Alain Weisz
L'entraîneur de Nancy, Alain Weisz | DR

Weisz: "Rebondir au SLUC Nancy"

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Alain Weisz, l’entraîneur du SLUC Nancy, a dévoilé les ambitions du club lorrain à l’entame de cette saison 2013-14 de Pro A. L’ancien coach de l’équipe de France fait également le point sur le basket hexagonal, ses forces et ses faiblesses. Il faut innover, dit-il en substance.

Relancer Nancy

"C’est un challenge très intéressant. Je suis très content de rebondir à Nancy après avoir connu une année mitigée à Antibes. On était premiers à la fin des matches aller. Mes joueurs m’ont envoyé au All Star Game et après les choses se sont écroulées. Rebondir à Nancy est une très bonne chose parce que c’est un grand club. C’est une ville où le basket est important. Une petite ville mais une grande agglomération. Il y a une tradition : neuf ans de bons résultats et une année difficile. Relancer un club, je l’ai déjà fait dans ma carrière et ça me plaît. Ce n’est plus le Nancy d’avant qui était le club le plus riche de France. Mais on a constitué un bel effectif en prenant des risques sur certains jeunes américains, l’intégration du jeune Benjamin Sene, ou l’arrivée de Florent Piétrus. On va voir ce que ça donne".

Viser les play-offs

"J’ai un contrat de deux ans, ça c’est une chose. Le président m’a dit : « Fais tout ce que tu peux ». C’est tout. Il n’y a jamais eu un objectif chiffré. En début de saison, on vise les play-offs. Certaines équipes sont vouées à être en haut de l’affiche, on les connaît. Après il y a huit ou dix équipes qui visent les play-offs. On est dans cette frange-là sachant que je ne sais pas où sont les petites équipes cette année. Il y a vraiment un petit budget avec Le Havre, c’est vrai, mais sinon… Il faut rester prudent. L’an dernier, Nancy a évité la descente de pas grand-chose. Les années m’ont appris à être très humble par rapport à tout ça. Quand on est jeune, on se dit qu’on va tout casser, mais après on ne casse pas tout".

Booster le basket français

"On sait que le basket est en difficulté en termes d’image. Donc s’il faut jouer le mardi ou le dimanche à midi, on le fera. Ca ne se pose pas en ces termes. Qu’est-ce qui est urgentissime ? C’est qu’on parle du basket, qu’on puisse le voir à la télévision. Le fait que Canal diffuse un match tous les mardi, je trouve ça très bien. Ca permettra de parler du basket pratiquement toute la semaine. C’est ça qu’il faut faire. Qu’on puisse alors avoir quelques petits problèmes de préparation, ce n’est pas bien grave, même sin on pourrait avoir presque 15 jours d’écart entre deux matches. Si on ne joue pas de Coupe d’Europe, ça fait beaucoup d’arrêts, mais peu importe. Aujourd’hui on est en déficit d’images parce que les 25 meilleurs joueurs français ne jouent pas en France. Ca ne reflète pas le niveau du basket français, mais ça reflète la réalité des clubs français. Les clubs français n’ont plus rien fait au niveau européen depuis 15 ans".

Faire émerger des clubs de grandes villes

"Les investisseurs étrangers dans le basket, ça peut arriver. Le basket français a pris du retard parce qu’il est resté sage. Cette année par exemple, des joueurs américains de très bon niveau sont venus jouer en France parce qu’ils n’avaient pas été payés dans d’autres pays. Il peut donc se passer ce qu’il s’est passé dans le football avec Monaco et le PSG. La seule différence, c’est qu’on a de petites villes en basket. C’est pour ça que la démarche d’Alain Béral, avec ces wild-cards, était bonne pour grappiller une ou deux grosses villes. Ca n’a pas réussi cette année mais peut-être l’année prochaine. Ce qu’il se passe dans le basket français rassure des investisseurs. On n’est pas le meilleur basket européen, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais il y a une forme de bonne santé financière qui peut très bien décider des gens à investir. L’hémorragie qui a eu lieu dans notre basket à partir de 2000, on le paye aujourd’hui. Si on n’avait que 6 ou 7 joueurs en NBA, on arriverait à intégrer cette problématique, mais là ce sont 25 joueurs de haut niveau qui évoluent à l’étranger si l’on prend l’Espagne, l’Italie la Serbie…etc C’est trop. Je vais vous dire : le problème est financier. Un jeune va être payé 100 000 euros pour l’année. En NBA, c’est dix fois plus. Il n’y a pas moyen de lutter".