Claude Bergeaud
Claude Bergeaud, le coach de Pau-Orthez | PHOTOPQR/LE PROGRES

Bergeaud: Pau doit faire du passing game

Publié le , modifié le

Claude Bergeaud, l'entraîneur de Pau-Lacq-Orthez, souhaite que ses joueurs concilient humilité et ambition à l'aube d'une saison de Pro A qui s'annonce captivante mais périlleuse pour le promu béarnais. Il espère parvenir à établir un vrai jeu de passes qui fera la force des Vert et Blanc contre les grosses armadas de la ligue dont le grand rival, Limoges.

Quelles sont les ambitions de Pau-Orthez cette saison ?
Claude Bergeaud : Quand on vient de ProB, on est toujours partagé entre l’humilité de se dire que nous sommes petits, mais aussi l’ambition de nous dire que nous devons redevenir ce que nous avons été par le passé, c'est-à-dire être dans le haut du championnat. Nous avons construit une équipe certes modeste mais qui vouloir être ambitieuse. Nous n’avons pas augmenté notre budget mais nous avions déjà un budget conséquent en ProB l’année dernière. Donc nous sommes contents d’afficher de l’ambition mais aussi de la raison vu notre statut de promu.

Les supporters béarnais doivent être contents de retrouver les rivaux historiques, Limoges et Villeurbanne. Mais est-ce qu’ils n’attendent pas trop de votre équipe ?
CB : Oui, le dilemme est fort. L’attente, au-delà de rencontrer des équipes prestigieuses du basket français, c’est de ne retrouver en Europe et de retrouver des grands noms type les Espagnols que nous connaissons bien puisque nous les voyons tous les dimanches à la télévision, Real, Barça, Vitoria. Moscou également. Bref, des clubs qui ont brillé en Europe et qui sont venus jouer au Palais des Sports ces dernières années. On aimerait les retrouver. On ne s’est pas fixé de dates mais on sait que le plus vite sera le mieux pour l’économie du club.

Quel style de jeu voulez-vous faire pratiquer à vos joueurs ?
CB : Le plus souvent, nous recrutons des joueurs pour pratiquer le basket que nous souhaitons même si ce n’est pas toujours le cas. Dans notre Sud-Ouest, on aime bien un engagement de tous les instants. S’il ne peut pas se faire sur la verticalité, il doit se faire au sol, par un gros combat avec de la dimension physique. Nous avons recruté des athlètes. On devrait pouvoir répondre présents de ce côté-là. La chose qui nous taraude le plus, c’est cet effort partagé et ce ballon partagé. On a développé depuis quelques temps un passing game. Tout le monde est passeur sur le terrain. Tout le monde peut faire des passes décisives. La recherche du joueur le mieux placé nous fait vivre tous les jours. C’est un basket qui plaît dans notre région et il faut s’adapter au monde dans lequel nous vivons. Ce n’est pas le cas de toutes les équipes que nous allons affronter. Beaucoup d’entre elles aiment les un contre un. Nous ce sera la finalité, l’aboutissement d’un travail collectif. C’est ce que nous essayons de mettre en place et qui n’est pas facile.

Combien de temps vous vous donnez pour revenir vers le haut du panier ?
CB : Cette année, nous pouvons ambitionner d’aller dans le Top 8, mais ce sera objectivement difficile compte tenu de l’effectif et surtout de la concurrence qui a un savoir faire, une habitude, des effectifs qui se sont stabilisés sur certains clubs. Ceci étant, on veut réussir dans le moyen terme, c'est-à-dire dans les deux ou trois ans. Au-delà, c’est utopique. Aujourd’hui, il faut ller vite. La société ncivile est comme ça. Il faut vivre avec son temps. Je ne vois pas pourquoi le sport échapperait à l’immédiateté des résultats.

Comment vous jugez de l’évolution de la ProA depuis l’époque où Pau dominait ?
CB : Je sais de quoi vous parlez. J’étais au milieu de la tourmente quand ça s’est passé. A la fin des années 90, début des années 2000, On en avait marre de voir Villeurbanne, Limoges et Pau. C’est le jeu de l’ouverture des joueurs étrangers qui a fait le nivellement par le bas. Toutes les équipes n’ont rien pu faire en Europe au même moment. Notre marché de joueurs américains n’était certainement pas du premier choix donc l’identité de jeu s’est perdue. L’identité du basket s’est perdue, les gens ne se sont plus reconnus là-dedans. Je sais qu’il y a des gens qui travaillent dur pour recouvrer cette oidentité là. On souhaite redevenir ce que nous étions mais certainement par d’autres moyens et sous d’autres formes, car on ne peut pas refaire une copie du passé, ça n’existe pas.