Usain Bolt à l'entrainement
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Bolt "modèle" scientifique

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Depuis qu'il est apparu sur la scène du sprint international, Usain Bolt n'a cessé d'intéresser les scientifiques qui ont tenté de percer le secret de sa vitesse eu égard à ses qualités intrinsèques, mais aussi à ce qui pourrait être considéré comme un un handicap, sa grande taille, qui ne lui assure pas un parfait aérodynamisme. Et pourtant, il gagne....

"Les athlètes sont bien plus grands aujourd'hui qu'au début de l'ère olympique. Sa taille lui permet d'avoir des fréquences de foulée importantes et de réaliser de très grand pas" estime Geoffroy Berthelot, chercheur à l'INSEP, spécialisé dans les performances sportives. "Elle explique aussi qu'il soit meilleur en milieu et en fin de course puisqu'il atteint sa vitesse de pointe après 60 m" ajoute-t-il. Usain Bolt a des prédispositions génétiques, mais il y a quand même des inconvénients à être trop grand. A cause de sa taille, il est moins aérodynamique. Sa résistance à l'air est sûrement un frein à ses performances".

C'est ce que révèle en effet une étude publiée récemment  par des physiciens mexicains qui démontre l'extraordinaire puissance que le sprinteur jamaïcain met en oeuvre face à la résistance de l'air. Selon le modèle développé, lorsqu'il a battu son record du monde en 2009, seulement 7% de l'énergie développée par Bolt durant les 9"58 de la course ont servi au mouvement de course lui-même, tout le reste étant absorbé par la traînée, la force imposée par les conditions terrestres, qui s'oppose à celle que le coureur exerce vers l'avant. "Le coefficient de traînée que nous avons calculé met en évidence les capacités exceptionnelles de Bolt.Il a été capable de pulvériser plusieurs records alors qu'il n'est pas aussi aérodynamique qu'il pourrait l'être",s'il était moins grand, commente Jorge Hernandez, le responsable de cette étude. Et il ajoute "bien sûr, si Bolt devait courir sur une planète avec une atmosphère beaucoup moins dense, il pourrait battre des records fantastiques".

Plus terre à terre Geoffroy Berthelot estime que, malgré tout, les paramètres physiologiques étant ce qu'ils sont, sans doute ne pourra-t-on désormais que grignoter quelques centièmes pour tenter d'améliorer les records, sachant que 95% des meilleurs performances mondiales se situent entre 9"67 et 9"72. "Scientifiquement, la limite ultime se situe autour de 9"40 sur 1OO m". Ce qui laisse encore un peu de marge pour les prochains frissons et les prochains records.

Vidéo: Bolt roi du 100 m

 

Vidéo: Bolt interviewé par FTV

 

 

Christian Grégoire