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Brice Feillu aux côtés de Thomas Voeckler | Maxppp

Brice Feillu: "J’ai craqué"

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C’est un Brice Feillu en sanglots qui a franchi la ligne en cinquième position, à près de quatre minutes du vainqueur, Thomas Voeckler. Conscient qu’il avait la possibilité de briller à nouveau, comme en 2009 lorsqu’il avait remporté la 7e étape du Tour à Arcalis, le coureur de Saur-Sojasun explique qu’il a craqué mentalement lorsqu’il s’est fait distancer par Thomas Voeckler.

Après s’être aspergé d’eau fraîche, il a fallu quelques secondes au coureur pour réaliser qu’il n’était pas passé loin d’un nouveau succès sur le Tour. « Je pensais être mieux que ça, et au final, j’ai craqué. Je ne suis pas à 100 % donc c’est difficile de faire quelque chose », explique Feillu qui a été affecté par une gastro-entérite en début de compétition. « J’ai vécu un début de Tour difficile, mais je reviens à un bon niveau, même si ce n’est pas encore le bon niveau pour espérer gagner », a-t-il estimé.

« C’était ma journée »

Après sa maladie, le natif de Châteaudun avait peu à peu retrouvé ses jambes. Conscient qu’il avait peut-être échappé de peu à un abandon, Brice Feillu s’était remotivé comme jamais, si bien qu’il avait coché cette étape, avec l’espoir de l’emporter. « C’était ma journée, mais je n’ai pas été à la hauteur. J’ai lutté sur ce Tour, et je me suis dit que ça allait être ma journée », a-t-il déclaré, avec la voix toujours chevrotante. « Il m’a manqué de la condition physique tout simplement. Même si vous aviez l’impression que j’étais bien, ce n’était peut-être pas forcément le cas », a-t-il indiqué sous le regard de son manager Philippe Raimbaud, soucieux de le consoler.

Lucide, il a admis la supériorité de Thomas Voeckler dans le final. « C’était un client. Avec un autre coureur, j’aurais peut-être eu plus de chance. Mais je me suis dit aussi qu’il était prenable, d’autant plus que je n’ai pas fait le salaud. Au début, j’aurais pu éventuellement le ‘foutre dedans’ au niveau des points du meilleur grimpeur, chose que je n’ai pas fait. C’est toujours mieux que ce soit un Français qui porte le maillot à pois. Bravo à Thomas ! », a lancé Feillu, toujours marqué par la déception.

« Pas envie de terminer deuxième »

« Je sais que ce n’est pas sur un sprint que je vais gagner, c’est sur des étapes comme celle là », a-t-il dit. Et comme tout compétiteur, le frère cadet de Romain Feillu ne visait que la victoire. « Je n’ai pas envie de terminer deuxième ou cinquième, j’ai juste envie de gagner. Quand j’ai vu que j’allais sauter, j’ai ‘péter’ plus dans la tête et c’est peut-être pour cela que je termine cinquième. C’est quand même une belle récompense après tout ce que j’ai vécu, mais je suis déçu », a-t-il admis.

Trois ans après sa victoire à Arcalis, le coureur français sentait pourtant qu’il était mieux préparé qu’en 2009. « Normalement, sur ce Tour, j’aurais été mieux. Là, c’est différent parce que la maladie que j’ai contractée en début de Tour m’a beaucoup fait de mal. J’ai récupéré mais pas assez », a-t-il expliqué. Après avoir quitté l’équipe Agritubel, il avait tenté l’aventure à l’étranger en rejoignant Vacansoleil, puis Team Leopard-Trek, une expérience qu’il ne regrette pas. « Je pense avoir progressé depuis deux ou trois ans. Ma carrière est encore assez longue, et je suis certain que j’ai encore rien fait comme palmarès, et ça va bien aller », a assuré le Français de 26 ans. Il lui reste en effet de belles années devant lui.

Romain Bonte