Play-offs NBA: Miami se trouve un Herro et entrevoit les finales

Publié le , modifié le

Auteur·e : AFP
Les Heats de Miami mènent 3-1

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Les Miami Heats mènent 3-1 en finale de la conférence Est face aux Celtics de Boston, notamment grâce à un grand Tyler Herro, auteur de 37 points. Ils sont à une victoire de leur sixième finale NBA.

"I need a hero", le tube de Bonnie Tyler va probablement devenir l'hymne du Heat: son formidable rookie, Tyler Herro, 20 ans à peine, a écoeuré Boston (112-109) avec ses 37 points pour approcher Miami à une victoire des finales NBA.

Les ressources de l'équipe entraînée par Erik Spoelstra et façonnée par le président Pat Riley, dont la légende s'écrit autant dans cette fonction que dans celle de coach gagnant qu'il fut aux Lakers puis au Heat, sont immenses. Quand ce n'est pas le capitaine Jimmy Butler, l'artilleur Goran Dragic ou le costaud Bam Adebayo, c'est Herro, gamin aussi décomplexé que talentueux, qui vient jouer les patrons, avec une place et une confiance immenses accordées par ses aînés.

Une action a symbolisé cette idée du tout-collectif, où le leader sait s'effacer devant celui qui a les clés, quand Butler, pourtant en bonne position et que tout le monde attendait au tir, a anticipé, espéré, vu et validé la course au panier de son jeune coéquipier en lui offrant le ballon pour un panier quasiment létal (107-98). Après-coup, Herro a rendu la politesse: "Tout ce que je fais, je le fais encore plus pour Jimmy. C'est un grand frère pour moi. Depuis le premier jour, il m'aide. Il n'a jamais été en finale NBA, et je veux y aller pour lui."

Pas de grande star

Ainsi fonctionne cette équipe de Miami, qui pourrait en cas de 4e succès vendredi renouer avec la finale du championnat, six ans après la dernière. A l'époque c'est un Big 3 composé de LeBron James, Dwyane Wade et Chris Bosh, qui avait échoué à remporter un troisième sacre d'affilée, battu par San Antonio. Ce Heat version 2020 ne possède aucune grosse star --même si Butler en a la carrure--, mais elle a des vertus collectives, un altruisme, qui forcent le respect. Et si la lumière est sur Herro au terme de ce match N.4, elle pourrait la prochaine fois en éclairer un autre, de Jay Crawder à Andre Iguodala, déjà habitué à être l'homme de l'ombre qui change les finales ces dernières saisons avec Golden State.

Il est toutefois encore prématuré de projeter le Heat dans une quête d'un quatrième titre, d'autant que les Celtics, menés de 12 points au 3e quart-temps, ont échoué de peu de renverser la situation et donc d'égaliser à 2-2. Mais comme en a convenu leur entraîneur Brad Stevens après le match, "la différence, c'est Herro qui l'a faite, il a été terriblement fort. Pour lui le cercle était aussi large que l'océan". C'est en effet l'impression qu'a laissé sa performance, une partition exceptionnelle qui l'a vu rentrer 14 de ses 21 tirs (dont 5/10 à trois points, 6 rbds, 3 passes) et éclairer le jeu avec une simplicité et une classe impressionnantes à ce stade, surtout pour une première.

Pertes de balle des Celtics

Sa passe d'armes en seconde période avec Jayson Tatum donne un peu plus de valeur à l'ensemble. Car la jeune star des Cs, qui a raté ses sept premiers tirs dans les deux premiers quart-temps, a ensuite eu une réaction de champion, réussissant 28 points (9 rbds). Et plus d'une fois, un shoot derrière l'arc de l'un a répondu à celui de l'autre. Les Floridiens, dont la défense de zone a encore été dissuasive, ont aussi pu compter sur les apports d'Adebayo (20 pts, 12 rbds, 4 passes) et de Butler (24 pts, 9 rbds, 3 passes), auteur des lancers francs qui ont maintenu l'écart au score dans les dernières secondes.

Les Celtics ont aussi payé trop de pertes de balles (19 contre 8 en face) et peut-être manqué d'un second souffle derrière Tatum, même si Jaylen Brown (21 pts) et Kemba Walker (20 pts) n'ont pas démérité. Seulement face à eux, Herro s'est montré "Magic", digne de son glorieux aîné des Lakers, le seul à avoir fait mieux que lui en play-offs à 20 ans, avec 42 points inscrits en finales 1980 contre Philadelphie. A l'époque, Pat Riley était déjà là.

AFP