La droite de Manny Pacquiao esquivée par Timothy Bradley
La droite de Manny Pacquiao esquivée par Timothy Bradley | JOE KLAMAR / AFP

Pacquiao s'incline face à Bradley à la surprise générale

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Les sept années d'invicibilités de Manny Pacquiao, qui n'avait plus perdu depuis mars 2005 (15 combats), ont trouvé une fin abrupte samedi à Las Vegas quand deux juges sur trois ont donné gagnant son adversaire Timothy Bradley, à la stupeur générale. L'Américain de 28 ans, invaincu en 29 combats mais qui était jusque-là encore méconnu, a détrôné le Philippin, sacré champion dans huit catégories et considéré comme l'un des meilleurs boxeurs actuels.

Ce n'était qu'un championnat du monde WBO des welters. Un de plus pour celui qui a été sacré champion du monde dans huit catégories différentes.  Le gaucher de General Santos City a dans l'ensemble dominé les débats en  portant près de deux fois plus de coups au corps que Bradley et en se montrant  aussi plus précis dans ses coups, notamment avec son direct du gauche. A  l'issue des douze rounds, sa 55e victoire en 60 combats semblait logique.  C'est pourtant sa quatrième défaite qui lui a été signifiée, sa première  depuis mars 2005 (face à Erik Morales sur décision unanime), sous les sifflets  du public du casino MGM Grand, principalement acquis à sa cause.

Selon les cartes des juges, Bradley a été donné vainqueur 115-113, 115-113  et 113-115 malgré le fait que Pacquiao a placé beaucoup plus de coups et a semblé  dominer son adversaire, pour la première fois à l'affiche d'un combat majeur. Le décompte des juges a surpris tous les observateurs et même le vainqueur  n'y croyait pas vraiment: "Tous les rounds ont été plutôt serrés, il faut que  je regarde la vidéo pour voir si j'ai vraiment gagné", a dit Bradley.  "C'est la boxe, a-t-il ajouté. Il m'a bien bougé à plusieurs reprises mais  j'ai tenu le choc et je me suis battu jusqu'au bout", a ajouté le boxeur  originaire de Palm Springs, dans le désert de Californie.

"Cela fait partie du jeu"

L'Américain de 28 ans a porté son invincibilité à 29 combats (12 victoires avant la limite) alors que le Philippin de 33 ans affiche désormais 54 victoires (38 avant le limite), 4 défaites et 2 nuls. Pacquiao était invaincu depuis mars 2005. Pacquiao s'est toutefois retenu de critiquer la décision finale: "Cela fait partie du jeu. J'accepte le résultat", a-t-il dit sur le ring, sous les yeux de son clan consterné. Le Philippin avait en effet été du bon côté d'une victoire controversée (décision majoritaire) en novembre à Las Vegas face au Mexicain Juan Manuel Marquez. Le promoteur du Philippin, Bob Arum, n'a pas mâché ses mots. "Je dois dire que je n'ai jamais eu aussi honte d'être associé à la boxe que ce soir (samedi). Ce n'était même pas un match serré", a-t-il déclaré, qualifiant la décision des juges d'"incompréhensible".

L'Américain s'est montré agressif d'emblée mais Pacquiao a rétabli la  situation et a commencé à reprendre l'ascendant à partir de la deuxième  reprise, faisant presque chuter Bradley en arrière dans la quatrième. Bradley a fait valoir son courage en restant droit devant Pacquiao, qui  plaçait plus de coups, mais ne semblait pas faire mal au Philippin.  L'Américain a de nouveau été sur le reculoir pendant plusieurs rounds mais  a serré les dents et a pu inverser la tendance dans les trois dernières  reprises pour finir par donner une meilleure impression aux trois juges, malgré  une douleur au pied droit qu'il s'était tordu un peu auparavant dans le combat  et qui l'a contraint à se rendre en conférence de presse en fauteuil roulant. Et savourer un exploit entaché d'une controverse.

Revanche dans l'air

Je veux ma revanche", a déclaré Pacquiao à l'issue du combat. "Et je serai un guerrier sur le ring pour cette revanche, parce que  j'aborderai ce combat en me disant que je ne veux pas qu'il dure douze  reprises. Je respecte la décision des juges, mais je suis sûr à 100% d'avoir  remporté ce combat." "Il faut respecter mon adversaire et lui donner crédit (de sa victoire).  Mais les amateurs de boxe, vous savez vous qui a vraiment gagné", a-t-il ajouté. 

Si Pacquiao et son entraîneur Fred Roach se sont montrés mesurés, le  promoteur du Philippin, Bob Arum, a laissé éclater sa colère en mettant en  cause la compétence des juges. "Je connais ces gars. Ils sont honnêtes, mais ils doivent corriger leurs  problèmes de vue", a-t-il lâché, tout en refusant de considérer qu'ils aient pu  être achetés. "Je refuse de penser au plus profond de moi-même qu'il y ait pu avoir  quelque chose de bizarre", a-t-il assuré.

AFP