Frédérick Bousquet et Fabien Gilot
Les sprinteurs Frédérick Bousquet et Fabien Gilot, présents aux Mondiaux de Barcelone 2003 comme 2013 | DR

Bousquet-Gilot, les papys font de la résistance

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A respectivement 29 et 32 ans, Fabien Gilot et Frédérick Bousquet disputent pour la deuxième fois les Mondiaux à Barcelone. En 2003, alors tout jeunes membres de l'équipe de France, ils étaient venus chercher le bronze en relais 4x100m. En 2013, ils ont le statut d'ancien, et sont bousculés par une nouvelle génération talentueuse. Mais ils ont déjà une médaille chacun cette année, Gilot l'or du relais, Bousquet le bronze du 50 pap.

Même lieu, même défi. Fabien Gilot et Frédérick Bousquet ont retrouvé le Palau Sant-Jordi, dix ans après l'avoir découvert lors des premiers Mondiaux à Barcelone. "Cela fait bizarre de revenir dix ans après, concède Bousquet. "Il y a quelques changements, mais il est aussi grand que dans mon souvenir." Gilot ne veut pas "mettre trop d'émotionnel" mais avoue "être content d'être là dix ans après. C'est une grosse fierté. Une carrière, c'est long, mais quand on voit la densité en France et sur le plan international, je peux être fier du parcours que j'ai réalisé. Ce sera l'une de mes fiertés d'avoir tenu si longtemps à très haut niveau." Pour l'instant, son collègue ne parvient pas à se rendre compte: "Quand on a la tête dans le guidon, on ne réalise pas."

A Barcelone, ils ne sont que huit à avoir franchi les années menant de 2003 à 2013. "Je ne suis pas le seul à être têtu", sourit Frédérick Bousquet. "Avec Fabien, on se supporte." Car la vie n'est pas si facile que cela pour les deux "anciens". "Je ne dis jamais des choses comme: 'De mon temps'", assure Bousquet. "Je me fais assez chambrer comme ça par les jeunes." Et pourtant, le Marseillais au crâne rasé évoque bien les temps plus éloignés: "C'était mieux avant, quand c'était moi qui bousculais les anciens. Là, ce n'est pas très agréable d'être bousculé par leur fougue, leur envie, leur impatience. Nous, on transforme cette fougue en expérience. Mais je préférais mon rôle plus jeune."

Plus à l'aise aujourd'hui qu'hier en Bleu

De 2003, chacun garde un souvenir, un ressenti particulier. "Moi, c'est la finale du 50m papillon, avec l'Australien Matt Welsh qui gagne en utilisant les poignets sur les plots, ce que seuls les Australiens faisaient. Il avait pris une telle avance au départ qu'il l'a conservée jusqu'au bout. J'avais trouvé ça impressionnant", se rappelle Fred Bousquet. Pour Fabien Gilot, "c'était ma première équipe de France A. Je sortais d'un Euro juniors avec le titre du 100m. C'était la découverte du très haut niveau. Cela m'a fait prendre conscience que j'aimais le sport de haut niveau."

De ces années où les Français faisaient des coups à la période actuelle où ils sont favoris pour certains titres, les deux hommes ont tout vécu. Et peuvent juger de l'évolution de ce groupe France. "Il fait bon vivre dans cette équipe", souligne Bousquet. "Il y a de l'honnêteté. Dix ans en arrière, on venait un peu à reculons en équipe de France. On avait de meilleures conditions dans nos clubs. Depuis quatre ans, on arrive, tout est calculé, organisé, le staff est hyper compétent et on s'épanouit. Je prends donc plus de plaisir qu'avant, et je me sens de plus en plus à l'aise." Fabien Gilot abonde dans ce sens: "En équipe de France, c'est facile d'y vivre, facile d'y performer." Et son copain conclut: "Il y a une dynamique qui se crée, mais pas pour écraser l'autre."

En 2003, les deux "jeunots" avaient conquis le bronze en relais 4x100m. "Quand je revois des photos de l'époque, c'est marrant parce que je fais vraiment gringalet à côté de Julien Sicot", rigole Fabien Gilot. Cette année, même s'ils ne sont plus les chefs de file de la natation tricolore, ils aspirent encore à mieux.

Vidéo: Bousquet déjà médaillé au 50m papillon