à son potentiel maximum. On a réussi à le faire en relais 4 nages donc on sait qu'on peut être bons en relais. On sait qu'on a ce qu'il faut, qu'on a les ingrédients suffisants pour faire une belle équipe. Ca va nous aider pour la suite du relais 4x100 libre."

Que ressentez-vous après avoir gagné deux médailles d'or dans une même journée ?
"Je ressens du bonheur. J'étais venu pour gagner cette médaille d'or du 50 nage libre et essayer d'intégrer ce relais 4 nages avec le papillon. Avant de venir à Budapest, je ne m'attendais pas à ce que Camille (Lacourt) nage 52.11 au 100 dos. Dès qu'il a fait ça, on s'est dit qu'on avait toutes nos chances de gagner. C'est que du bonheur."

Et qu'est-ce que ça fait de décrocher sa première médaille d'or individuelle à 29 ans ?
"Ca fait: +mieux vaut tard que jamais+, déjà. Je suis vraiment heureux parce que je me suis prouvé à moi-même que je pouvais gagner, que je pouvais avoir des victoires comme celles-ci et ça me donne énormément de courage pour les années à venir. C'est une seconde jeunesse. Je découvre encore de nouvelles choses tous les jours dans ce sport et je me régale de plus en plus."

Qu'avez-vous ressenti sur le podium ?
"Il y a eu beaucoup d'émotions, beaucoup de personnes à qui j'ai pensé à ce moment-là. A l'arrivée du 50 j'en laisse sortir mais je ne veux pas non plus tout lâcher parce que je sais que le relais va arriver vite derrière. Une explosion de joie trop intense, trop vive, c'est une perte d'énergie pour la suite. Je me tourne déjà vers ma course d'après."

Aviez-vous à coeur de prouver que vous pouviez gagner sans les combinaisons ?
"Là aussi c'est une petite revanche, sur le côté sceptique de certaines personnes. Je n'ai rien à dire, les chronos parlent d'eux-mêmes."

Vous ne regrettez pas ces fameuses combinaisons en polyuréthane ?

"Si, je les regrette toujours ! Je m'amusais beaucoup plus en +combi+. Mais je trouve un moyen de tirer mon épingle du jeu et de m'amuser en +jammer+ (maillot de bain). Je m'en contenterai pour l'instant. La combinaison ne m'a pas aidé à améliorer ma nage mais à passer des caps mentalement. Ca m'a aidé psychologiquement à me débrider, à me sentir capable de nager très vite et de faire des temps comme ça."

AFP

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