Paul Lacombe opte "pour une nouvelle saison en septembre"

Publié le , modifié le

Auteur·e : David Malarme
Paul Lacombe
Paul Lacombe | Ann-Dee Lamour / DPPI via AFP

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Paul Lacombe est l’un des joueurs majeurs de la Jeep Elite. Avec Monaco, l’arrière-ailier international de 29 ans, était leader du championnat (à égalité de points avec l’ASVEL et Dijon, mais avec un meilleur goal average) au moment de la suspension des compétitions de basket le 12 mars dernier. Aujourd’hui, il est soulagé de savoir que le jeu ne reprendra pas avant septembre.

Tout d’abord Paul, comment se passe votre confinement ?
Paul Lacombe :
"Je suis à Beausoleil, juste au-dessus de Monaco. J’ai de la place, une terrasse, des bonnes conditions. Mais là, franchement, ça commence à être long. On attaque la sixième semaine. Les dix premiers jours, je n’ai vraiment rien fait, dix jours de vacances totales. Depuis, je me remets en forme avec un but en tête : être prêt le plus correctement possible le 11 mai, si on peut enfin retourner à la salle. C’est mon challenge personnel."

Avez-vous des contacts avec des coéquipiers ?
PL :
"Notre préparateur physique nous fait des séances collectives en visio, et puis on a un groupe WhatsApp, mais tout ça reste virtuel. On fait un sport collectif et les coéquipiers, ça manque, forcément. Normalement, on se voit tous les jours ou presque et là ça fait plus d’un mois qu’on est séparé."

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La semaine dernière, la Ligue Nationale de Basket a décidé de suspendre la saison jusqu’en septembre, quel est votre sentiment ?
PL :
"C’est un soulagement que le championnat soit stoppé jusqu’à cette date, la Ligue aurait même dû prendre la décision plus tôt. Pour nous, joueurs, la chose la plus importante était de ne pas reprendre en juin, il y a encore trop de flou par rapport à la crise sanitaire, l’intégrité des joueurs passe avant tout. Et puis, pour être prêt individuellement et collectivement, il faut six semaines minimum, donc en arrêtant le confinement le 11 mai, faites le calcul…"

"un titre gagné comme cela n’aurait pas la même saveur"

La Ligue travaille sur différents scénarios : arrêter définitivement la saison et en reprendre une nouvelle en septembre, ou alors reprendre la saison 2019-2020 en septembre (il reste 9 journées à jouer) et la fusionner avec la saison 2020-2021. Quelle option préférez-vous ?
PL :
"Moi, je préférerais qu’on arrête ici et qu’on recommence une nouvelle saison en septembre. Cet été, des joueurs vont changer d’équipes, ce ne sera plus les mêmes formations qu’au mois de mars. Ça n’a pas de sens, ce serait injuste de commencer une saison avec certains joueurs et de la finir avec d’autres. Et puis pour les équipes qui jouent les coupes d’Europe, ça ferait un nombre de matches trop élevé. Pour les clubs, plus on joue, plus c’est intéressant financièrement. Il y a les diffuseurs aussi qui veulent leur quota de basket. Le sportif et l’économique ne tirent pas toujours dans le même sens, mais nous, les joueurs, on a l’aspect affectif, on veut finir la saison avec les mêmes coéquipiers. Pareil pour l’Eurocoupe (Monaco est qualifié en quarts de finale). S’ils font un Final 8 en septembre, la compétition serait complètement tronquée avec des équipes différentes et à court de forme. Les équipes tournent à plein régime en mars-avril, lorsque les phases finales arrivent et pas au mois de septembre, surtout après une si longue coupure."

Si la saison s’arrête là, la Ligue pourrait déclarer Monaco champion, comme le handball l’a fait avec le PSG (leader au moment de l’arrêt)…
PL :
"Personnellement, je ne cracherais pas sur un titre de champion de France, moi qui cours après depuis de si longues années (5 finales perdues consécutivement avec Strasbourg et Monaco entre 2014 et 2018). Mais un titre gagné comme cela n’aurait pas la même saveur. En basket, le titre se joue pendant les playoffs, donc sans playoffs, ce n’est pas un vrai titre. Et puis on n’a pas non plus survolé le championnat : on était à égalité de points avec l’ASVEL et Dijon. On verra bien."

David Malarme