Kevin Mayer, France, Décathlon
Le Décathlonien français Kevin Mayer | JULIEN CROSNIER / DPPI MEDIA

Zurich: Croire en un lendemain Mayer

Publié le , modifié le

Sixième du décathlon à mi-parcours, 271 points derrière le leader allemand Kazmirek, Kevin Mayer peut encore rêver au podium voire mieux. Handicapé par une blessure après une matinée grandiose, l’élève de Valcin et Cochand a failli jeter l’éponge. Libéré de toute pression et de la douleur, il est plus dangereux que jamais. Surtout lorsque l’on se remémore sa deuxième journée des Mondiaux de Moscou. Retour sur sa journée à Zurich.

Classement et programme du Décathlon du mercredi 13 août

Sa matinée de rêve
C’est une matinée quasiment parfaite. Je fais un bon 100 mètres avec du vent de face (11’’10). Je serais passé sous les 11’’ avec de meilleures conditions (record personnel à 11’’04). Puis je bats mon record à la longueur (7,65 au lieu de 7,63 m) et au poids (15,14 au lieu de 14,95 m).

Vidéo: le saut en longueur de Kevin Mayer

Sa blessure
Sur le deuxième saut à la longueur, mon coach me donne quelques conseils. J’étais réglé comme il fallait mais il me parlait des intentions qu’il fallait avoir pour aller plus loin. Ca n’a pas marché parce qu’une petite douleur m’a gêné. Après ma performance au poids, elle avait disparu. Mais elle est revenue juste avant la hauteur. Je pensais ne pas pouvoir sauter mais je me suis transcendé pour réaliser 2,01 m. Je croyais même faire mieux malgré tout ça.

Son quasi-abandon
Après ma dernière tentative à la hauteur, je ne pouvais plus marcher. Mais grâce à mes coaches, mon préparateur physique et mon kiné j’ai réussi à courir le 400 m. Franchement, je croyais arrêter ces championnats donc je suis tellement heureux d’être là. Et la douleur a quasiment disparu. Le kiné m’a fait très très mal. Il m’a travaillé les tissus à l’aine droite. C’est peut-être la pression aussi qui fait que j’ai quelques blocages. Elle est totalement retombée parce que je pensais abandonner.

Le deuxième jour
On verra demain. Mais vous me connaissez assez pour savoir que je ne vais rien lâcher pour aller chercher place par place. C’est maintenant que j’arrive à me transcender. Je fais ma meilleure perf de la saison sur 400 mètres quelques minutes après avoir quasi-abandonné et en ayant des débuts de crampes sur la dernière ligne droite. Avec la blessure je n’ai pas pu bien m’hydrater ni manger. Il faut que j’aille me reposer. Podium, victoire, honnêtement je ne sais pas, parce que mes deuxièmes journées sont tout le temps différentes. Elles sont souvent de mieux en mieux. Je vais dire pareil qu’à Moscou : vous verrez bien demain (15e à l’issue de la 1ère journée, il avait terminé 4 en battant quatre des cinq records de ses épreuves du jour).

Le mauvais temps prévu demain
Les conditions de merde ne me dérange pas du tout. Au contraire, j’adore, je me transcende dedans. J’aime la pluie. Et les autres en général, ça les gêne. Donc qu’il pleuve, qu’il y ait une tempête s’il faut, ça me fera du bien.

Jerome Carrere