"Michael Jordan, The Life"
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Quand Michael Jordan avait été écarté de l’équipe de son lycée

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L’un des faits les plus invraisemblables de la carrière de Michael Jordan ne concerne ni son parcours de joueur NBA à Chicago, ni celui de manager de la franchise de Charlotte… mais celui de jeune espoir du basket, à 15 ans, en high school. C’était en 1978, et cet automne-là, le plus grand joueur de tous les temps n’avait même pas été retenu dans l’équipe du lycée de Laney ! Dans une biographie fleuve ("The Life", aux éditions Talent Sport), le journaliste Roland Lazenby tente d’éclaircir le mythe.

Les faits :

"Michael était sans conteste le meilleur joueur des classes de Troisième. Il s’était montré tout aussi impressionnant au camp d’été de Pop Herring (le coach de l’équipe de basket du lycée, ndlr). Ensuite, il commença à imaginer les gestes qu’il réaliserait l’hiver suivant avec les Buccaneers de Laney. Il croyait fermement en ses chances d’intégrer l’équipe du lycée pour la saison à venir. Après tout, même ses coéquipiers de Troisième s’accordaient à dire qu’il était le meilleur joueur de l’équipe (…)

Jordan a attendu cette nouvelle des jours, des heures puis des secondes. Quand la liste des noms des joueurs retenus a été affichée, il s’est trouvé là presque immédiatement pour la lire. Puis pour la relire. Il doit y avoir une erreur, a-t-il d’abord pensé. Même le Jordan âgé de 15 ans savait qu’il était le meilleur Troisième joueur de l’équipe, et de loin. Mais le seul "sophomore" sur la liste était son ami longiligne Leroy Smith, bien plus grand que lui. La nouvelle de cet échec lui a fait, ce jour-là, l’effet d’un coup de massue derrière la tête. Il est rentré tout seul à la maison, évitant les regards et les rencontres en chemin. « Je suis allé dans ma chambre, j’ai fermé la porte et j’ai pleuré, confia Jordan plus tard. Pendant un bon moment, je n’ai pas pu m’arrêter de pleurer. Même s’il n’y avait personne d’autre à la maison à ce moment-là, j’ai gardé la porte fermée. Il était important pour moi que personne ne me voie ni ne m’entende. »"

L’explication :

"La circonstance atténuante, pour Herring, était la diversité de son équipe d’anciens cet automne-là. Onze seniors et trois juniors étaient reconduits dans l’équipe du lycée. Huit d’entre eux jouaient arrière. Leroy Smith apportait à l’équipe la taille dont elle avait tant besoin, malgré son faible temps de jeu. Passé le temps nécessaire pour digérer cette décision, Jordan en vint à l’incontournable conclusion que la taille comptait pour beaucoup (…)

Ron Coley, l’assistant d’Herring, affirma ne pas se souvenir d’avoir vu Jordan passer des tests de sélection. Il décrivit le jeune Micheal comme étant "un p’tit joueur de baseball". Les coaches ont admis plus tard que la situation aurait pu être mieux gérée. Herring a sans doute dû aller parler de son avenir à ce jeune élève de Troisième mais s’il l’a fait, Jordan ne l’a visiblement pas compris. Et personne d’autre ne s’en souvient. Plus vraisemblablement, rien n’a été dit parce que cette situation, courante à l’époque, était à l’image d’un mode de fonctionnement très ancien au sein des programmes de sport des écoles publiques : les coaches géraient les équipes et prenaient leurs décisions. C’était comme ça et pas autrement. L’élément cruel était la liste elle-même qui est restée affichée presque toute la saison. « Elle a été là pendant longtemps, très longtemps, sans mon nom dessus », se rappelait Jordan".

Les suites :

"Jordan avait le cœur brisé. Il voulait arrêter le sport. Plus tard, il remercia sa maman de l’avoir poussé à relever le défi de se battre malgré cette immense déception. Heureusement, son état d’esprit resta inchangé à l’hiver. « On a pensé qu’il se sentirait mieux en jouant avec l’équipe juniors plutôt qu’avec celle des seniors, l’équipe fanion du lycée, précisé Fred Lynch, coach de l’équipe juniors. Il ne s’est pas mis à bouder, il la travaillé. Nous savions que Michael était bon mais nous voulions qu’il joue davantage » (…)

Chaque fois que l’équipe juniors a joué, la réponse de Jordan a été très claire. Et très vite, les membres de l’équipe seniors sont venus s’installer en tribunes pour ne pas rater une miette du spectacle, attentifs à chaque détail de ses performances jusqu’à ce que vienne leur tour d’arriver aux vestiaires pour se préparer à jouer. Michael enquillait les points. Il a même marqué, par deux fois, plus de 40 points. Un chiffre ahurissant dans des rencontres où les quart-temps ne duraient que 6 minutes. Cette saison-là, il a tourné à 28 points en jouant meneur".

"Michael Jordan, The Life", retrace toutes les autres étapes de l’ascension fulgurante de MJ : son enfance, son passage à l’université de North Carolina, son arrivée chez les Chicago Bulls, sa domination écrasante en NBA, la Dream Team, son business, les affaires extrasportives.

726 pages
24 euros
Editions Talent Sport

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