Berlin : le relais mixte atténue les critiques

Berlin : le relais mixte atténue les critiques

Publié le , modifié le

Les épreuves du relais mixtes ont pris fin ce vendredi. Absente du relais 4x100 4 nages de mardi, la France a aligné une équipe sur le 4x100m nage libre pour aller chercher une médaille de bronze. Une belle conclusion pour le clan tricolore pour un concept qui aura divisé. Mais qui possède ses qualités.

Pas facile d’exister après un fabuleux doublé sur 50m. Pourtant vendredi soir, l’équipe de France a enregistré sa 10e médaille grâce au relais mixte sur 4x100m nage libre. Composé de Grégory Mallet, Clément Mignon, Coralie Balmy et Anna Santamans, il a terminé troisième deux secondes derrière les intouchables italiens et les Russes. Un bronze donc. Une moindre récompense puisqu’il n’y avait que quatre équipes, la dernière étant la Turquie avec Gizem Bozkurt, Baslakov Iskender, Doga Celik et Ezgi Yazici. Ces noms ne vous disent probablement rien et c’est normal, la Turquie n’étant pas réputée pour son réservoir de nageurs. Résultat, une quatrième place à 10 secondes des vainqueurs et huit des Français. Comme dit Roxana Maracineanu, consultante pour Francetv Sports, "il n’y avait que quatre concurrents, on n’avait pas beaucoup de chances de la louper celle-là". L’ancienne championne du monde en rigole, mais elle assure dans le même temps que l’épreuve a été "super positive" pour les Français. Plus que le résultat, c’est la manière qui a lui plu.

Faire nager les jeunes

En une semaine de compétition, les corps des stars sont mis à rude épreuve. Surtout après cette longue saison. Florent Manaudou et Fabien Gilot, pour ne citer qu’eux, ont à peine savouré leur médaille sur le 100m qu’ils replongeaient dès samedi matin pour le 50m nage libre. Autre exemple, la Hongroise Katinka Hosszu était engagée sur 10 épreuves à Berlin. Dans ce contexte, ce relais mixte, nouveauté dans une compétition internationale en grand bassin – l’épreuve avait été testée à l’Euro 2013 à Herning (Danemark), ndlr – était plutôt vue comme une surcharge par certains. "C’est bien pour les championnats d’Europe, mais pas trop pour les Mondiaux", assurait Manaudou. Dès dimanche dernier, le Marseillais savait qu’il n’y participerait pas, son programme individuel étant trop chargé. Les nouveaux visages de la natation française, Clément Mignon chez les garçons ou Anna Santamans chez les filles, ont remplacé les têtes d’affiche au pied levé. "Flo (Manaudou, ndlr) et Fabien (Gilot, ndlr) sortaient du 100m, ils n’auraient peut-être pas aussi bien performer. On a mis des nageurs frais qui n’avaient pas trop nagé. C’était la meilleure équipe possible", assurait Santamans.

Ils ont pu s’aguerrir, préparer les autres courses (Clément Mignon a qualifié pour la finale le 4x200m nage libre samedi matin avec Grégory Mallet, Anna Santamans s’est hissée en demi-finale du 50m nage libre, ndlr). De monter sur le podium aussi. "C’est un moment magique, la récompense du travail de toute l’année", déclarait le nageur de Marseille de 21 ans. "Clément Mignon qui explose son record personnel sur 100m (48’96, ndlr), c’est super bien pour le 4x200 de demain (samedi, ndlr), analyse Maracineanu. Coralie Balmy fait aussi un très bon temps. Elle a un rendez-vous importante dimanche (le 400m nage libre, ndlr) donc c’était bien pour eux de plonger avant leur course". La France avait ainsi choisi de la jouer "collectif" selon Mignon et ça a payé. "Les stars ont leur mot à dire, s’ils veulent le faire ils peuvent, assure Maracineanu, mais c’est aussi l’occasion de donner une deuxième chance aux autres qui ont peu nagé, de les tester. Cela sert à ça ce relais".

Expérience positive

Au-delà de la médaille, le concept a séduit les nageurs français qui y ont participé. "C’est bien ça change c’est nouveau, estimait Coralie Balmy. On apprend à vivre avec les garçons en chambre d’appel, c’est vraiment très différent". La chef de file de l’équipe de France féminine nageait pour la première fois de sa carrière avec des garçons. En compétition seulement, puisque nageurs et nageuses partagent les mêmes entraînements au quotidien. "C’est super sympa de mélanger les filles et les garçons dans un relais. Certes, les garçons débutent pour assurer le meilleur classement tôt dans la course car c’est mieux d’être devant, mais ça donne, en compétition, un véritable aperçu de ce sport, souligne Maracineanu. La natation est un sport mixte, vraiment, contrairement à d’autres. On s’entraîne vraiment ensemble, on est quasiment ‘à poil’. Il n’y a pas de problèmes en genre. Tu es nageur avant d’être nageuse ou nageur. On a une belle image de la mixité qui peut exister à l’entraînement". Et en plus ça rapporte des médailles…

Vidéo: la médaille de bronze en relais mixte 

Benoit Jourdain @BenJourd1