Nanterre
La joie des Nanterriens | AFP PHOTO KENZO TRIBOUILLARD

Nanterre, entrez dans le chaudron

Publié le , modifié le

Tombeurs des champions de France en titre (Chalon) après avoir balayés les vainqueurs de la saison régulière (Gravelines-Dunkerque), les basketteurs de Nanterre ont continué d’écrire, mercredi soir, une histoire féerique digne des plus beaux scénarios hollywoodiens. Récit d’une soirée renversante.

« Le Burundi du basket ». C’est par ces mots et avec une ironie à peine teintée que Pascal Donnadieu qualifiait hier soir la JSF Nanterre. Son club, son œuvre, qu’il gère d’une main calme et sereine depuis 1987, lorsque l’équipe familiale accédait tout juste à la première série départementale. Mais ça, c’était avant. Ce 22 mai 2013, aux alentours de 22h30, sa bande de « braqueurs » a réalisé l’un des plus grands exploits de l’histoire du basket français en se hissant en finale du championnat de France de Pro A. Et au septième ciel.

« Même pour un film, on aurait trouvé ça too much »

Le cadre, pourtant, n’avait rien de magique. Le Palais des Sports Maurice Thorez, 1500 places qui font grincer les dents de la ligue, un toit en béton trop bas, beaucoup trop de pieds sur le parquet et autant de rangées de sièges que dans la simple section V.I.P d’une arène NBA. Mais c’est « le théâtre de leurs exploits », défend le coach des rivaux du Paris-Levallois, Christophe Denis. « Ils doivent jouer là ».

Pour le premier accueil d’une équipe de télévision dans l’histoire du club – les tribunes n’étant situées que d’un côté de la salle, les caméras filment un mur agrémenté d’un trompe-l’œil –, la JSF s’est tant bien que mal organisée. Quelques estrades de bois, trois tables, un bout de tissu noir, et l’affaire est dans le sac. Deux heures avant le grand moment, pourtant, la mise en place est encore chaotique. Affairé à finaliser cette installation sommaire, un employé du club, entre deux bouffées de sueur et une chute de chaise, souffle : « On s’adapte. Tout change ».

Après avoir écumé toutes les salles de France, David Cozette, commentateur pour Canal+, s’apprête quant à lui à vivre une grande première. « C’est très compliqué de filmer, mais on ne pouvait pas manquer ça. C’est un match spécial. Passer du niveau départemental à la Pro A, avec le même coach, même si on avait voulu en faire un film aux USA, on aurait trouvé ça too much ». Au-dessus de sa tête, une bannière rappelle l’ascension de la JSF, 11 montées sans aucune descente en 24 ans, jusqu’à l’élite du basket français. Derrière lui, les premiers irréductibles supporters chantent et agitent déjà des cœurs découpés dans du papier vert et blanc. Le match commence dans près d’une heure et demie, et ils sont prêts à passer la soirée de leur vie.

20h30, présentation des joueurs. Les tribunes débordent et l’atmosphère est déjà étouffante, mais ici, on ne siffle pas l’adversaire. Pas un, sans doute pour réserver ses cordes vocales. Le match débute sous les « ici, c’est Nanterre ». Et ici, chaque panier fait autant de bruit que si c’était celui de l’année. Les tribunes de Maurice Thorez, qui n’auraient même pas été autorisées à accueillir la demi-finale si la mairie de Nanterre n’avait pas insisté, en trembleront tout le match. Et quel match.

20h30, présentation des joueurs. Les tribunes débordent et l’atmosphère est déjà étouffante, mais ici, on ne siffle pas l’adversaire. Pas un, sans doute pour réserver ses cordes vocales. Le match débute sous les « ici, c’est Nanterre ». Et ici, chaque panier fait autant de bruit que si c’était celui de l’année. Les tribunes de Maurice Thorez, qui n’auraient même pas été autorisées à accueillir la demi-finale si la mairie de Nanterre n’avait pas insisté, en trembleront tout le match. Et quel match.

20h30, présentation des joueurs. Les tribunes débordent et l’atmosphère est déjà étouffante, mais ici, on ne siffle pas l’adversaire. Pas un, sans doute pour réserver ses cordes vocales. Le match débute sous les « ici, c’est Nanterre ». Et ici, chaque panier fait autant de bruit que si c’était celui de l’année. Les tribunes de Maurice Thorez, qui n’auraient même pas été autorisées à accueillir la demi-finale si la mairie de Nanterre n’avait pas insisté, en trembleront tout le match. Et quel match.

Menée de 9 points à la fin du premier quart-temps, la JSF s’accroche à son rêve grâce à une insolente adresse longue distance, et à l’incapacité de la défense chalonnaise à s’ajuster face à tant d’engagement. A 10 minutes de la fin, sur une prière improbable de Juan Palacios, Nanterre prend les commandes (60-59). Dans une fin de match d’une intensité folle, les visiteurs créent un nouvel écart, mais le retour de David Lighty, Chris Warren et des leurs, est écrit. A 82 partout, le teardrop du meneur chalonnais Marcus Denmon à la sirène fait le tour du cercle et échappe au filet. La prolongation est survolée par Trent Meacham et les petits poucets de Nanterre, transcendés par l’enjeu.

« Au-delà de nos forces »

Il reste 10 secondes sur l’horloge, mais Stephen Brun a déjà lancé son maillot dans les tribunes. Le tableau d’affichage indique 103-91. L’un des plus petits budgets du basket français, la plus petite salle de Pro A, vient de valider son ticket pour la finale du championnat et un tour préliminaire d’Euroligue. « C’est fabuleux, fabuleux », lâche Donnadieu, ému aux larmes pendant que ses joueurs font le tour du parquet sous une marée humaine. « Notre fantastique public nous a transporté plus loin, au-delà de nos forces ».

Bien au-delà du match, aussi : jusqu’à minuit, le parquet restera occupé par des fans aux anges. Auteur de plusieurs déclarations critiques envers les infrastructures du club au vu de son nouveau statut, le Président de la Ligue nationale de basket Alain Béral ne bougera pas non plus, soufflé par la performance des Verts. Alors que l’excitation peine à retomber, il évoque, malgré ses récents propos, « une histoire qu’on aura plaisir à raconter ». Un bel euphémisme pour qualifier la plus incroyable épopée sportive française de ces dernières années.