Darren Collisson

NBA : Darren Collison arrête sa carrière pour devenir témoin de Jéhovah

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Le meneur des Indiana Pacers, Darren Collison, a décidé de mettre un terme à sa carrière de basketteur à l'âge de 31 ans. Témoin de Jéhovah, il a publié une lettre sur le site The Undefeated pour expliquer son choix de se consacrer à sa religion.

Il était en fin de contrat avec les Pacers, mais personne n'imaginait que cette saison 2018-2019 serait sa dernière. Encore moins qu'il mettrait un terme à sa carrière pour se consacrer à la religion. Darren Collison a pourtant annoncé vendredi soir qu'il ne serait plus basketteur l'an prochain. Il s'est expliqué dans une lettre publiée sur le site The Undefeated : "Le basket, c'est ma vie depuis mon enfance. Je n'ai jamais pu imaginer quelque chose qui m'amènerait autant de bonheur que ce jeu. Mais même si j'aime toujours le basket, je sais qu'il y a quelque chose de plus important, c'est ma famille, et ma religion. Je suis témoin de Jéhovah et ma foi est tout pour moi" 

Ses dix années passées en NBA semblent lui avoir coûté certaine frustration : celle de ne pas pouvoir se consacrer aux autres. "Quand on aime le basket comme moi, on se concentre plus sur cela que sur tout ce qu'on voudrait faire par ailleurs. Or j'ai toujours senti que j'avais besoin d'aider les autres ; c'est pour ça que c'est si important pour moi de me lancer et de me consacrer aux autres le plus possible"  Il a ensuite remercié tous les joueurs qui ont eu un impact majeur sur sa carrière : Victor Oladipo, Russell Westbrook, DeMarcus Cousins, Kevin Durant, Kyrie Irving, Chris Paul, Stephen Curry, Dwyane Wade et LeBron James. 

Sa décision était d'autant plus inattendue que le meneur des Pacers était loin d'être sur le déclin. Cette saison, il tournait à 12,5 points et 5 passes décisives en moyenne. Il était visé par plusieurs franchises et n'aurait vraisemblablement pas eu de mal à rebondir malgré la fin de son contrat à Indiana. 

Il n'est pas le premier sportif à tout arrêter pour se consacrer à la religion

Le sport de haut niveau est si chronophage qu'il ne permet pas de mener à bien d'autres vocations, comme celle de la foi. Le plus célèbre exemple est Jonathan Edwards. Encore aujourd'hui recordman du monde du triple saut, il a dû mettre sa carrière à plusieurs reprises en suspens pour accomplir ses devoirs religieux. Il était chrétien, et il avait manqué les sélections olympiques britanniques en 1988 et les Mondiaux de Tokyo en 1991, les qualifications étant programmées un dimanche. Il avait également présenté Song of Praise, une émission confessionnelle diffiusée sur la BBC. 

En football, le gardien de but argentin Carlos Roa met fin à sa carrière alors qu'il est au sommet de sa carrière à l'âge de 30 ans. Il voulait se consacrer à l'Eglise adventiste du septième jour, qui lui interdit de travailler le samedi. Il révèle au site internet de la FIFA que ses coéquipiers le qualifiaient de "fou" mais que cela lui était égal. "J'avais le soutien de Dieu et celui de mon épouse, c'est tout ce que je voulais"

Jouer sans manger ni boire pour le ramadan

D'autres sportifs ont tenté de mener, de front, leur carrière sportive et leur pratique religieuse. Enes Kanter, pour les Portland Trail Blazers, a joué les Play-Offs de la NBA sans rien manger ni boire pendant ou avant les matches, puisqu'il faisait le ramadan. Le joueur d'origine turque a pris l'habitude d'avertir les équipes dans lesquelles il arrive. "Je leur dis : "Eh, je suis musulman donc je dois prier cinq fois par jour. Et ils le respectent tellement qu'ils me réservent une salle de prière. Donc avant ou après les matches, avant de prendre l'avion, je peux me retirer dans cette salle pour prier". 

Le footballeur Rafik Saïfi, Algérien et musulman, expliquait même que s'il ne faisait pas le ramadan, ses performances seraient moins bonnes pour des raisons mentales. "Je marquais même lors de cette période. Et je n’ai été jamais blessé car j’étais mis dans des bonnes conditions psychologiques. C’est sacré pour moi, c’est ma religion et, quand je mange, je ne suis pas bien mentalement".