Miami : un boulevard jusqu’aux Finales?

Miami : un boulevard jusqu’aux Finales?

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En balayant Charlotte au premier tour des playoffs NBA (4-0), les joueurs du Heat se sont probablement ouverts une voie royale jusqu’aux Finales, d’autant que leurs principaux rivaux à l’Est (Indiana, Chicago) sont au bord de l’élimination. Les doubles champions en titre peuvent-ils vraiment se laisser surprendre par un outsider ?

Les Pacers doivent s’en mordre les doigts. Restée sur le fil en tête de la conférence Est à l’issue de la saison régulière (56v-26d), la franchise d’Indiana a dû entamer ses playoffs contre Atlanta, qui a décroché le huitième spot. Sauf qu'après cinq matches, elle est menée (3-2) et se trouve au bord du précipice, à un petit match d’une extraordinaire désillusion, incapable de contrecarrer les plans des Hawks qui jouent sans le moindre complexe. C’est donc avec un œil jaloux que Frank Vogel, déjà annoncé sur la sellette, observe le parcours du Heat.

Car l’équipe floridienne, qui avait achevé sa saison sur trois défaites de rang pour tomber à la deuxième place, a hérité d’une équipe de Charlotte plus inexpérimentée, moins fournie sur le banc des remplaçants… et surtout plus malchanceuse qu’Atlanta, car son franchise player, Al Jefferson, s’est blessé dans le premier quart-temps du Game 1. Perdant ainsi leur plus belle arme offensive, les Bobcats n’ont ensuite jamais pu rivaliser avec l’armada menée par LeBron James. Sans jamais paraître ridicules, ils ont permis au Heat de conclure sèchement l’affaire en quatre manches.

Brooklyn, la mauvaise pioche

"Je suis sûr que nos gars vont beaucoup apprécier cette période de repos, a reconnu Erik Spoelstra après la quatrième victoire des siens. Mais le plus important, c’est la qualification. On sait que rien n’est garanti". Pour l’instant, le scénario est pourtant idyllique pour Miami. Pendant que ses concurrents se tiennent la bourre vers des séries à six ou sept matches, les Floridiens peuvent sereinement se préparer à une demi-finale de conférence qu’ils ne devraient pas entamer avant au moins une semaine.

Il faudra bien cela au Heat pour écarter Toronto ou Brooklyn au tour suivant. Les deux équipes, qui sont pour l’instant au coude à coude (2-2), sont largement en mesure d'embêter le double champion en titre. Si les Raptors ne sont jamais imposés en quatre confrontations cette saison, ils n’ont cessé de monter en puissance. Jeunes et énergiques, ils forment un effectif particulièrement solide en défense et où les cinq postes sont doublés. Quant à Brooklyn, c’est tout simplement la bête noire de Miami  puisque les Nets ont "sweepé" le favori (4-0) en saison régulière ! Au moins aussi expérimentée que celle du Heat, l’armada de Jason Kidd – Paul Pierce, Deron Williams, Kevin Garnett – connaît les grands rendez-vous et représente une menace encore sous-estimée dans ces phases finales.

Une finale de conférence plus abordable encore?

Il n’empêche qu’on est loin des playoffs soporifiques annoncés à l’Est, et que le choc Indiana-Miami en finale de conférence est de moins en moins évident. Les Pacers patinent contre Atlanta, ont perdu leur solidité défensive et leurs automatismes en attaque, et voient Roy Hibbert, leur tour de contrôle, réaliser une série épouvantable (4,8 points, 3,4 rebonds). Et Chicago, annoncé comme l'adversaire le plus redouté du Heat? Les Bulls sont méconnaissables contre Washington : manquant cruellement d’agressivité face à l’excellent duo John Wall-Bradley Beal, ils ont perdu trois des quatre premiers matches et sont désormais condamnés à l’exploit pour franchir le premier obstacle.

Du coup, si Miami passe les deux premiers tours, il pourrait bien jouer un adversaire bien improbable en finale de conférence : les Wizards ou les Hawks, qui risquent d’arriver lessivés à ce niveau de la compétition. Le tapis rouge vers une quatrième Finale NBA d’affilée se déroulerait alors sous les pieds des joueurs Miami. D'ici là, leur seule mission consiste à souffler et à récupérer. Un luxe qui pourrait faire la différence au moment du grand duel final, en juin, face au survivant d'une course haletante à l'Ouest. 

Gaétan Scherrer @GaetanScherrer