DeMar DeRozan (Toronto Raptors) face à Deron Williams (Brooklyn Nets)
DeMar DeRozan (Toronto Raptors) face à Deron Williams (Brooklyn Nets), l'affiche de ce premier tour | RON TURENNE / NBAE / GETTY IMAGES / AFP

Toronto-Brooklyn, duel de générations

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Affiche du premier tour à l’est, le Toronto-Brooklyn sent la poudre pour plusieurs raisons. Si les Nets n’ont fini que 6e de la conférence après un début de saison raté, ils sont favoris pour beaucoup d’observateurs. Et pourtant, les Raptors ont les dents aiguisés.

Entre une franchise qui a astucieusement choisi Brooklyn pour s’installer tout en recrutant des stars confirmées et une autre, la seule à ne pas être sur le territoire américain, bien moins glamour sans joueur majeur, la balance de popularité penche forcément en faveur de la première. Deux ans après son déménagement à Brooklyn, la franchise des Nets, s’est installée dans le paysage new-yorkais, profitant notamment de la faillite du voisin des Knicks cette saison. A coup de millions, Mikhail Prokhorov a construit une équipe capable de jouer le titre. Dès cette saison ? Sans doute pas. Et pourtant, tout le monde attend, le rendez-vous entre Brooklyn et Miami au deuxième tour. Pour ce faire, il va falloir se défaire de solides Raptors.

Troisièmes inattendus, les hommes de Dwane Casey ont réalisé une saison en tout point remarquable. Alors comment expliquer que les suiveurs placent Brooklyn favori de ce premier tour ? L’année 2014 des Nets parlent pour eux. Est-ce suffisant néanmoins ? Depuis le départ de Rudy Gay, Toronto brille de mille feux. Le jeu rapide mis en place par le coach convient parfaitement aux athlètes que son DeMar DeRozan et Terrence Ross. Face à une équipe des Nets, bonne en défense, mais âgée, le jeu rapide de Toronto peut faire des malheurs.

Valanciunas peut-il régner dans la raquette ?

Les deux équipes possèdent d’ailleurs des tractions arrière plus que performantes. D’un côté, DeMar DeRozan réalise sa meilleure saison (22,7 points, 4,3 rebonds et 4  passes de moyenne) alors que Kyle Lowry est solide au poste de meneur de jeu (17,9 points et 7,4 passes décisives) et que Terrence Ross a pointé le bout de son nez sur la fin de saison (près de 12 points de moyenne en mars-avril). De l’autre, Joe Johnson a pris définitivement le leadership de l’équipe (15,8 points, meilleur marqueur), Deron Williams est redevenu un meneur efficace (14,3 points et 6 passes de moyenne) et Thornton, arrivé en février, et Livingston, les remplaçants font du bon boulot (20 points à eux deux en sortie de banc). De la capacité de l’une des deux tractions à prendre le dessus sur l’autre dépendra beaucoup le résultat. Plus expérimentée, celle de Brooklyn part avec une longueur d’avance mais sur des matches rapprochés, la jeunesse des Raptors peut fait la différence.

En l’absence de Brook Lopez, la raquette de la franchise entraînée par Jason Kidd, si elle ne manque pas de poids, manque au moins de talent offensif. Andray Blatche a beau s’être mis du plomb dans la cervelle, il ne voit pas autant la balle que son coéquipier malgré un arsenal offensif intéressant. Kevin Garnett ne fait plus peur à personne de ce côté-là du terrain. Heureusement Teletovic et Plumlee en sortie de banc apportent un peu de points à l’intérieur. Dans ce contexte, Jonas Valanciunas détient lui aussi une des clés de la série. L’intérieur lituanien ne score « que » 12 points par match cette saison mais pourrait bien hausser le ton en playoffs. Il en va d’ailleurs de l’avenir des Raptors dans ce premier tour. Monstre physique doté de bonnes mains, le numéro 5 de la draft doit encore prendre de l’importance au sein de sa franchise.

Notre pronostic : Brooklyn en sept matches​

Malgré l’avantage du parquet, Toronto devrait plier face à l’armada et à l’expérience de Brooklyn. La seule chance pour les Raptors serait d’emmener les Nets sur un rythme endiablé, se privant du même coup de Valanciunas et Johnson dans la peinture. Deron Williams, habitué aux joutes d’avril-mai devrait pouvoir ralentir le tempo pour mettre Johnson ou Pierce dans les meilleures conditions. La longueur du banc (Thornton, Livingston, Teletovic, Plumlee, Anderson) de la franchise new-yorkaise comptera aussi dans le décompte final. Si match sept il y a, ce sera un grand moment de ce premier tour des Playoffs.

Christophe Gaudot @ChrisGaudot