Timothé Luwawu
Sélectionné par les Sixers de Philadelphie, Timothé Luwawu-Cabarrot rejoint la colonie des Français en NBA : ils sont 11 cette saison. | Mike Stobe / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

NBA : Pour Timothé Luwawu-Cabarrot, le rêve américain commence cette nuit

Publié le , modifié le

Cette nuit à 2h du matin, le dernier arrivé des frenchies de NBA va faire ses débuts dans la grande ligue. A 21 ans, Timothé Luwawu-Cabarrot est arrivé à Philadelphie plein d’ambitions. Il va devoir se faire une place dans cet effectif en pleine reconstruction, qui affronte Oklahoma City pour lancer sa saison.

Foulera-t-il ce soir le parquet du Wells Fargo Center, la salle ultra moderne des Sixers de Philadelphie ? Timothé Luwawu-Cabarrot, sélectionné en 24e position lors de la dernière draft, va devoir batailler pour se faire sa place dans l’effectif des Sixers. Abonnée à la défaite depuis plusieurs saisons (10 victoires et 72 défaites la saison dernière), engagée dans un processus de reconstruction à long terme, l’équipe a accumulé les jeunes talents en développement. Timothé Luwawu-Cabarrot est de ceux là. Le Cannois a fait ses armes à Antibes, en Pro B puis en Pro A, avant une pige d’un an en Serbie. Une décision stratégique qui a payé.

Révélation en Serbie

En rejoignant le club de Mega Leks, Timothé Luwawu-Cabarrot a fait un pari sur l’avenir. L’équipe serbe de la petite ville de Sremska Mitrovica a une spécialité : faire éclore les talents avant de les envoyer en NBA. Chaque soir de match, plusieurs émissaires des équipes NBA ont pu admirer le jeu athlétique de l'ailier, qui a compilé 14,8 points et 4,5 rebonds de moyenne sur la saison. Son élection dans le meilleur cinq de la ligue adriatique, le championnat local, a achevé de convaincre les observateurs : sa place est bel et bien en NBA.

Moment toujours particulier pour les joueurs qui aspirent à rejoindre la grande ligue, la draft l’a été encore davantage pour Timothé Luwawu-Cabarrot. Pendant “le pire moment de stress” de sa vie, le Cannois a été de déception en déception. Annoncé par les spécialiste aux alentours de la 14e place, ayant eu des promesses de plusieurs équipes, il partait plutôt confiant. C’est finalement au 24e choix que son nom est appelé par Adam Silver, grand patron de la ligue. Il rejoint les Sixers de Philadelphie, une équipe avec laquelle il n’avait pourtant pas eu de contact. Peu importe, il touche maintenant son rêve américain du bout des doigts.

A photo posted by Tim Luwawu Cabarrot (@frenchtouch20) on Jul 3, 2016 at 6:17am PDT

Avec ses 2,01m sous la toise et son envergure impressionnante (2,12m), le garçon a été plutôt gâté par la nature. Ses qualités athlétiques servent son jeu agressif et ses long bras lui permettent de défendre sur les meilleurs joueurs adverses. Pas toujours gros bosseur par le passé, le 11e membre de la colonie française en NBA s’y est mis activement cet été. Le palier à franchir est important, et pour s’imposer dans la ligue la plus athlétique du monde, Timothé Luwawu-Cabarrot va passer du temps en salle de musculation. Il a pour consigne de s’étoffer physiquement, et doit prendre une dizaine de kilos d’ici la fin de la saison, pour résister aux duels qui l'attendent tout au long des 82 matchs de saison régulière.

Le plus dur est à venir

Avec les Sixers, il va pouvoir faire valoir son intelligence de jeu et sa défense athlétique pour grappiller du temps de jeu. Il devra aussi travailler sur son shoot extérieur, pour être productif sur les quelques minutes qu’il jouera, et ainsi convaincre son coach Brett Brown d’augmenter son temps de jeu. L'entraîneur l’a déjà annoncé, le Français devrait aussi passer du temps en D-League, la ligue de développement pour les jeunes joueurs : “Vous pouvez vous entraîner autant que vous voulez, mais ça ne vaut pas les matchs. On va vraiment se servir de la D-League cette année." Nul doute que Timothé Luwawu-Cabarrot a d'autres ambitions. Il devra prouver à son coach qu’il peut apporter à son équipe, dans la plus grande ligue du monde. S’il a réalisé son rêve en arrivant en NBA, le chemin reste long, et le travail commence cette nuit, face à Oklahoma City.

Youmni Kezzouf @YoumniK