Tony Parker : "Si le huis clos dure plus d'un mois, c'est la mort du basket"

Publié le , modifié le

Auteur·e : Apolline Merle
Tony Parker
L'ancien joueur de NBA et président de l'Asvel, Tony Parker. | THOMAS SAMSON / AFP

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Dans un entretien accordé à L'Equipe, ce samedi 7 novembre, Tony Parker a fait part de son inquiétude pour le sport et pour le basket en particulier. Même s'il est favorable au huis clos pour maintenir le championnat, le gouvernement doit toutefois selon lui aider les clubs à tenir. Dans le cas contraire, Tony Parker prédit "la mort du basket français".

Tony Parker est inquiet. Dans un entretien accordé à L'Equipe samedi 7 novembre, l'ancien joueur de NBA et désormais président de l'Asvel, a confié ses craintes quant à la situation actuelle qui touche le pays et les conséquences du huis clos pour le sport professionnel. "Pour la première fois, je suis inquiet pour notre sport, mais aussi pour le sport français en général. La santé de tous est la priorité, il n'y a même pas à débattre là-dessus. Mais, si l'on veut survivre, j'espère que le gouvernement va faire les choses nécessaires, comme il l'a fait lors du premier confinement, pour nous aider à nous en sortir", appelle Tony Parker. 

"Il faut que l'on joue (...) Mais si ça dure plus longtemps, on va mourir ! Les clubs vont mourir. On ne peut pas jouer à huis clos toute une saison, c'est impossible"

Si pour lui, il est primordial de continuer à jouer, le huis clos n'est pas tenable dans la durée. "Il faut que l'on joue, ce serait très dangereux de s'arrêter encore, ne serait-ce que pour les athlètes en préparation pour les JO. Mais si ça dure plus longtemps, on va mourir ! Les clubs vont mourir. On ne peut pas jouer à huis clos toute une saison, c'est impossible. Il faut que le gouvernement nous aide. Ce serait bien qu'il retire les charges patronales, au moins sur la durée du confinement. J'ai peur pour le basket", confie le président de l'ASVEL Lyon-Villeurbanne.

Des millions d'euros de pertes 

"Si ça dure plus d'un mois, c'est la mort du basket. C'est pour cela que je suis clairement inquiet et que j'ai peur. Si on n'a pas d'aides, on va être obligés de mettre la clé sous la porte", poursuit-il. D'ailleurs, une première estimation des pertes a déjà été calculée par l'Asvel et confirme les peurs de Tony Parker. "On a commencé à faire des calculs, on a estimé les pertes, pour la Jeep Élite et la Pro B, à 23 millions d'euros, ce qui est considérable ! Il faut qu'on aille se battre pour que le gouvernement nous aide. Sinon, ce sera la mort du basket."

Plus qu'un constat de la situation, Tony Parker analyse le contexte actuel. "Pendant longtemps, le gouvernement a dit qu'il ne fallait plus que l'on dépende des collectivités, de l'argent de la ville, etc. C'est exactement ce que l'on a fait en développant le marketing, le partenariat avec nos sponsors. Mais là, ça nous tue. Il faut qu'on essaie de fédérer tout le monde pour tenter de trouver une solution et sauver le basket français."

Après avoir pris connaissance des problématiques de chaque club, Tony Parker souhaite maintenant monter au front pour obtenir des aides. "Je me sens prêt à avoir des discussions avec Jean-Pierre (Siutat, le président de la Fédération française), avec Roxana Maracineanu, pour trouver des solutions pour sauver notre sport." 

La ministre déléguée en charge des Sport n'a d'ailleurs pas attendu de recevoir Tony Parker pour lui répondre. En déplacement dans les Pyrénées-Atlantiques, Roxana Maracineanu a tenu à s'exprimer sur le sujet chez nos confrères de La République des Pyrénées. "Nous avons déjà apporté cette réponse, qui sont les 110 millions d’euros que nous allons apporter à tous les sports collectifs, et contrairement à ce qu’il dit dans l’article aussi au basket, au handball et au volley, pas seulement au football et au rugby. Il y aura une répartition faite entre les sports en tenant compte de leur dépendance à la billetterie et de leur situation financière. Tout ça sera étudié au cas par cas. Les derniers arbitrages sont en cours au niveau de la Commission européenne pour avoir l’autorisation de distribuer ces fonds." Avant d'ajouter : "Parallèlement, nous travaillons avec Bercy sur l’exonération des charges patronales sur les salaires. L’événementiel sportif est dans une situation particulière puisque la masse salariale doit être payée alors qu’il y a zéro recette en face."