Jean-Marc Mormeck portrait concentration 11 2010
Jean-Marc Mormeck en pleine concentration | AFP - JOEL SAGET

Mormeck : "Gagner avec la manière"

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Le Français Jean-Marc Mormeck, qui affrontera jeudi à Paris l'Ouzbek Timur Ibragimov, titre NABA (nord-américain) des poids lourds en jeu, souhaite gagner "avec la manière" ce combat dont le vainqueur deviendra challenger officiel pour un titre mondial.

Ce sera votre 3e combat chez les lourds en douze mois. Quelle importance revêt-il après vos succès face à Vinnie Maddalone (100e mondial) puis Fres Oquendo (10e) ?
"C'est plus qu'un combat pour moi. C'est celui qui va me permettre de réaliser mon défi: accéder à une finale de championnat du monde des lourds et la remporter. Depuis Lucien Rodriguez (battu aux points en 1983 par Larry Holmes pour un titres WBC des lourds), aucun Français n'a eu de chance mondiale dans cette catégorie. Je me sens très bien, beaucoup mieux que lors de mes deux premiers combats. J'ai travaillé ma condition physique différemment et pendant deux mois. Je suis impatient. Il va falloir être performant et gagner avec la manière même si mon adversaire a également une vraie envie de devenir challenger officiel."

Parlez nous justement de votre adversaire, beaucoup moins connu que celui prévu initialement ?
"Des différends d'ordre financier ont empêché la concrétisation d'un affrontement avec l'Américain Hasim Rahman, champion WBC-IBF-IBO après avoir mis KO Lennox Lewis en 2001. Une page est tournée. On saura jeudi soir si j'ai gagné au change mais Ibragimov est N.7 mondial. Il est mobile et possède un bon direct du gauche. Son palmarès chez les pros - après une très belle carrière chez les amateurs - est moins riche que celui de Rahman mais il est plus jeune (ndlr: 35 ans) et plus vif. Il reste sur une série de neuf victoires consécutives."

Avez-vous modifié profondément votre entraînement en fonction de ce changement d'adversaire ?
"Quatre semaines, cela fait un délai un peu court. On n'a pas commencé d'entraînement spécifique. Je n'ai même pas changé de sparring partners. Si on veut être champion du monde un jour, il faut s'attendre à rencontrer n'importe quel boxeur. Certes, changer d'adversaire perturbe toujours. Rahman est un puncheur, puissant, qui ne bouge pas trop, alors que Timur sera un adversaire très fluide, en mouvement. Il faudra que j'aille le chercher. Il parait que les hommes de l'Est ne reculent jamais. Les hommes des Iles non plus!"

Le vainqueur sera-t-il le challenger officiel pour un titre mondial ?
"J'avais annoncé avant mon arrivée chez les lourds qu'il me fallait au moins trois combats pour pouvoir me situer. Les classements de boxeurs vont évoluer dans les prochains mois et j'estime que cette rencontre est une demi-finale mondiale. En cas de victoire, j'espère enchaîner très vite vers une finale."

AFP