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La joie de Renaud Lavillenie après son titre et son record de France | AFP - Bertrand Guay

Lavillenie: "Cela marque une carrière"

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Renaud Lavillenie ne pouvait "pas rêver mieux" que de conserver son titre de champion d'Europe en salle de la perche devant son public à Paris et sa famille et avec un record de France à la clé (6,03 m), ainsi qu'une tentative de record du Monde à 6m16 devant le maître de la discipline Sergueï Bubka.

Passer 6,03 m était une étape importante ?
"Oui parce que ça veut dire que j'ai su préparer la compétition et su répondre présent dans un contexte qui peut être à double tranchant, le championnat à domicile. Certains peuvent passer au travers et y en a qui se transcendent. L'objectif était la médaille. J'aurais été champion d'Europe avec 5,80 m, honnêtement ça me satisfaisait mais je n'allais pas me priver de faire un record de France ici, devant tout le monde. Beaucoup de personnes étaient présentes, c'est assez exceptionnel. Ca permet de vivre cet instant présent qui est forcément magique. Pour l'anecdote, toute ma famille a pleuré. Je les ai tous vus en larmes ! Ca marque la carrière."

C'est le plus beau moment de votre carrière ?
"Oui ! Avant ça, c'était 6,01 m au Portugal. Là, il y a tout. Etre capable de gagner, de défendre un titre, de répondre présent et de sauter haut. Et de tenter ce record du monde qui n'est pas rien non plus. Je ne pouvais pas rêver mieux. Je vais attendre La Marseillaise demain (dimanche) pour vivre ce moment avec Jérôme (Clavier, 2e). On fait un et deux. Il n'y a pas eu beaucoup de compétitions où on fait un et deux. Depuis deux ans la perche française est au plus haut niveau international. C'est bien."

Comment avez-vous vécu la présence de l'Ukrainien Sergey Bubka (détenteur du record du monde avec 6,15 m depuis le 21 février 1993 à Donetsk) dans le public ?
"Ca m'a impressionné. Pendant l'échauffement, je me suis aperçu qu'il était là. Il était juste devant. Pendant le concours, je ne faisais pas trop attention mais je savais qu'il y avait cette présence. Je savais que le jour où je tenterai 6 m, je tenterai le record du monde. Alors le faire en plus devant Bubka..."

Quelles sensations avez-vous eues en tentant de franchir les 6,16 m ?
"De vraiment ne pas être loin. Quand on demande 6,16 m, ça fait déjà quelque chose et quand on voit la barre et qu'on est en bout de piste, y a encore un petit plus. Quand je fais cette première tentative qui est vraiment très proche, je me dis que c'est dans mes cordes. J'y pense mais je suis encore jeune (24 ans), j'ai encore du temps devant moi. La perche demande pas mal de maturité. La plupart des grosses performances ont été faites à 27, 28 ans. Je ne suis pas une force de la nature, j'ai encore beaucoup de séances de +muscu+ devant moi pour être encore plus costaud."

Et maintenant alors ?
"Maintenant je vais me préparer pour aller chercher ce titre à Daegu (Corée du Sud) (Mondiaux). Ca ne va pas être de tout repos parce que dans l'hemisphère sud Monsieur Hooker (l'Australien est champion du monde et olympique en titre, ndlr) se prépare vraiment très bien. Je l'attends à son plus haut niveau comme lui m'attend à mon plus haut niveau."

Gilles Gaillard