Richard Dacoury 2
Richard Dacoury | PHOTOPQR/VOIX DU NORD TEAMSHOOT

Richard Dacoury : "En 1992, je suis sur le point de prendre ma retraite"

Publié le , modifié le

Il y a 20 ans, le Limoges CSP rentrait dans l’histoire du sport français. En remportant la Ligue des Champions d’Europe de basket 1993 face au Benetton Trévise de Toni Kukoc, les "Jaunes" devenaient la première équipe tricolore à se hisser sur le toit du Vieux Continent. Pour l’occasion, FranceTV Sport s’est entretenu avec plusieurs acteurs, commentateurs et spectateurs de la mythique finale, à Athènes. Jusqu’au 15 avril, date-anniversaire du titre, retrouvez chaque jour le témoignage d’un personnage qui vécu l’évènement de l’intérieur.

Deuxième partie de l’entretien avec l’un des plus beaux palmarès du sport français. Pour FranceTV Sport, « Dac » évoque l’homme qui a transcendé le CSP en 1993, le sorcier serbe Bozidar Maljkovic, et les prochaines retrouvailles avec ses coéquipiers de l’époque.

[Première partie de l’entretien]

« Je ne prends plus de plaisir »

Peut-on dire que le coach Bozidar Maljkovic vous a changé en tant que joueur, alors que vous aviez déjà 34 ans ?
J’ai une reconnaissance éternelle vis-à-vis de Maljkovic, et il le sait. Quand il arrive à Limoges, au mois de décembre 1991, je me pose plein de questions. Je suis sur le point de prendre ma retraite, tout simplement. Je ne prends plus beaucoup de plaisir, ni à m’entraîner, ni à jouer. Je n’apprends plus rien, je me sens en bout de course et sans objectif véritable. Et puis cet entraîneur débarque, auréolé de ses nombreux titres européens, porteur de tout ce savoir qui m’avait fait rêver pendant toute ma carrière… C’était le symbole du basket et de la culture yougoslave. Avec lui, je vais à nouveau apprendre quelque chose, découvrir les secrets de cette école. Sa venue me relance totalement.

Comment a-t-il opéré ?
Il me dit : « j’ai encore besoin de toi, tu es encore utile et j’ai des choses à t’apprendre ». Il me redonne des objectifs, des challenges et l’envie de m’entraîner. Il me montre que les choses que je pensais acquises ne sont pas totalement achevées. Il me rebooste totalement. Il n’y a pas de mot pour exprimer l’effet qu’il a eu sur moi. Il me redonne simplement l’envie, et m’ouvre de nouveaux horizons que je n’imaginais pas possibles avant lui. Je me suis donc lancé dans cette aventure en adhérant à son projet, en partageant la même vision du basket et avec toujours l’envie d’apprendre. C’est quelqu’un que j’admirais énormément avant, donc le côtoyer au quotidien, c’était invraisemblable.

Une expérience « indélébile »

Quels liens avez-vous conservé avec vos coéquipiers de cette épopée ? En revoyez-vous certains ?
Régulièrement, non. On est un peu tous dispersés partout dans le monde, en Russie, aux États-Unis. C’est un peu compliqué pour les étrangers surtout, Michael [Young], Jure [Zdovc], Willie [Redden]. J’en vois certains quand je vais assister à des matches de basket : Jim [Bilba] qui est assistant-coach à Cholet, je croise aussi parfois Jimmy Vérove ou Franck Butter, mais c’est le hasard des compétitions qui fait qu’on se rencontre. Je vois beaucoup plus souvent Fred Forte, mon ancien coéquipier et partenaire de chambre, aujourd’hui devenu le parrain d’une de mes filles. Mais au-delà de ça, il existe un lien qui nous rapproche quoi qu’il arrive. On a vécu quelque chose de tellement intense, ça a fait de nous un groupe particulier et uni, au moins par la pensée et les émotions qu’on a partagées. C’est indélébile.

Allez-vous tous vous revoir pour l’anniversaire du titre ?
Oui, tout le monde débarque, c’est génial. Il y en a que je n’ai pas vu depuis dix ans, plus pour certains. J’espère qu’on va tous se reconnaître… Ça sera un moment fort, je vais retrouver des proches.