Myriam Soumaré, France
La sprinteuse française Myriam Soumaré | JULIEN CROSNIER / DPPI MEDIA

Zurich: Diagana décrypte Soumaré

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Médaillée d’argent sur 100 m et de bronze sur 200 m, Myriam Soumaré entame ses derniers travaux suisses avec le relais 4x100 français aux Championnats d’Europe de Zurich. Pour francetvsport.fr, Stéphane Diagana, consultant France Télévisions passe la leader du sprint tricolore au crible.

Ses caractéristiques

Sur le plan physique c’est à peu près la même Myriam Soumaré que celle de 2010. Elle s’est peut-être un peu étoffée sur le plan musculaire. Elle a toujours les mêmes qualités : savoir se préparer, s’engager au maximum. C’est sa marque de fabrique. Quand elle est sur la ligne de départ, vous savez qu’elle va donner au minimum le maximum. Elle a un style très fréquent. Il y a parfois un peu de crispation en haut du corps et dans les épaules. Mais c’est parce qu’elle est très fréquente et que c’est une boule de nerfs. 

Son évolution

Ses chronos ne sont pas forcément beaucoup descendus, mais elle a appris à répondre présente dans tous les grands évènements depuis son titre de championne d’Europe. En 2010 c’était une révélation, maintenant c’est le pilier incontestable de l’équipe de France de sprint féminine. Elle ne vient jamais dans des rendez-vous majeurs pour faire de la figuration. Dafne Schippers et Jodie Williams ont été plus fortes sur ces Championnats mais elle venait à Zurich pour deux titres. Dans sa gestion des efforts en compétition, elle a mûri pris de l’expérience. Comme le disait récemment Usain Bolt, un athlète n’est pas le même à 22 ou 28 ans. Avec l’âge, il apprend à se ménager, à faire plus attention à son corps. 

Les axes de progression

Sa course en série des Europe où elle égale son record perso (11’’03) est la plus belle que je lui ai vu faire sur 100 mètres. Il y avait beaucoup de relâchement. Elle doit construire dessus pour la suite. C’est une course référence qui pourrait lui ouvrir de nouveaux horizons. Malheureusement, elle n’a pas pu confirmer en finale, notamment parce qu’elle a couru vent de face. Ca ne l’avantageait pas avec son petit gabarit à côté de celui de Schippers. Je pense qu’en s’alignant dans une bonne course avec des bonnes conditions, elle tombera autour de 10’’95 assez rapidement. A l’avenir, il faudrait aussi qu’elle dompte mieux son énergie et qu’elle soit moins généreuse. Elle l’a reconnu elle-même et s’est déjà améliorée dans ce domaine. Avant, elle mettait tout d’entrée sur la première course et puis elle arrivait un peu cramée pour la suite de la compétition. Avec un peu de crispation, ça la pénalisait beaucoup. Maintenant, un peu moins. Ça lui donne des axes de progression pour repartir à l’entraînement déterminée dans l’optique des Mondiaux de Pékin 2015 et des JO de Rio 2016.

Vidéo: La série du 100 m de Soumaré

Vidéo: La finale du 100 m 

Vidéo: La finale du 200 m 

Jerome Carrere

Championnats d'Europe d'Athlétisme