Alain Bernard: "Me sentir fort"

Publié le , modifié le

Champion olympique et d'Europe du 100 m libre et détenteur de la meilleure performance européenne de la saison, Alain Bernard aborde les Championnats d'Europe, qui débutent lundi pour les courses, avec un sentiment de force alors qu'il a retrouvé la notion de plaisir à l'entraînement après une année 2009 très difficile.

Quelles sont vos ambitions à Budapest ?
Je n'aime pas les crier sur les toits. J'ai des idées derrière la tête mais elles restent derrière ma tête. J'ai beaucoup travaillé depuis les Championnats de France (en avril) et je ne me languis que d'une chose: c'est que ça paie, bien sûr. Tout ce que j'irai chercher ce sera pour moi et personne d'autre. La méthode qui marche, c'est celle-là.

Allez-vous chercher à Budapest les réponses aux questions que vous vous êtes posé en début de saison ?
Je les ai quasiment trouvées. Mais le résultat peut avoir un impact par rapport à ces questions que je me posais, si vraiment j'avais envie de continuer, tout ça... J'ai vraiment retrouvé du plaisir à l'entraînement cette saison. J'ai fait des choses bien à l'entraînement et ça, pour la confiance, c'est énorme. J'arrive à mettre en valeur ce que je fais de bien. L'année dernière, je ne prenais pas le temps de savourer. Là, c'est plus accentué sur la notion de plaisir et d'efficacité et de me sentir fort. En début de saison, je ne savais même pas si j'allais participer aux Championnats d'Europe. Mais c'est une date-clé, importante, parce qu'on est à deux ans des Jeux. C'est important de la faire et de la faire comme il faut.

Vous n'avez pas gagné lors de votre dernier grand rendez-vous, les Championnats de France en avril...
J'ai un sentiment d'amertume par rapport aux Championnats de France. Je me suis qualifié, certes, mais je n'ai pas gagné. Ni le 50 m ni le 100 m. Parce que j'avais fait le choix de travailler dur et de mettre en péril les France. Je ne regrette pas du tout. Tout le travail fait avant les France m'a servi pour être d'autant plus fort sur la deuxième partie de saison. Je suis plus serein.

Et que s'est-il passé à l'Open de Paris, fin juin, où vous avez été sorti dès les séries ?
L'Open EDF a été une compétition assez particulière, assez pesante. J'étais dans une position délicate parce que c'est mon partenaire et puis il y avait Phelps. Ils avaient fait tout un montage. Ca a été assez usant... J'en ai rien à foutre de me faire battre fin juin, à un mois et demi de mon objectif majeur de la saison (Euro-2010). Moralement, l'Open ne m'a pas fait du bien. Ce que je n'ai pas gagné à l'Open, je vais le récupérer aux +Europe+. Du moins, j'y crois.

Vous commencerez par le relais 4x100 m libre. Peut-on y croire cette fois?
J'espère vraiment qu'on va être bon. J'ai vraiment envie. L'envie doit venir de chacun d'entre nous. Je ne doute pas que tout le monde ait envie de réussir, mais il faut qu'on pense à nager, à se mettre en action plutôt qu'à penser au résultat en se disant qu'on peut gagner. On s'est fait avoir un an, deux ans, trois ans. C'est bon. On s'en "fout" de ce qu'il y a écrit sur le papier! Il faut vraiment penser à l'action plutôt qu'au résultat.

AFP

Championnats d'Europe de Natation