Axel Reymond
Axel Reymond a été le premier champion d'Europe français à Berlin | AFP - VLADIMIR ASTAPKOVICH

Berlin : Axel Reymond, le repos bien mérité

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Axel Reymond a été le premier champion d’Europe tricolore à Berlin. Sacré en eau libre sur 25km dimanche, le réveil a été difficile ce jeudi sur 800m. Son élimination dès les séries a sonné la fin de l’aventure pour lui. Déçu après la course, il avait quand même à l’esprit d’avoir réaliser de belles choses à Berlin.

Axel Reymond ne rejoindra pas Florent Manaudou, seul Français, pour l’instant, à avoir décroché deux titres. Le Parisien aurait pu faire encore plus fort que le Marseillais en s'imposant dans deux épreuves en solitaire. Après avoir gagné le 25km dimanche dernier, il s’élançait ce jeudi pour les séries du 800m nage libre. La seule épreuve qu’il disputait en bassin à Berlin. Neuvième et dernier de l’ultime série en 8’12’’81, bien loin de son record personnel (7'58''45, ndlr), il accusait le coup à l’arrivée. "C’est dur, vraiment dur, avouait-il, je n’ai pas eu trop le temps de récupérer après le 25 bornes de dimanche… j’ai essayé". Souriant, mais usé jusqu’à la corde, il n’avait tout simplement plus de jus. Encore un. Mais lui pouvait au moins se consoler avec un titre européen, le premier à 20 ans. Encore que, en zone mixte, à chaud c’était surtout la déception qui l’emportait. "Mais cette après-midi, je serai sûrement content de ma semaine de compétition, soufflait-il, même si je suis un peu déçu de mon épreuve en bassin".

Après la France, l’Europe

Nouvelle tête de cette équipe de France, son nom a surgi de nulle part. Il a suffi dimanche d’un coup de fil en pleine conférence de presse du Directeur Technique National, Lionel Horter : "je regarde mon téléphone car Axel Reymond est en tête du 25km, il a quatre minutes d’avance. Ca sent plutôt bon", avait-il lancé. Effectivement ça sentait bon puisqu’il s’est imposé en 4h59’18’’ devant le Russe Evgenii Drattcev. Un superbe résultat qui a entamé ses réserves. "Je n’étais pas très bien dans l’eau, j’étais lourd. J’avais les bras chargés après le 25km, aujourd’hui (jeudi, ndlr) c’était les jambes. Ca été compliqué à gérer", a-t-il déclaré après son 800m. Il a fallu encaisser et aussi gérer les sollicitations "qui ont fait plaisir", supérieures à celles qui avaient suivies sa médaille de bronze à l’Euro en 2012 à Piombino ou son titre de champion de France de la distance cette année à Sète.

Plus d’eau libre

Le bilan est donc mitigé, mais désormais il sait. Il sait qu’enchaîner l’eau libre et les épreuves en bassin n’est pas donné à tout le monde. De quoi donner de nouvelles pistes de travail ou privilégier une discipline plutôt que l’autre ? "Cette médaille m’a conforté dans ma décision de faire des longues distances, analysait-il. On avait beaucoup travaillé à l’entraînement et ça a payé. Je ne vais pas totalement délaisser le bassin car je dois continuer à travailler la vitesse. Si je n’en ai pas, je n’arriverai pas à finir les courses aussi vite que les champions du monde ou les champions olympiques".

Du haut de ses 20 ans, il hallucinait encore d’avoir reçu les félicitations de ses compagnons de l’équipe de France : "Je suis le petit nouveau, les grands me demandent le contenu de mes entraînements. Ils sont admiratifs notamment du 25. Je les admire alors quand ils me félicitent, je suis carrément en extase". Il va pouvoir décompresser et partir en vacances le coeur léger, non sans avoir disputé des Coupes de France. Mais après ça, terminé. Il a bien mérité la coupure qui s’annonce. "Je ne vais rien faire à part dormir, me reposer et sortir un peu", souriait-il. Le nageur de Fontainebleau entraîné par Magali Merino – il a changé en juin dernier, ndlr – en a gagné le droit. Parfois, le repos est comme le silence, d’or.

Vidéo : le portrait de Reymond

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