Rudy Gobert
Rudy Gobert (Utah Jazz). | Gene Sweeney Jr. / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

NBA : Le bilan de l'année des Français 

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La saison régulière vient de s'achever en NBA. Après 82 matchs et une fin de saison haletante, l'heure est au bilan pour les onze Français de NBA. Les débuts de Ntilikina, les difficultés des vétérans Tony Parker et Joakim Noah ou le nouveau statut d'Evan Fournier : voici le bilan de l'année des Frenchies de NBA.

- Le patron : Rudy Gobert (Utah Jazz)

Statistiques 2017-2018 par match : 56  matchs, 32,4 minutes, 13,5 pts à 62 %, 10,7 rebonds, 1,4 passes, 0,8 interception, 2,3 contres, 1,8 balle perdue

Le patron. En lice pour le titre de meilleur défenseur de l'année, Rudy Gobert a atteint cette année le firmament de son potentiel défensif. Immense, dissuasif, il est la pierre angulaire de la meilleure défense de la ligue (104.24 au defensive rating). Sa double blessure, qui lui a fait rater 26 matchs, pourrait l'empêcher de ravir le trophée, mais a démontré toute son importance dans le collectif du Jazz, suprenant 5e à l'Ouest. Sans lui, le Jazz a un bilan négatif : 11 victoires et 15 défaites. Le patron dans la raquette maintenant, c'est lui.
 

- La confirmation : Evan Fournier (Orlando Magic)

Statistiques 2017-2018 par match : 57 matchs, 32,2 minutes, 17,8 pts à 46 %, 3,2 rebonds, 2,9 passes, 0,8 interception, 0,3 contre, 1,7 balle perdue

Très proche de ses standards statistiques de l'année dernière, Evan Fournier (25 ans) a confirmé cette année qu'il était le leader offensif d'une moribonde équipe d'Orlando. Avant-dernier de la Conférence Est (25V-57D), le Magic a largement déçu cette saison.

Autour d'Aaron Gordon et de Nikola Vucevic, Evan Fournier a lui tenté de sortir la tête de l'eau dans ce marasme. Agressif, plus adroit, le natif du Val-de-Marne a encore conclu une solide saison, stoppée nette par une blessure genou qui lui a fait rater les 17 derniers matchs d'une fin de saison "tanking" du Magic. 

- La surprise : Frank Ntilikina (New York Knicks)

Statistiques 2017-2018 par match : 78  matchs, 21,9 minutes, 5,9  pts à 36 %, 2,3 rebonds, 3,2 passes, 0,8 interception, 0,2 contre, 1,7 balle perdue

Il se savait scruté dans la Grosse Pomme, dans un Madison Square Garden exigeant et sevré de titre depuis 1973. Sélectionné en 8e position de la dernière draft, le rookie a connu une première année inégale. Avec un temps de jeu fluctuant, Frank Ntilikina a parfois eu du mal à comprendre comment Jeff Hornacek a voulu l'utiliser. Parfois titulaire, il a du faire avec la concurrence du vétéran Jarret Jack, du pétard Trey Burke et du revanchard Emmanuel Mudiay. Quatre meneurs pour un poste, pas évident.

Mais Ntilikina a énormément progressé en un an. Déjà considéré comme un "shutdown defenser" grâce à son amplitude, il a éteint des superstars en vis-à-vis. Plus en difficulté en attaque et au tir, il doit être encore plus agressif pour passer un cap. Mais à 19 ans, son potentiel est immense. Et quand le "King" LeBron James, que le "French Prince" n'a pas eu peur de défier, loue ses qualités, ça n'augure que du bon : « Je pense qu’il est plus en avance défensivement qu’offensivement.  À chaque match, plus il a d’opportunités de jouer, plus il devient à l’aise avec le jeu NBA, plus son jeu offensif progresse. » Vite, la saison prochaine.
 

- Le doute : Tony Parker (San Antonio Spurs)

Statistiques 2017-2018 par match: 55  matchs, 19,5 minutes, 7,7 pts à 46 %, 1,7 rebonds, 3,5 passes, 0,5 interception, 1,2 balle perdue

Saison compliquée pour notre Tony national. Dans une équipe de San Antonio privée de sa superstar Kawhi Leonard, blessé pour la saison, Tony Parker n'a pu faire de miracles. A 35 ans, il est logique que le vétéran des Spurs accuse le poids des ans, encore plus au retour d'une blessure compliquée du tendon du quadriceps.

Replacé sur le banc pour développer le jeune Dejounte Murray, "TP" n'en a pas pris ombrage et assure son rôle de mentor à la perfection. Moins explosif, il a souffert en attaque. Mais il a eu le mérite de ne pas forcer, et sa connaissance du système Spurs lui permet de conserver la confiance inébranlable de Greg Popovich. 

