Renaud Lavillenie, Saut à la perche
Le perchiste français Renaud Lavillenie | FRANCK FIFE / AFP

Zurich: Lavillenie seul contre lui-même

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Ses trois principaux adversaires sur le carreau, Renaud Lavillenie est grandissime favori du concours de saut à la perche des Championnats d’Europe de Zurich (15h05). Reste au Clermontois à s’accommoder de difficiles conditions climatiques et à ne pas négliger des adversaires qui n’ont rien à perdre.

En qualifications jeudi, Renaud Lavillenie a eu besoin d’une paire d’essais pour passer une barre à 5,60 mètres. "Ce n’était pas facile aujourd’hui. Je n’avais pas de bonnes sensations et j’ai galéré pendant l’échauffement. Il se passait plein de choses autour et on est dans un tout petit espace", expliquait le perchiste français. Passé sans dommages en finale avec un second saut maîtrisé, le Clermontois est prévenu : il n’aura pas la partie facile à Zurich. Double champion d’Europe en titre, meilleur performeur mondial de la saison en plein air avec 5,92 mètres, invaincu depuis dix-neuf concours, Lavillenie s’avance avec des certitudes. Mais aussi quelques inquiétudes. Perturbé par un été qui n’est venu que sporadiquement sur une large partie de l’Europe cette année, le protégé de Philippe D’Encausse n’a pu exprimer tout son potentiel en extérieur. "Renaud a toujours les mêmes moyens mais il n’a pas pu sauter haut à cause du climat. Il en a assez d’avoir de mauvaises conditions, analyse Stéphane Diagana, consultant France Télévisions. C’est queulqu’un qui saute vraiment avec l’envie de s’éclater, d’aller haut et de se faire plaisir. Gagner des concours à 5,70 mètres, ça ne l’intéresse pas".

La triplette de favoris allemands est absente

Pour s’imposer dans le ciel capricieux de Zurich, cette barre pourrait pourtant lui suffire. D’autant que la concurrence est sévèrement affaiblie par les forfaits des Allemands Holzdeppe, Mohr et Otto. Soit le dernier homme tombeur du Français (aux Mondiaux 2013), le vice-champion olympique en titre et le dernier vice-champion du monde en salle. "Ses seuls ennemis ce sont sa perche et lui-même. Mais s’il fait les choses bien, c’est impossible qu’il ne gagne pas, assure Pierre-Ambroise Bosse. Sauf conditions exceptionnelles". C’est là que le bât blesse. A la régulière, Lavillenie est intouchable face à des adversaires peinant à franchir 5,80 mètres. Le vent et la pluie, invités fréquents au Letzigrund depuis le début des Championnats d’Europe pourraient changer la donne. "C’est une discipline très compliquée quand les conditions météo sont mauvaises. Le mauvais temps a tendance à niveler les écarts de talents", prévient Diagana.

Lavillenie: "J'ai pris quelques réglages"

Avantage pour Lavillenie par rapport aux meetings, il a eu droit à un round d’observation sur le sautoir en qualifications. "J’ai pris quelques réglages sur mes marques et l’approche de la boîte. Sur le deuxième saut j’ai trouvé l’attaque qu’il fallait, se félicite le champion olympique. J’ai dû un peu faire l’acrobate dans la perche pour ne pas tout embarquer mais c’est passé". Rôdé aux perturbations climatiques, l'Auvergnat a une caisse à outils complète pour parer à toute éventualité. "Renaud est sur une autre planète, conclut Bosse. Il est ultra favori et s’il fait ce qu’il a à faire, il gagnera assez facilement". En décrochant l’or à Zurich, Lavillenie égalerait l’Allemand Wolfgang Nordwig, meilleur perchiste du continent à trois reprises (1966, 69, 71). Cela ne tient qu’à lui.

Vidéo: Lavillenie se qualifie pour la finale de la perche 

Jerome Carrere

Championnats d'Europe d'Athlétisme