La fin des JFL en Pro A ?

La fin des JFL en Pro A ?

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La règle des Joueurs formés localement (JFL) en vigueur en championnat de France de Pro A connaîtra peut-être sa dernière saison en 2015-2016. La Commission européenne la juge "discriminante" vis-à-vis des joueurs étrangers et estime qu'elle "entrave la libre circulation des travailleurs de l'Union".

Et si le système JFL, cette règle très contraignante pour les clubs de Pro A, s'écroulait ? Mise en place en 2010 par la Ligue nationale de basket, elle oblige les clubs français à disposer dans leur effectif de cinq joueurs dits "JFL" sur dix (six et sept si l'effectif monte à onze ou douze joueurs). Un JFL, c'est quoi ? Pour être JFL un joueur doit avoir eu une licence dans un club français pendant quatre années entre douze et vingt et un an. De fait, ce système créé une course au JFL chaque saison, faisant du même coup gonfler artificiellement les salaires de ceux-ci, l'offre étant inférieure à la demande.

L'exemple de l'Espagne

Le championnat espagnol de basket disposait du même règlement jusqu'il y a peu. Jusqu'à ce que la Commission européenne ne la mette en demeure de la supprimer. Les dirigeants ont obtempéré. Pour le moment, la LNB n'a pas été inquiétée. Alain Béral, le président de la ligue, "ne se sent ni en infraction avec l'esprit ni avec la lettre des textes européens". Pourtant le débat est ouvert. En 2013, François Lamy, agent de joueurs, a déposé un recours devant la Commission européenne pour dénoncer la règle. S'il se dit en faveur des JFL, il regrette, dans les colonnes de L'Equipe, que "cela a créé un double marché avec une inflation démesurées dans les salaires pour certains et moins d'opportunité pour d'autres".

Un vivier très faible ?

Autre problème selon François Lamy: "la règle a surtout ignoré le faible réservoir de JFL". Ce qui a conduit a l'explosion des salaires. "On s'est retrouvé avec des joueurs quota, là pour faire le nombre" ajoute-t-il. Pour lui le système n'a rien changé au sort des jeunes formés en France "qui ne jouent pas plus à quelques rares exceptions près".

Aujourd'hui, le basket est le sport le plus contraignant sur joueurs formés localement. L'UEFA impose huit joueurs sur 25 dans l'effectif des clubs qualifiés en Coupe d'Europe soit une proportion d'environ 32%. Le rugby monte à 55% et le basket atteint 50% à 60% selon la taille de l'effectif. Une situation "intenable et illégale" selon François Lamy dans L'Equipe.

Christophe Gaudot @ChrisGaudot