Romeo Travis
Roemo Jarvis, le meilleur marqueur de Strasbourg | AFP - Elyxandro Cegara

Pro A: Strasbourg remet les pendules à l'heure

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Strasbourg a égalisé à une victoire partout en s'imposant à Chalon-sur-Saône (74-72) jeudi dans le Match 2 de la finale de Pro A disputée au meilleur des 5 rencontres. Après avoir été battus lors du 1er round, les Alsaciens ont fait la course en tête et ont su conserver suffisamment de ressources pour contenir le retour chalonnais en fin de partie. Ce sont eux maintenant qui sont en position favorable, puisqu'ils vont recevoir pour les deux prochains matches, pour aller chercher ce titre qui les fuit, alors qu'ils disputent leur 5e finale consécutive.

Désormais, la SIG est dans une position idéale pour conjurer le signe indien. Cette équipe ne semble jamais aussi forte que lorsqu'elle est dos au mur: dans un Colisée hostile, et sans son intérieur titulaire Erik Murphy blessé, elle a fait déjouer des Chalonnais pourtant dominateurs deux jours plus tôt lors de la première manche (89-75). Les chiffres parlaient aussi contre eux. L'Elan n'avait plus perdu depuis trois mois, soit treize matches, à domicile. La SIG, elle, ne s'était jamais imposée à l'extérieur en finale de ProA, en huit rencontres.

Travis montre la voie

Pour faire mentir les statistiques, les Strasbourgeois ont haussé de deux crans leur intensité, agressifs en défense comme sous les panneaux. Cela s'est vu dès la première possession: ainsi ont-ils capté quatre rebonds offensifs en moins d'une minute, soit autant que lors des quarante du match N.1 ! En chef de rebellion, Romeo Travis (16 pts) a montré la voie. Ses dix points du premier quart-temps ont permis de creuser un premier écart (15-21, 10e) que Chalon n'a pas su combler au suivant (32-40, 20e). Le collectif alsacien en a remis une couche au retour des vestiaires. Ancien de Chalon, AJ Slaughter a planté un tir longue distance qui jetait un froid dans le Colisée (35-49, 24e).

Le sursaut de Chalon

Le banc bourguignon est venu apporter son écot pour tenter de relancer la machine dans une bouillante salle chalonnaise qui voulait croire à un renversement de situation. Et les hommes de Jean-Denys Choulet se sont employés pour refaire leur retard dans un "money time" haletant, avec notamment le jeune Alex Bouteille onze points dans le troisième quart-temps (20 en tout), à'origine d'un 12-0 entre la 24e et la 29e minutes qui a bouleversé le cours d'un match promis aux Alsaciens (47-49, 29e). Mais Strasbourg semble apprécier ces situations compliquées, Jérémy Leloup a d'abord éloigné le danger d'un tir dans le coin décisif (59-63, 37e), suivi par Matt Howard plus tard (62-67, 39e). Chalon a jeté ses dernières forces dans la bataille, et s'est même offert une balle pour repasser devant à 20 secondes de la fin. Mais Travis, encore lui, chipait le dernier ballon à Fall pour sceller la victoire alsacienne.

Tout est à refaire dans cette finale. Cette fois, Vincent Collet, le coach strasbourgeois espère bien que les deux prochaines rencontres au Rhenus permettront enfin à ses couleurs de soulever le trophée.

Déclarations

Vincent Collet (entraîneur de Strasbourg)"Ce n'était pas la même équipe entre aujourd'hui et il y a deux jours (défaite de Strasbourg 89-75). Au tennis, le 3e set est très important. Samedi, ce sera très très important. Vous avez réagi après le premier match et on peut penser que eux voudront faire la même chose. Mais ce n'est pas important. On n'a pas à regarder ce qu'ils font. On doit se concentrer sur nous, venir avec le même esprit. Aujourd'hui, on les a détruits au rebond. On n'a pas mieux marqué qu'eux. On doit encore s'améliorer. Notre première mi-temps était bonne, mais pas la seconde. On a perdu de la concentration. Il n'y a eu qu'une bonne mi-temps."

Roméo Travis (ailier fort de Strasbourg): "On avait besoin de cette victoire, on ne voulait pas rentrer à la maison avec 0-2. Le rebond a été important aujourd'hui. Ils sont très bons offensivement. Au match 1, on ne les a pas touchés, là on ne les a pas laissés faire. Et on a fait des stops importants. Tout peut arriver, il ne faut pas penser à la série complète, mais match après match."