Jordan Coelho
Jordan Coelho, papillonneur tricolore, vit à 22 ans ses deuxièmes championnats d'Europe | DPPI - STEPHANE KEMPINAIRE

Berlin : Jordan Coelho, le papillon qui veut s’envoler

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Entre les jeunes qui découvrent le haut-niveau et les anciens aguerris et médaillés, Jordan Coelho est de la génération intermédiaire. Plus novice, mais pas forcément cadre à part-entière. A Berlin, il vit ses deuxièmes championnats d’Europe après Debrecen où il se partage entre ambitions et apprentissage, les yeux tournés vers Rio.

"Vous pouvez me tutoyer, mais moi j’aurai du mal à le faire". Au téléphone, Jordan Coelho prévient. Respectueux, il a "du mal à tutoyer quand il ne connaît pas". "Ça vient de mon éducation, explique-t-il. Cela ne me dérange pas qu’on me tutoie… Mais c’est vrai que je mets souvent les gens mal à l’aise". En équipe de France, il ne vouvoie plus personne car le natif d’Etampes a trouvé sa place. Car il n’est plus le petit nouveau qui débarquait à Debrecen (Hongrie) à 20 ans et s’offrait une première finale sur le 200m papillon (septième en 2’14’’41).

"Ça avait été une belle compétition, ma première dans le grand bain", se souvient-il. Un souvenir mitigé toutefois puisqu’il n’avait pas réussi à décrocher sa place pour les JO. "Ca avait été une déception, reconnaît-il, d’autant qu’en Hongrie, tous les meilleurs n’étaient pas là. A Londres, il y avait eu un plus, beau plateau". Sa place à la table des grands, il l’aura finalement un an plus tard à Barcelone pour les Mondiaux. "Ma revanche, lance-t-il, j’étais heureux de faire partie de l’équipe, j’avais atteint mon objectif". Le résultat, une élimination en demi-finale (15e temps des Mondiaux sur 200m papillon), était presque secondaire. Un an plus tard, ici à Berlin, il veut se servir de l’expérience emmagasinée pour aller plus haut.

Combler le vide

Après une saison très longue pour les organismes, celui qui s’entraîne à l’INSEP depuis septembre 2008 sous la houlette de Jean-Lionel Rey, a "hâte d’en découdre". D’autant plus que lui doit patienter. Quand la plupart de ses camarades de l’équipe de France ont tous déjà nagé, au moins en série, lui doit patienter jusqu’à ce mercredi pour faire son entrée en lice. "La forme arrive tout doucement, affirmait-il avant la compétition, la préparation a été dure à encaisser". Un laps de temps pour entrer de pleins pieds dans la compétition qu’il prend avec philosophie. "Il y a des nageurs plus pressés que d’autres, certains ont plus de mal à géré car il manque d’expérience", glisse-t-il. Ce qui n’est plus le cas.

La preuve ? C’est qu’il a fait son trou chez les Bleus. "Je m’entends bien avec tout le monde, cela fait deux-trois ans que je côtoies les anciens. Les nouveaux sont pourtant dans mes âges mais je comble le vide entre les deux", rigole-t-il. Une place qu’il veut consolider par des résultats plus probants lors de cet Euro. "Mon objectif, c’est la finale minimum sur 200m, annonce le quadruple champion de France en titre, et après pourquoi être dans les cinq premiers. J’étais septième il y a deux ans, sixième en petit bassin à Chartres (euro 2013, ndlr)". Engagé également sur le 100m, dont les séries auront lieu vendredi, il se met moins de pression, précisant que "ça fait du bien de nager autre chose, mais Mehdy (Metella, champion de France du 100m papillon à Chartres, ndlr) est plus fort". Cet Euro à Berlin n’est pour lui, comme pour les Bleus ,qu’une étape qui doit le mener à Rio. En 2016, il aura 24 ans, peut-être l’envie de découvrir autre chose et peut-être rejoindre Franck Esposito, ancien quadruple champion d’Europe du 200m papillon et vice-champion du monde à Perth (1998). "Je vais continuer avec Jean-Lionel jusqu’à Rio, après je changerai peut-être d’air. Ca me tente, mais j’attends encore certaines choses, notamment que ma copine ait son diplôme. J’ai encore du temps, je ne suis pas lassé". 

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