Ali Traoré
Le pivot limougeaud survole souvent les débats | Yuri Kadobnov - AFP

Ali Traoré, désormais géant vert

Publié le , modifié le

Match de haute volée, ce samedi soir (20h) au Colisée de Chalon, pour le compte de la 5e journée de Pro A, entre l'Elan et le CSP. Dans les rangs de Limoges, un nouveau venu s'est parfaitement fondu à la philosophie des champions de France. Grâce à son expérience et son don inné pour les gestes atypiques, Ali Traoré est vite devenu essentiel dans son rôle de pivot. Du haut de ses 2,05 mètres, "Bomayé" régale à chacune de ses prestations.

La tête dans les étoiles. Un petit séjour en Croatie et, au bout de cette virée en Euroligue, un succès jeudi soir contre le Cedevita Zagreb (84-80) qui ravive les souvenirs. Ceux d'un CSP Limoges, roi d'Europe dans les années 1980-1990. Cela faisait dix-huit ans que le club limousin n'avait plus glané un succès à l'extérieur dans l'épreuve continentale. Un homme a forcément contribué à cet exploit. Recruté à l'intersaison, en provenance directe de Strasbourg, Ali Traoré apporte toute son expérience au groupe limougeaud. Avec quarante-trois matches à ce niveau, de Malaga à Moscou, le Franco-Ivoirien a un fameux pedigree. Après avoir paraphé un contrat de deux ans en faveur du CSP en juillet dernier, dans le but de remplacer le Brésilien Batista, le pivot de 2,05 mètres (30 ans) s'est fendu d'une déclaration certes consensuelle, mais sincère : "C'est un honneur de rejoindre Limoges. C'est un club qui représente quelque chose dans le paysage du basket français."

Parole à la défense

Après un parcours atypique qui l'a conduit de son ASVEL formatrice à la Russie (Lokomotiv Kouban), en passant,  quand il était teenager, par une année US dans l'Idaho, puis par Roanne, Le Havre, Virtus Roma, l'Alba Berlin, Nanterre, sans oublier une parenthèse "exotique" au Liban, en 2014 à Amchit, Ali Traoré a tout du globe-trotter débonnaire. Seulement, sur un parquet, c'est un monstre. Ambidextre, son style est difficilement déchiffrable et ses tirs, redoutables. Main droite, main gauche, peu importe ! Pour ne rien gâter, le désormais géant vert a durci le ton en défense. Aux rebonds, les stats s'affolent. "Bomayé" ne lâche plus rien, sans risquer de sortir de son match, comme parfois dans le passé. Plus tonique qu'avant dans la raquette où, auparavant, sa bonhomie lui jouait des tours. "J'en ai marre de cette étiquette, lâchait-il récemment dans L'Equipe. L'an passé, à Strasbourg, on était la meilleure défense. Ce n'était pas "grâce" à moi, mais je jouais mon rôle." En tout cas, le plus heureux de son arrivée au CSP  n'est autre que Philippe Hervé, qui fut son coach en Espoirs à Villeurbanne. "Ali, on l'a choisi pour son talent offensif, précise le coach limougeaud. On sait à quel point on en a besoin, comparativement à la saison dernière."

Expert sur Twitter

Ce samedi soir au Colisée de Chalon, contre l'Elan, autre formation en forme de ce début de saison, le numéro 24 de Limoges compte mener le champion de France en titre vers une quatrième victoire en Pro A... et la deuxième de suite à l'extérieur cette semaine. Parfaitement intégré au cinq majeur chez les Cerclistes, le "Magicien" s'entend déjà à la perfection avec les Américains Randy Culpepper et Will Daniels, mais aussi avec l'Allemand Heiko Schaffartzik, sans oublier les incontournables Nobel Boungou-Colo et Léo Westermann. S'il poursuit sur ce rythme, Vincent Collet pourrait être tenté de le rappeler chez les Bleus. En attendant un retour au côté de Tony Parker, c'est promis, si un nouveau succès est assuré en Bourgogne ce samedi soir, contre Chalon, Ali reprendra immédiatement contact avec les twittos. Une vieille habitude chez lui dans laquelle il excelle. Aussi à l'aise portable en main que sous les paniers.

Nicolas Gettliffe