Mark Cavendish
Mark Cavendish | GUILLAUME HORCAJUELO/ MAXPPP

Cavendish, 21e rugissante

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Le Britannique Mark Cavendish a gagné la 2e étape du Tour de France à Tournai, réglant le peloton au sprint. Une nouvelle victoire d'étape du "Cav" après les cinq remportées l'an dernier, sa 21e sur la Grande Boucle.

A 27 ans, Mark Cavendish est un ogre. Non seulement le Britannique a remporté sa 21e victoire sur le Tour de France mais il a surtout levé les bras pour la 88e fois de sa carrière. Au bout d'un sprint quelque peu décousu, le coureur de l'équipe Sky a dominé l'Allemand Andre Greipel (Lotto) d'un boyau et l'Australien Matthew Goss (Orica-GreenEDGE), qui avait réglé le peloton lors du spint intermédiaire. Malgré sa victoire, Cavendish laisse le maillot vert sur les épaules de Peter Sagan (Liquigas). Distancé dans le final, le sprinteur Marcel Kitter voit son coéquipier Tom Veelers (Argos-Shimano) accrocher la quatrième place. Alessandro Petacchi (Lampre-ISD) est cinquième. "Je  cours de manière plus détendue. Si je gagne tant mieux...", a sobrement déclaré l'homme de Man en  reconnaissant: "Je suis champion du monde, j'ai toujours dit que je voulais marquer l'histoire du cyclisme."

Premier départ de Visé

Ce matin, le Tour de France s'élançait pour la première fois de Visé ce matin. Pour la dernière étape courue en Belgique dans cette édition 2012, la victoire était promise à un sprinteur à Tournai, 207,5 km plus tard. Le peloton démarrait lentement cette deuxième étape et personne n'imitait le Français Nicolas Edet, échappé hier dès le premier kilomètre. Jusqu'au 22e km où un autre membre de la colonie tricolore, qui a décidément des fourmis dans les jambes en ce début de Tour, ne sorte du peloton. En effet, Anthony Roux, pourtant blessé au poignet dans une chute entre Liège et Seraing décidait d'accélérer pour distancer les 197 autres coureurs engagés.

Une échappée à trois

Six kilomètres plus tard, le coureur de la FDJ était rejoint par son compatriote Christophe Kern (Europcar) et le Danois Michael Morkov (STB), déjà échappé la veille et porteur du maillot à pois de meilleur grimpeur. Rapidement, l'avance des trois forçats gonflait pour atteindre les huit minutes au km 42.

Si tous les coureurs engagés ont continué malgré de nombreuses blessures, cette étape courue sur un rythme plutôt "faible" a vu de nombreux cyclistes décrocher jusqu'à la voiture du médecin Pascal Rivat pour se faire examiner. A leur image, dans la côte de la Citadelle de Namur, seule difficulté de 4e catégorie du jour, Roux ne parvenait même plus à tenir son guidon à deux mains, rattrapé par la douleur. Pour autant, le Français serrait les dents mais ne tentait pas, comme Kern, de disputer le prix de la montagne à Morkov. Ce dernier consolidait son maillot de meilleur grimpeur avant de cesser de prendre ses relais.

Et à la fin, c'est Cavendish qui gagne...

Les trois hommes gardaient une avance confortable jusqu'au sprint intermédiaire de Soignies au km 153, que Christophe Kern remportait sans se battre. Derrière, Matthew Goss réglait le peloton, remportant 13 points au classement du meilleur sprinteur, devant Mark Renshaw, Mark Cavendish et Peter Sagan, maillot vert virtuel à 50 km de l'arrivée. A 30 km de la ligne d'arrivée, les deux coureurs d'Europcar et de Saxo Tinkoff Bank coupaient leur effort, laissant le coureur FDJ premier échappé du jour, seul en tête pour un baroud d'honneur.

Aucune équipe ne parvenait à mettre en place un train à même d'offrir à son sprinteur une victoire facile et d'éviter de nombreux frottements, hantise des coureurs. Malgré la prise de pouvoir des Lotto pour emmener Greipel à la victoire dans les trois derniers kilomètres, Cavendish bien placé dans la roue de l'Allemand le sautait sur la ligne pour s'offrir une victoire "au boyau". La conclusion revient au maillot jaune Fabian Cancellara. "Cavendish  ? Il a démontré qu'il est le meilleur sprinteur du monde, il a fait un grand  numéro".

L'interview après l'arrivée

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Jerome Carrere