David Stern et Billy Hunter
Le sourire est de retour entre David Stern, de la NBA, et Billy Hunter, représentant des joueurs | AFP - GETTY IMAGES

Vers la fin du lock-out en NBA après un accord

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Les dirigeants de la NBA et le syndicat des joueurs ont fini par trouver un accord provisoire pour mettre fin au lock-out, après 149 jours de tension. Cet accord, qui doit être ratifié par la majorité des membres de chaque partie, entraînera le retour des joueurs NBA d'Europe aux Etats-Unis (Parker, Turiaf, Batum). La saison devrait débuter à Noël, comme un cadeau aux fans prévis de la pré-saison et de près de 2 mois de matches. Il y aura 66 matches, au lieu de 82.

Quinze heures de négociations finales. Voilà comment la NBA a réussi à débloquer une situation qui devenait périlleuse pour son économie, et ainsi s'éviter le désastre connu par les hockeyeurs de la NHL, qui avaient passé la saison hors des patinoires lors de la saison 2004-2005 en raison d'un lock-out. Elle est même parvenue à faire mieux qu'en 1998-1999, date du dernier lock-out long de 199 jours, où seulement 50 matches avaient pu se jouer par équipes. Douze matches de plus, c'est une énorme manne financière.

"Nous avons atteint un accord provisoire qui est soumis à l'approbation des diverses composantes, mais nous sommes confiants dans le fait d'avoir abouti pour permettre à la saison de NBA de débuter le 25 décembre." David Stern, le grand patron de la NBA, ne cachait pas sa satisfaction après cet accord. "Nous avons fait de notre mieux pour préserver nos propres intérêts et trouver une solution et ainsi préserver la saison", se félicitait Billy Hunter, le représentant des joueurs. Pour que l'accord entre en vigueur, il faut que 15 des 29 membres de la NBA le votent, alors que du côté des joueurs, il faut atteindre la majorité de ses 430 membres, mais ils doivent d'abord recréer leur syndicat et mettre fin à leurs actions en justice contre la Ligue sur la loi antitrust. Dissous le 14 novembre dernier, une nouvelle convention collective devra être signée une fois le syndicat reformé, et là, des discussions notamment sur le dépistage des drogues seront menées. Selon le New York Times, l'accord aurait été atteint avec une répartition à 50-50 des revenus, avec des contrats plus courts, plus petits, et l'établissement de pénalités plus sévères pour les équipes les plus dépensières. Avec une signature portant sur 10 ans, les deux parties s'engagent sur la plus longue période de l'histoire de la NBA, même si chacun pourra se retirer après la sixième année

Le retour prochain des exilés

En se mettant d'accord, joueurs et dirigeants ont remis sur les rails une saison réduite à 66 matches par équipes, au lieu des 82 habituels. Et les camps d'entraînement seront ouverts le 9 décembre, puisque jusque-là, avec ce lock-out, joueurs et clubs n'avaient plus le droit d'avoir des contacts, et personne ne pouvait donc s'entraîner. Rouvrir la saison pour Noël, outre l'aspect symbolique pour des millions de fans, permet surtout à deux énormes matches d'avoir lieu: la revanche de la dernière finale NBA entre Miami et Dallas, et la visite du dernier MVP, Derrick Rose, avec les Chicago Bulls sur le parquet des Los Angeles Lakers de Kobe Bryant. Deux affiches idéales pour relancer ce sport aux Etats-Unis, mais également dans le monde. Sans oublier le mythique New York Knicks - Boston Celtics. Selon David Stern, il faudra 30 jours de délai entre les signatures définitives de cet accord et la tenue du premier.

Cet accord aura des répercussions indirectes sur d'autres championnats. Car tous les joueurs NBA ayant "émigré" en Europe pour garder le rythme (Parker, Batum, Turiaf, Deron Williams, Seraphin, Mahinmi, Diaw, Kirilenko, Gallinari, Bellineli...) vont devoir reprendre le chemin de leurs habituels terrains, laissant leur actuelle équipe orpheline. Sur son compte tweeter, Nicolas Batum a ainsi déclaré, quelques heures après cette annonce, qu'il "espérait bien être de retour à Portland plus tôt que je ne le pensais". Et tous ces joueurs estampillés NBA pourraient bien vivre leur dernier week-end en Europe, afin d'être prêts pour la reprise de leur club US. Et les rêves de certaines formations de recruter les frères Gasol, Lamar Odom ou Kobe Bryant, va forcément tomber à l'eau, leur avenir américain s'étant éclairci avec cet accord.

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze