David Lighty
David Lighty (Nanterre) sous le maillot de Nanterre | AFP - KENZO TRIBOUILLARD

Nanterre en plein conte de fée

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Nanterre confirme ses exploits match après match. Après avoir eu la peau de Gravelines en quart de finale, la JSF s'est offert le scalp du champion en titre Chalon-sur-Saône. Dans une demi-finale retour de très haute volée, les Verts se sont imposés 103-91 après prolongation. Le conte de fée continue d'autant que Nanterre, en se qualifiant pour la finale contre Strasbourg ou Villeurbanne, accède au minimum au tour préliminaire de l'Euroligue. Auteur de 24 et 5 passes, Trenton Meacham a été élu homme du match.

Télévisé pour la première fois de la saison à domicile, Nanterre a dévoilé son mur. Un mur que la LNB aurait bien voulu cacher et que la JSF a habilement décoré par une immense photo de ses supporters lors de la finale de la Coupe de France à Bercy. Un joli trompe l'œil qui faisait paraître double la petite la salle francilienne. Au niveau du son, ce n'était pas 1.500 cœurs mais bien plus qui résonnaient derrière son équipe. Un nouveau mur du son… Le président de la ligue Alain Béral craignait que la présence de Nanterre ne porte préjudice à l'image du basket français. Il doit être rassuré d'avoir vu tant de médias au palais des Sports et tant de messages sur les réseaux sociaux. En tout cas, jouer les petits poucets ne suffit plus à la bande à Donnadieu. Depuis qu'ils ont fait la moitié du boulot en s'imposant à Chalon, la belle histoire ne pouvait pas s'arrêter là.

Une soirée mémorable

Dans la fureur et le bruit, elle s'est encore élevée au point qu'on en parlera surement dans quelques décennies. Les anciens évoqueront ce vaisseau de béton où ils avaient pris place lors de cette soirée pas comme les autres. Ils conteront cette course derrière l'Elan qui avait sorti le grand jeu pour conserver son trophée. Blake Schilb plus discret qu'à l'habitude (12 pts), Greg Beugnot s'était reposé sur Shelden Williams et ses 18 pts et 9 rebonds. En début de match, Michel Jean-Baptiste Adolphe avait ouvert un tel chantier dans la raquette que Nanterre peinait à suivre. En attendant l'allumage des shooteurs fous Lighty et Warren, Meacham et Passave-Ducteil avait maintenu les Verts à flot sous les dix points (19-28, 10e). La réussite fuyante de la JSF commençait à inquiéter. Elle n'a pas construit ses succès sur la défense mais sur sa boulimie à 3 pts.

Chalon dégoupille

Sous la pression du public, Chalon tenait sa revanche quand un grain de sable grippa la machine. A 35-26 pour ses joueurs, Greg Beugnot recevait une faute technique. Un excès du banc chalonnais peu apprécié par le corps arbitral. Nanterre en profitait pour revenir dans le match grâce notamment à deux tirs primés de Brun et Lighty (36-36, 17e). Si l'adresse baissait légèrement après la pause, l'intensité montait d'un cran. Un combat que seul les playoffs peut fournir. Cela convenait bien aux Franciliens qui repassaient en tête au buzzer du 3e quart-temps sur un shoot de Palacios après une passe involontaire (60-59). Greg Beugnot n'en revenait pas. Comme s'il fallait aussi lutter contre la chance, l'Elan haussait encore son niveau. Williams et Denmon poussaient la JSF dans ses derniers retranchements (63-68, 34e) mais Lighty et Warren avaient du répondant (69-70).

Meacham ce héros

Sur un fil, Nanterre faisait l'élastique. Mais jamais il ne cassa. Comme dans un concours à 3 pts, Chalon répondait à l'adresse insolente de Nanterre et vice versa. La fin était plus que brûlante. Meacham ne tremblait pas sur la ligne pour Nanterre mais c'est Chalon qui avait la belle en main en captant un flot de rebonds offensifs puis en s'offrant la dernière possession. Une occasion ratée par Marcus Denmon au buzzer (82-82, 40e). "Ça s'est joué sur l'adresse, a expliqué Greg Beugnot qui devrait quitter Chalon. Nanterre a fait ce qu'il fallait, nous aussi  et c'est ce qui est étrange. Notre saison s'est jouée sur trois paniers, c'est  ça qui est le plus frustrant." Les Franciliens avaient cinq minutes pour écrire la fin de l'histoire. Le meneur vétéran de la JSF y mettait tout son cœur et son talent pour soigner ses vers. Aux lancers ou à 3 pts, l'Américain faisait pencher la balance du bon côté (94-89, 44e) malgré un Evtimov vaillant. Toutefois, Chalon rendait les armes aux pieds du peuple vert dans une prolongation à sens unique (103-91). La France n'a pas un nouveau roi mais elle a déjà un superbe finaliste.

Réactions

Pascal Donnadieu (entraîneur de Nanterre):  "On est allés au bout de nous-mêmes, on n'a jamais triché. C'est fabuleux,  fabuleux. Notre fantastique public qui nous a transporté plus loin, au-delà de  nos forces. On savait que ce ne serait pas facile car Chalon est une très belle  équipe et elle l'a encore montré ce soir".
   
Stephen Brun (intérieur de Nanterre): "C'est beaucoup de joie, beaucoup  d'émotion. On a eu du mal à réaliser, je n'ai plus les mots. On était au bord  du gouffre, Chalon a fait un match formidable, et on a encore trouvé les  ressources. Ce sport est magnifique. Si tu m'avais dit que Nanterre était en  finale je t'aurais répondu: +T'es bourré! Rentre chez toi!+ Mais aujourd'hui on  n'est plus une surprise par rapport au basket qu'on propose. Par rapport au  budget peut-être. Mais tout le monde a vu qu'on joue bien, qu'on est une grande  équipe de basket. Maintenant la finale, faut voir. On commence à être fatigués.  Mais on se dit pourquoi pas?"
   
Trenton Meacham (meneur de Nanterre): "On s'est amusés ce soir! Quel public  incroyable! C'est une aventure magnifique. On a dû traverser pas mal de choses  pour en arriver jusque-là. On s'est accrochés, on est toujours restés ensemble  et là on produit notre meilleur basket au meilleur moment. On a mis nos tripes  sur le parquet ce soir. Maintenant la finale... On est très excités. Mais on  n'a pas encore fini le job."