Tony Yoka
Tony Yoka exulte après sa victoire expéditive | CHRISTOPHE SIMON / AFP

Boxe/Dopage: le Conseil d'Etat confirme la suspension pour un an de Tony Yoka

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Après avoir fait appel de sa suspension, manquements répétés aux obligations de localisation dans le cadre de la lutte antidopage en juin dernier, le boxeur français Tony Yoka n'échappera à sa sanction. Ce mardi, le Conseil d'Etat a confirmé la suspension d'un an du boxeur champion olympique à Rio.

Dans son ordonnance, rendue quelques heures seulement après l'audience tenue mardi matin, l'instance d'appel est allée dans le sens de la sanction prononcée fin juin par l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) contre Tony Yoka, reconnu coupable de trois défaillances, en l'espace d'un an, concernant ses obligations de localisation. "La légèreté du comportement de M. Yoka qui, sportif averti, particulièrement informé de l'importance du contrôle antidopage, ne pouvait ignorer dès le premier avertissement les conséquences de son incurie, ne permet pas de regarder comme sérieux le moyen tiré de ce que la sanction de suspension d'un an serait disproportionnée", écrit le juge du Conseil d'Etat dans son ordonnance.

Reprise en Juillet 2019

La défense de l'un de ses avocats, Guillaume Tapie, qui plaidait le matin même devant le Conseil d'Etat la "négligence administrative" et "l'étourderie", n'a donc pas été entendue. Le recours concernait une levée en urgence de la sanction en attendant qu'une décision sur le fond ne soit rendue. Issue qui reste possible. 

La poursuite de la "Conquête" du boxeur, qui affiche l'ambition de devenir le premier Français champion du monde chez les pros dans la catégorie reine des lourds, semble donc plus que compromise, au moins jusqu'à juillet 2019, date où le champion sera réotorisé à remonter sur le ring. Dans son plan de carrière très scénarisé, soutenu par son partenaire et diffuseur Canal+ avec qui il a signé en 2017 un contrat d'exclusivité estimé entre 8 et 10 millions d'euros, Tony Yoka devait marcher inexorablement vers les sommets, pour inscrire son nom dans l'histoire de la boxe, à côté de ses modèles, Mohamed Ali ou Lennox Lewis. Le Champion olympique était sur une série de cinq victoires en autant de combats professionnels. 

"Du sparring-partner pour s'occuper"

Mais c'est sur un principe élémentaire qu'il a baissé la garde: les règles de localisation pour les contrôles antidopage inopinés qui s'appliquent à tous les sportifs de haut niveau. Le boxeur a manqué à trois reprises, en moins d'un an, de juillet 2016 à juillet 2017, à l'obligation de livrer une adresse sur un créneau d'une heure par jour... et de s'y trouver si un contrôleur antidopage se présente.

En décembre, il avait écopé d'une suspension clémente, douze mois avec sursis, devant la Fédération française de boxe (FFB) mais l'AFLD, soucieuse de faire respecter le code mondial antidopage, avait repris le dossier et prononcé la peine prévue dans le code mondial de l'Agence mondiale antidopage (AMA). "J'assumerai toutes les conséquences", avait expliqué le champion olympique, avant de concéder que "être absent des rings un an ou deux ans, ce serait très dur pour moi", "un coup d'arrêt".

"Maintenant, Tony a une période qui va être un peu compliquée, il va falloir s'occuper sportivement. Je sais qu'il va faire du sparring-partner. C'est une période qui peut être courte: il va combattre en juin de l'année prochaine, il va falloir occuper les six prochains mois et après on sera dans l'approche du retour. Ce qui est un peu malheureux, c'est pour le reste de la "Team Solide" qui sont en contrat de promotion avec Tony", a expliqué son avocat Arnaud Péricard

   

AFP