Tony Parker
Tony Parker sous les couleurs de l'ASVEL | AFP - PHILIPPE DESMAZES

Parker, retour vers le futur

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Il y a 10 ans, Tony Parker disputait son dernier match en ProA avec Paris face à l'ASVEL, avant de faire ses valises pour San Antonio et la NBA. Ce soir, il sera avec le maillot de Villeurbanne pour défier les Parisiens à l'Astroballe. Ce match très attendu de cette 2e journée de ProA éclipsera des affiches importantes, comme Pau-Le Mans, Orléans-Chalon (également ce soir) ou encore un Nancy-Strasbourg qui sent la poudre, comme le Gravelines-Roanne, samedi.

Cela fait quinze jours que cette date est inscrite sur tous les agendas. Depuis l'annonce de son engagement en tant que joueur avec l'ASVEL, Tony Parker a irrémédiablement braqué tous les projecteurs sur ce premier match personnel, le deuxième de son équipe cette saison en ProA.

Une attente encore un peu plus forte du fait de la défaite des Villeurbannais lors de la 1ère journée, et du fait qu'il s'agit de Paris-Levallois en face. Après une dernière année éblouissante à l'INSEP, c'est dans le club parisien que le jeune "TP" a fait ses premiers pas dans l'élite nationale en tant que professionnel, brûlant toutes les étapes pour décrocher sa place en équipe de France puis taper dans l'oeil des recruteurs de San Antonio, et ainsi s'envoler pour la NBA, à seulement 19 ans. Pour son dernier match avec le Paris Basket Racing, le natif de Bruges affronte et s'incline contre... l'ASVEL. Et c'est aussi à Paris qu'il a fait ses premières armes comme actionnaire de club en 2004, avant de se retirer deux ans après et d'arriver à Villeurbanne en 2009. En ce 14 octobre, c'est avec le maillot vert villeurbannais qu'il posera le pied à l'Astroballe, après avoir foulé ce parquet depuis une semaine à l'entraînement avec ses nouveaux coéquipiers. Des joueurs qu'il a recrutés durant l'été puisqu'il est devenu vice-président et directeur des opérations basket du club. Le tout sous la houlette de Pierre Vincent, l'homme qui l'avait conduit avec Diaw, Turiaf et autres Piétrus au sacre européen avec les Espoirs, voici onze ans.

Le collectif de l'ASVEL en danger ?

Pour ses premiers pas dans le championnat de France, Tony Parker n'a pas fait qu'attirer les médias, il a aussi permis à l'Astroballe de faire le plein. Et tant que le lock-out durera en NBA, sa présence à l'ASVEL provoquera à chaque fois cet engouement populaire. Il reste une question à laquelle son collectif va devoir apporter une réponse: peut-on jouer avec le N.9 sans déjouer ? Forcément, chacun aura envie de se reposer sur lui, et le joueur des Spurs ayant également une propension à prendre le jeu à son compte, le risque serait d'avoir un collectif appauvri sur le parquet. Et pour accrocher son premier succès de la saison, l'ASVEL a besoin de tout le monde, et notamment de ses joueurs qui avaient été plutôt impressionnants lors des qualifications de l'Euroligue. Pierre Vincent a prévenu ses hommes: "On peut aussi perdre des matches avec Tony. Le basket est un sport collectif et on a besoin de tout le monde sur le terrain. Ce serait une grave erreur de la part de ses partenaires de penser qu'ils peuvent se décharger de certaines responsabilités sous prétexte que Tony est là. Tony n'a jamais existé sans les autres." Et Léo Westermann, jeune capitaine de l'équipe qui a cédé son N.9 à Parker, reste optimiste: "Son arrivée va rendre notre équipe beaucoup plus compétitive. Toutes les défenses seront tournées vers lui ce qui va nous offrir des espaces et des tirs ouverts".

Si toutes les caméras seront braquées sur ce match ASVEL - Paris-Levallois, d'autres rencontres comportent un énorme intérêt et apporteront sans doute plus d'enseignements sur la saison. Vainqueur de Nanterre à domicile lors de la 1ère journée, Le Mans se rend à Pau-Orthez, qui a de son côté ramené la victoire de Hyères la semaine dernière, dans une confrontation entre anciens champions de France, désireux de retrouver leur lustre d'antan. Après avoir frappé un grand coup en battant Gravelines (77-73) à domicile, Chalon-sur-Saône va de son côté à Orléans certainement vexé d'avoir été surpris à Poitiers lors de son entrée en lice.

Samedi, Gravelines voudra effacer sa défaite lors de la réception de Roanne qui a fait belle impression en ouverture face à l'Asvel. Le tenant du titre de Nancy, avec l'autre membre "NBA" de l'équipe de France Nicolas Batum, devra, lui, se méfier du Strasbourg de Vincent Collet, le sélectionneur des Bleus.