Andersen, Slaughter, Capela, Strasbourg, Chalon, 05/2014
Le Strasbourgeois Andersen se frotte aux Chalonais Slaughter et Capela | PHOTOPQR/JOURNAL SAONE ET LOIRE

Strasbourg se crispe, Limoges régale

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Premier de la saison régulière et vainqueur du quart de finale aller, Strasbourg, battu sur le parquet de Châlon-sur-Saône (91-81) devra en passer par un match 3 au Rhénus pour rallier le dernier carré. Un écueil qu'a évité Limoges, son dauphin, en surclassant une nouvelle fois Villeurbanne (74-96) grâce à sa force collective.

Clint Capela, Jordan Aboudou. Châlon a pu compter sur ses deux jeunes talents pour faire plier des Strasbourgeois emprunté. Elu meilleur jeune de ProA et ciblé par de nombreuses franchises NBA, le premier a joué à son niveau (11 pts, 6 rbds) après une sortie manquée en Alsace. Espoir du club aux qualités athlétiques impressionnantes, le second a carrément pris feu (15 pts à 6/7 aux tirs, 5 rbds). Dans le quatrième quart-temps, alors que la Sig et l'Elan étaient au coude au coude à la fin du troisième (60-60), les deux hommes ont pris le contrôle des airs et de la raquette pour donner dix unités d'avance décisives aux leurs. Dunks sur pick and roll et alley hoop en pagaille, le Suisse et son coéquipier français ont allié l'efficacité au spectacle dans un Colisée aux anges. 

Slaughter, Capela, Aboudou, trio gagnant

Avant ce final en apothéose, les locaux avaient démontré leur supériorité sans parvenir à la concrétiser au tableau d'affichage. Les visiteurs viraient en tête à la fin du quart-temps inaugural grâce à Antoine Diot, digne de son statut de MVP (5 pts, 4 pd en 10 minutes), et à la mi-temps, portés par Tim Abromaitis et son poignet brûlant (14 pts à 5/9 aux tirs). Ces performances individuelles ainsi qu'une défense de fer masquent les difficultés alsaciennes dans le jeu. Enorme lors du match 1, le trio nord-américain de Chalon Slaughter, Walker (11 pts), Joseph (17 pts à 7/12 aux tirs) sort de sa torpeur au retour des vestiaires. Ce dernier balance deux bombes longue distance pour offrir un 9-0 aux hommes de Jean-Denys Choulet en 1'30 (55-48, 25e).

A l'image des pertes de balle de Diot, Andersen et Lacombe, Strasbourg est au bord de la rupture. AJ Slaughter (22 pts, 8 pd), deuxième meilleur marqueur en saison régulière, pense les condamner avec cinq points consécutifs (60-52, 27e). C'était sans compter sur Axel Toupane (14 pts à 6/7 aux tirs). Limité à la portion congrue lors du quart de finale aller, le jeune strasbourgeois fait feu de tout bois (64-64, 32e). Slaughter régale son intérieur Capela et son ailier Aboudou qui martyrise l'arceau de la Sig (79-66, 35e). Diot égare un ballon, Lacombe manque deux lay-up faciles. Le sort en est jeté. Strasbourg, finaliste la saison dernière, devra en passer par un match d'appui pour filer en demi-finale.

Le CSP la joue collectif

Déjà écrasant de supériorité lundi à Beaublanc (92-56), le CSP Limoges,  emmené par un Adrien Moerman des grands soirs (21 points, 8/9 aux tirs dont 4/5 derrière l'arc, 4  rebonds), a une nouvelle fois largement pris la mesure de l'Asvel. Dans le sillage de leur intérieur dominant, les Limougeauds ont déroulé une belle prestation collective, tout juste entâchée par le retour des Villeurbannais à la mi-temps (46-46). Green (13 pts), Boungou Colo (17 pts, 5 bds, 6 pd), Reynolds (10 pts) et Green (13 pts) ont tous dépassés la barre des dix points côté limousin, Petro et Acker ajoutant 8 unités.

Dans le camp adverse, si Edwin Jackson a fait honneur à son statut de meilleur marqueur du championnat avec 19 points, et Amara Sy assuré son rôle de lieutenant (16 pts), les troupes de Pierre Vincent n'ont pas fait le poids. Sans doute un peu émoussés par leurs efforts pour recoller à la pause, ils ont pris l'eau dans un troisième quart-temps à sens unique (76-56),  qui a anéanti leurs chances de victoire. Demi-finaliste la saison dernière, les Rhodaniens quittent les playoffs sans avoir pu inquiéter Limoges. Sevré de phases finales dans l'élite pendant quatorze ans, le CSP peut lui espérer aller plus loin. Et Beaublanc avec lui. Les performances des hommes de Jean-Marc Dupraz en saison régulière n'étaient donc pas un feu de paille.

Jerome Carrere

Championnat de France de basket - Jeep Elite