Teddy Tamgho 072010
Teddy Tamgho | AFP - Emmanuel Dunand

Le triple saut: plus vite, plus fort, plus loin

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Pour décrire la discipline si particulière du triple-saut, la maxime de Pierre de Coubertin ("plus vite, plus haut, plus fort") pourrait presque faire l'affaire à condition d'en changer l'ordre et d'en modifier l'un des trois termes... Course d'élan, impulsion sur pied fort, retombée sur ce même pied fort, impulsion sur l'autre pied, et ramené, sont autant d'éléments qui constituent le triple saut.

"La répartition varie en fonction des qualités de chacun. Pour ceux qui sont vite, le plus grand bond sera forcément le dernier. Les sauteurs en force vont tout donner sur le cloche et la reprise foulée", indique Tamgho qui peut compter sur une vitesse remarquable. "Il ne faut pas privilégier que le physique et mettre le reste de côté. Il faut adapter avec la technique, le mental, faut créer une parfaite alchimie", estime l'athlète d'origine camerounaise.

Pour son ancien entraîneur, Jean-Hervé Stiévenart, "le triple saut  n'est pas la somme des trois sauts. C'est trouver le meilleur compromis possible pour aller loin". "Un sauteur, c'est comme une voiture. Plus il va vite, plus il fait de chemin, et les freins, ce sont les articulations", explique Stiévenart qui est convaincu que son ancien protégé "fera un jour 18,50 m". La dernière phase, appelée "le ramené", est identique au saut en longueur.

Après une course d'élan -qui va crescendo- d'une bonne trentaine de mètres (entre 15 et 20 foulées selon les athlètes) le sauteur enchaîne sur sa première impulsion. Au moment du cloche-pied, l'athlète doit avoir atteint sa vitesse maximale afin d'accumuler suffisamment d'énergie pour enchaîner la suite du mouvement. La première impulsion doit s'exécuter dans la continuité de la course afin de donner une certaine fluidité. S'agissant bien d'un cloche-pied, la deuxième impulsion s'effectue sur le même pied fort, tandis que la troisième impulsion se fait de l'autre pied.

L'athlète doit chercher à maintenir son corps le plus haut possible tout en maintenant le meilleur équilibre possible. C'est sans doute pour cette raison que le recordman du monde, Jonathan Edwards, avait été surnommé le goéland, tellement il donnait l'impression de voler. Mais si le record du Britannique (18m29 établit à Göteborg en 1995) tient toujours depuis 16 ans, Tamgho, champion du monde en salle l'an passé) possède toutes les qualités pour aller le titiller.

Romain Bonte