Klay Thompson
Klay Thompson | USA TODAY SPORTS/REUTERS

Klay Thompson, serial scoreur en puissance

Publié le , modifié le

Après cinq jours de saison régulière, le meilleur marqueur de toute la NBA (29,7 points de moyenne) n’a pas 25 ans et n’est même pas considéré comme le meilleur joueur de son équipe.

Cet été, alors qu’il préparait la Coupe du monde de basket avec la sélection américaine, Klay Thompson a retrouvé son nom cité dans plusieurs rumeurs de transfert. La plus sérieuse d’entre elles avait été répandue à la fin du mois de juin, avant même l’ouverture du marché des agents libre, quand le General Manager des Warrios, Bob Myers, avait tenté de l’envoyer à Minnesota pour récupérer Kevin Love. Deux personnes s’étaient alors formellement opposées à une telle transaction : Steve Kerr, à peine intronisé nouveau coach de Golden State, et Jerry West, conseiller de luxe de la franchise.

Ce n’est pas un hasard si l’ancien shooteur attitré des Bulls et la légende des Lakers tiennent tant à Thompson. Sans doute se reconnaissent-ils même un peu dans cet arrière de 24 ans, pur produit californien, shooteur exceptionnel au leadership et aux qualités défensives de plus en plus flagrantes. Alors, jeudi, après des mois de discussions, les dirigeants de la franchise se sont rendus à l’évidence en offrant à leur protégé un contrat en or (70 millions de dollars sur quatre ans). Le prix à payer pour conserver les services de l’un des arrières les plus prometteurs au monde, auteur d’une première expérience internationale impeccable avec Team USA en septembre, ne tardera pourtant pas à plonger les finances de Golden State, dont la masse salariale excédera les 90 millions de dollars en 2015, dans le rouge. 

Kobe loue son éthique de travail

Sauf qu’en quatre jours, Klay Thompson a déjà prouvé que ce risque valait largement la peine d’être pris. Plutôt maladroit pour son entrée en matière (19 points à 4/14 face à Sacramento), le fils de l’ancien intérieur NBA Mychal Thompson, premier choix de la Draft 1978, a depuis réglé la mire. Dans la nuit de dimanche à lundi, il a enquillé 29 points et réussi le shoot de la gagne à 8 secondes du buzzer, pour venir à bout des Blazers sur leur parquet. Vingt-quatre heures plus tôt, pour son premier match depuis la prolongation de contrat, il avait réalisé sa plus belle performance en carrière en plantant 41 points (14/18 aux tirs) sur la tête de son idole, Kobe Bryant. "Il sait tout faire", vantait, admiratif, le Black Mamba qui concédait qu'il n'a pas pu "cligner l’œil en défense" de la soirée. 

"Je me souviens, l'an passé, avoir été à la salle de muscu un soir, tard dans la nuit, ajoutait Kobe, jamais avare en anecdote. Je pensais que j’allais être seul. Mais Klay était là. C’est à ce genre d’attitude que je juge un joueur". Adoubé par le maître, celui qui entame sa quatrième saison pro a toujours été perçu comme un shooteur d’élite capable de prendre feu à tout moment derrière l’arc. Ce n’est pas pour rien qu’il est le Splash Brother de Stephen Curry, la star numéro un à Golden State, plus vif, plus adroit balle en main. Mais il est désormais évident que tous ceux qui ne voyaient en Thompson qu’un artilleur unidimensionnel, à la Kyle Korver, se sont trompés.

Bientôt le meilleur poste 2?

Ses 18,4 points de moyenne, la saison passée, n’étaient-ils donc que les prémices d’une improbable explosion ? En Espagne cet été, il a passé un cap défensif. Il est plus rapide, plus athlétique. Sa mécanique de shoot, d’une pureté rare, semble s’être encore améliorée et il est désormais capable, comme Curry, de se créer ses propres tirs. N’en déplaise à Bradley Beal, qui avait estimé que le meilleur backcourt de la ligue se trouvait à Washington, le duo des Warriors est encore un bon cran au-dessus. Avec son début de saison, Klay Thompson s’invite même dans le débat concernant le titre honorifique de meilleur poste 2 de la planète, prérogative indiscutée de Kobe Bryant et Dwyane Wade ces dernières années. Depuis un an, il est l’apanage de James Harden. Pour combien de temps encore ?

NBA