Lemaitre, Tinmar, Vincent, Bassaw, relais 4x100
Lemaitre, Tinmar, Vincent, Bassaw sur la piste du Letzigrund après leur série | OLIVIER MORIN / AFP

Zurich: La vie perturbée du 4x100 masculin français

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Lemaitre, Tinmar, Vincent et Bassaw sont parvenus à décrocher la médaille de bronze du 4x100 aux Championnats d’Europe de Zurich. Une sacrée performance pour un relais plombé par toute une série de méformes et blessures qui avaient entravé sa progression depuis deux ans.

Londres, août 2012. Le relais 4x100 français composé de Lemaître, Vicaut, Pognon et Pessonneaux  termine au pied du podium olympique et prend date avec le futur. Moscou, août 2013. Lemaitre se blesse. Vicaut est le seul rescapé de l’épopée britannique et le quatuor tricolore tombe dès les séries. Zurich, août 2014. Cette fois-ci, c’est Vicaut qui renonce sur blessure. "C’est un peu dur psychologiquement de voir un de ses leaders tomber mais si on est six, ce n’est pas pour rien", avoue Ben Bassaw, également aligné sur 200 m. Comme s'il avait lu dans le futur le podium finalement décroché par les Bleus. En Suisse, Lemaitre part donc au feu avec le spécialiste du demi-tour de piste et trois autres partenaires peu expérimentés (Vincent, Romain, Tinmar). Ainsi va la vie du 4x100 masculin français. "On aimerait bien avoir la même équipe d’année en année mais il y a des blessures et d’autres sprinteurs apparaissent. Ce sont les aléas du sport", relativise Dimitri Demonière. L’entraîneur du relais bleu en a tiré les conséquences. Dans la capitale russe, il n’y avait pas de plan B en cas de blessure. Le jeune Mickaël Zézé a donc dû remplacer Lemaitre au pied levé, sans avoir connu de sélection auparavant.

Le plan Rio 2016

Désormais, les Français sont mieux armés pour parer à de telles éventualités. Bon finisseur, "je cours régulièrement aux alentours des 10’’30 cette saison", Ben Bassaw a suppléé Vicaut en tant que dernier relayeur sur la piste du Letzigrund. C'est lui qui a résisté au Suisse Alex Wilson dans l'ultime ligne droite. "On veut avoir au moins une solution par poste, explique Demonière. On est en pleine structuration du projet Rio 2016 donc on fait beaucoup de regroupements et on intègre nombre de jeunes  pour leur donner des bases communes. Ensuite, on affinera pour arriver à la sélection finale". Une stratégie que Stéphane Diagana approuve. "Un relais c’est une équipe. Comme dans un sport collectif, il doit y avoir de l’interchangeabilité. Bien sûr, Vicaut est clairement irremplaçable sur le plan individuel mais quelqu’un doit avoir la possibilité d’occuper son rôle dans le relais". Dans ce contexte agité, quid de la cohésion d’équipe à la base du succès du 4x400 féminin français notamment ? Jeffrey et Arnaud, titulaires probables pour les Championnats d’Europe, blessés depuis un moment, les responsables du relais français ont pris le taureau par les cornes. "On a fait un stage à Castres après le meeting puis un autre à Aix les Bains. Et ceux qui ne participaient pas en individuel aux Europe ont poursuivi à l’INSEP, raconte Bassaw. On a pu travailler les positions et toutes les charnières entre nous. Avec les stages, on a appris à se connaître. Avant on s’affrontait seulement sur la piste, maintenant on est amis et on forme un vrai collectif".

Les Mondiaux de relais comme rendez-vous fixe

En séries, ce quatuor néophyte a bien fonctionné comme le prouve le chrono (38’’55). Il peut croire au podium à condition de prendre plus de risques sur les passages de témoin. "S’ils engagent plus, ça peut faire 38’’30 ou 38’’20, ce qui est largement suffisant au niveau européen pour une médaille. En plus on sait qu’il y a certains relais qui ne vont pas au bout", prophétisait Stéphane Diagana. Finalement, un 38''47 a suffi aux Français pour monter sur la boîte. Le défi pour les Beus est d'assurer une meilleure transition qu'après la médaille de bronze conquise à Helsinki. Pour ce faire, les Mondiaux de relais mis en place cette année devraient aider. "C’est une épreuve importante puisqu’elle est qualificative pour les Mondiaux. Les athlètes se sont pris au jeu et il y avait un super esprit d’équipe, témoigne Demonière. Ca nous donne une possibilité supplémentaire de tous nous regrouper". Et de redonner à la vie du 4x100 français un cours normal.

Vidéo: le relais 4x100 se qualifie pour la finale 

Jerome Carrere

Championnats d'Europe d'Athlétisme