- La crise : Joakim Noah (New York Knicks)

Statistiques 2017-2018 par match: 7 matchs, 5,7 minutes, 1,7 pts à 50 %, 2 rebonds, 0,6 passe, 0,3 interception, 0,3 contre, 0,6 balle perdue

La chute libre pour "Jooks". Arrivé à New-York plein de promesses l'année dernière, Joakim Noah n'a jamais obtenu la confiance de Jeff Hornacek. Très peu utilisé cette saison à son retour de suspension pour prise de compléments interdits, il s'est brouillé avec le désormais ex-coach des Knicks.

Placé à l'écart du groupe, il s'est entretenu seul et semble chercher une issue à une situation cauchemar pour l'ancien défenseur de l'année 2014. Détenteur d'un gros contrat (15,5 millions en 2018-2019), Noah pèse lourd dans la masse salariale. Le nouveau coach des Knicks lui donnera-t-il la confiance qu'Hornacek lui a pas accordé ? Si non, un départ sera plus qu'envisagé pour lui.

- La frustration : Nicolas Batum (Charlotte Hornets)

Statistiques 2017-2018 par match: 64 matchs, 31 minutes, 11,6 pts à 42 %, 4,8  rebonds, 5,5 passe, 1 interception, 0,4 contre, 2 balles perdues

Victime dès la préparation d'une blessure qui l'a gêné toute la saison, Nicolas Batum a subi plus que vécu la saison compliquée des Hornets. Décevants 10e de la Conférence Est, les joueurs de Charlotte n'ont pu compte sur leur homme à tout faire à 100%, et les résultats s'en sont ressentis.

Toujours excellent en défense et à la création, Batum soulage Kemba Walker et Michael Kidd-Gilchrist lorsqu'il est en forme, comme face à Phoenix en mars (29 points, 12 rebonds, 7 passes). Auteur de sa moins bonne saison statistique depuis son arrivée aux Hornets en 2015, Batum aura l'été pour se soigner et attaquer la saison prochaine pied au plancher. Charlotte a besoin de lui.

En bref : 


- Ian Mahinmi (Washington Wizards)

Statistiques 2017-2018 par match: 77 matchs, 14,9 minutes, 4,8  pts à 56 %, 4,1 rebonds, 0,7 passe

Dans ses standards de la saison dernière malgré des statistiques en léger recul, Ian Mahinmi a passé l'année sans faire de bruit. Toujours important dans la rotation intérieure derrière Marcin Gortat, il apporte sa dureté et son sens du rebond. Avec un temps de jeu très très sinusoïdal, Mahinmi (31 ans) n'a pas véritablement progressé cette saison, sans doute à cause de sa blessure au genou, mais il n'a pas déçu non plus. 

- Guerschon Yabusele (Boston Celtics)

Statistiques 2017-2018 par match: 33 matchs, 7,1  minutes, 2,4  pts à 43 %, 1,6 rebond, 0,5  passe

Après un an en Chine suite à sa draft en 2016, Guerschon Yabusele avait rejoint les Celtics en mars 2017 pour sa première saison en NBA. Dans l'effectif des Celtics très chargé dans la peinture (Al Horford, Marcus Morris, Aaron Baynes, Greg Monroe, Daniel Theis voire Jayson Tatum), Yabusele a surtout eu du temps de jeu dans le "garbage time", lorsque les matchs sont déjà pliés. Très musculeux, il a conclu la saison sur son meilleur match (16 points, 5 rebonds) mais devra sans doute batailler la saison prochaine pour gagner la confiance de Brad Stevens.

- Timothé Luwawu-Cabarrot (Philadelphie Sixers) 

Statistiques 2017-2018 par match: 52 matchs, 15,5 minutes, 5,8 pts à 36  %, 1,4 rebond, 1 passe

Légère mise en retrait pour Timothé Luwawu-Cabarrot cette année. Moins utilisé cette année par Brett Brown, "TLC" a subi la nouvelle concurrence chez des Sixers impressionnants (3e à l'Est), et notamment de Marco Belinelli, qui l'a poussé plus loin sur le banc. A 22 ans, Luwawu-Cabarrot a le temps d'apprendre, mais ses pourcentages délicats au shoot doivent être son axe principal d'amélioration cet été pour s'intégrer dans le spacing nécessaire dans l'arsenal des extérieurs de Philly.

- Joffrey Lauvergne (San Antonio Spurs)

Statistiques 2017-2018 par match: 55  matchs, 9,7 minutes, 4,1  pts à 52  %, 3,1  rebond, 0,7 passe

Pour sa première saison dans sa 4e équipe en 4 ans en NBA, Joffrey Lauvergne a joué pour la première fois moins de 10 minutes par match. Il n'empêche : Lauvergne a souvent été efficace sur son temps de jeu. Il s'est même fendu d'un énorme match face à son ancienne équipe de Denver début février (26 points, 11 rebonds), mais insuffisant pour convaincre vraiment Greg Popovich de lui accorder une place plus importante dans l'effectif texan.

- Alexis Ajinca (New Orleans Pelicans)

Très bon en fin de saison régulière l'année dernière, Alexis Ajinca avait laissé entrevoir de belles promesses. Mais sa blessure au tendon rotulien a totalement freiné l'embellie, l'empêchant de jouer toute la saison écoulée. 

Théo Gicquel @@theoogicquel