LeBron James, champion NBA 2013
LeBron James, champion NBA 2013 | NATHANIEL S. BUTLER / NBAE / GETTY IMAGES / AFP

LeBron James, la consécration

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Pendant huit longues saisons, LeBron James a traqué, en vain, son premier titre NBA. L’année passée, enfin couronné contre Oklahoma City (4-1), le « King » a passé un cap délicat que certaines superstars NBA (Karl Malone, Charles Barkley) n’ont jamais franchi dans leur carrière. La nuit dernière, face aux Spurs de San Antonio, l’homme à tout faire du Heat a fait plus fort encore : réussir le doublé, et convaincre pour de bon les derniers sceptiques. Avec la manière.

LeBron James peut parfois renvoyer l’image d’un joueur gâté et arrogant, qui ne prend pas toujours son rôle au sérieux et ne se remet pas souvent en question. Il n’en est rien. En réalité, c’est un cérébral du jeu, un fin tacticien capable de réciter par cœur l’intégralité des systèmes de son équipe, et ce à tous les postes. C’est un fou des statistiques, qui dissèque dans les vestiaires les documents généralement réservés au coaching staff, pour « savoir si tel joueur dribble 70% du temps à sa gauche, s’il monte au shoot quand il drive à droite, ou s’il préfère changer de direction après deux dribbles ». C’est un maniaque du détail, en quête constante de perfection.

Cela n’a certes pas toujours été le cas : à Cleveland, jusqu’à l’été 2010, « l’Élu » (The Chosen One) battait des records statistiques, mais se comportait comme un leader fébrile à l’attitude passive et vierge de tout titre collectif, la qualification des Cavs pour les Finales 2007 étant restée sans suite. Depuis, James a effectué un immense travail sur lui-même. Cessant de critiquer son entourage pour se recentrer sur sa personne, il a sacrifié le shoot longue distance pour améliorer son tir près du cercle, a travaillé le dribble et le placement dos au panier, a découvert les joies de l’analyse vidéo, et a appris à gérer ses émotions. L’objectif : retirer son étiquette de « choker » -  joueur qui craque dans les grands moments - et atteindre un niveau de maîtrise totale, offensive comme défensive.

Un Match 7 impeccable

A Miami, il est ainsi devenu le centre de gravité d’une équipe qui s’appuie certes sur les deux autres branches du « Big 3 » (Dwyane Wade et Chris Bosh), mais d’abord sur son numéro six, plus constant, plus intelligent. Et après une saison de rodage en 2010-2011, où James s'est écroulé contre Dirk Nowitzki, le Heat a trouvé son rythme de croisière et a remporté les Finales 2012. James, MVP de la saison et des Finales, a raflé dans la foulée le titre olympique. Puis a repris de plus belle en 2013, gagnant 27 matches d’affilée avec Miami et s'offrant un quatrième trophée de meilleur joueur de la saison. Puis, en phase finale, s'est coltiné successivement le puissant David West (2,06 m, 113 kg) et le vif Tony Parker (1,88 m, 84 kg) avec la même efficacité, portant Miami vers le troisième sacre de l'histoire de la franchise.

Ce deuxième titre personnel, il le reconnaît, a été « plus difficile que l’an passé ». Les Spurs ont poussé les Floridiens dans leurs derniers retranchements, menant les Finales à trois reprises. Lors du Match 6, malgré un extraordinaire dernier quart-temps, James s’effondre sur les trois possessions de la dernière minute. Secouru par un improbable tir à trois points en deux temps, puis par un missile de Ray Allen à cinq secondes du buzzer, il sauve sa peau, termine en triple-double et arrache un Match 7. Au cours de ce dernier, la nuit passée, il réalise l’une des plus belles performances de sa carrière : sans forcer, avec une jolie variété offensive, il enquille 37 points, 12 rebonds et le tir de la gagne dans les derniers instants du match. 

« La sensation ultime »

« C’est un sentiment fantastique », lâchait-il à l’issue du match, le trophée Larry O’Brien dans une main, celui de MVP des Finales dans l’autre. « J’avais dit avant la série que j’étais un meilleur joueur qu’en 2007, lorsque j’avais affronté les Spurs, et je suis simplement content d’avoir maintenu ma confiance dans ce que j’ai apporté à mon jeu ».

La comparaison avec Michael Jordan étant devenue un sujet tabou, on évitera le rapprochement direct, mais le fait est que LeBron James a définitivement posé le pied dans la catégorie de « sa Majesté ». Il est par exemple, depuis vendredi matin, le troisième joueur de l’histoire à avoir remporté quatre titres de MVP de la saison régulière et deux MVP des Finales, avec Abdul-Jabbar… et Jordan. Il est aussi le troisième à avoir combiné, deux années d’affilée, le titre de MVP et celui de champion NBA, avec Russell… et Jordan.

Statistiquement, c’est encore plus fort. Avec 25,3 points, 10,9 rebonds et 7,0 passes de moyenne sur les Finales 2013, il se succède à lui-même - après ses exploits en 2012 - en tant que seul joueur de l’histoire à avoir affiché une telle polyvalence sur l’ultime série d’une saison NBA. « Je travaille énormément à l'entraînement et le fait que ça paye sur le parquet, c'est la sensation ultime », déclarait-il tout sourire sur le parquet de l’Americain Airlines Arena, à la fois fier et soulagé. « Tout ce que j’imaginais en venant [à Miami] est devenu réalité […] Peu importe ce que les gens disent de moi. Je suis un gamin des cités d'Akron, et vu d’où je viens, je ne suis même censé en être là. Je suis béni ».

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